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Investissez dans les infrastructures

Construction de routes, de ponts, de chemins de fer, d’aéroports, de conduites d’eau, de réseaux câblés... Les infrastructures ont toujours attiré les investisseurs institutionnels. Depuis peu, les particuliers peuvent miser sur ce secteur via des fonds de placement spécialisés.

(mon argent) - Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ce proverbe cynique s’applique sans aucun doute au monde de la finance. Il n’est pas rare que l’annonce d’importantes restructurations ou des licenciements massifs s’accompagnent d’une forte hausse du cours de l’action de l’entreprise concernée. Car plus les assainissements sont lourds, plus les réductions de coûts potentielles sont importantes, et la croissance bénéficiaire de l’entreprise prometteuse.

Dans le même ordre d’idées, de graves catastrophes naturelles et autres calamités peuvent faire le bonheur de certains investisseurs. On pense notamment à ceux qui possèdent des participations dans des entreprises actives dans la reconstruction de l’infrastructure touchée. Mais ces catastrophes naturelles et autres cataclysmes potentiels ne doivent pas justifier un investissement dans l’infrastructure. De telles calamités ne sont pas nécessaires pour obtenir un rendement intéressant sur des investissements dans les infrastructures. De toute manière, les besoins de nouvelles routes et liaisons ferroviaires, de nouveaux ponts, aéroports ou réseaux électriques sont énormes. Et pas seulement chez les tigres asiatiques à forte croissance, comme l’Inde et la Chine. Près de chez nous aussi, les défis à relever en matière d’infrastructures sont énormes. Pensez aux travaux qui s’imposent si nous voulons éviter que nos routes soient complètement saturées par des embouteillages d’ici à quelques années. Seule une combinaison de routes supplémentaires, de péages et de transports en commun de meilleure qualité et plus efficaces pourrait remédier à cette problématique, selon les experts en mobilité. Le vieillissement de la population aura également de sérieuses conséquences sur notre infrastructure: ils nécessitera la construction de maisons de repos et d’hôpitaux.

Grands investisseurs


Les grands investisseurs institutionnels comme les fonds de pension ou les compagnies d’assurances connaissent bien le marché de l'infrastructure. Ces investisseurs de long terme sont surtout attirés par les cash-flows stables de ce segment. Pensez par exemple aux rentrées des péages et des parkings, ou aux revenus locatifs indexés. De plus, les investissements en infrastructure présentent un risque commercial relativement limité: l’utilisation de l’infrastructure est assez facile à prévoir.

Enfin, de nombreux travaux d'infrastructure se fondent sur des partenariats entre secteur public et entreprises privées, dans le cadre desquels les pouvoirs publics accordent fréquemment des subsides ou garantissent des chiffres d'affaires minimaux. Ces garanties sont très précieuses pour les exploitants qui sont assurés de ne pas se retrouver immédiatement en difficulté si au début, les rentrées ne sont pas satisfaisantes.

C’est également la raison pour laquelle de grands investisseurs institutionnels s’intéressent de près aux exploitants et constructeurs d’ouvrages d’infrastructure via des fonds spécialisés. L’ampleur des travaux considérés permet d’ailleurs aux constructeurs d’accroître leurs revenus de manière considérable, même si elle les expose aussi à un risque relativement plus élevé que les exploitants. Il ne faut jamais exclure la possibilité qu’un projet accuse du retard (en cas de faillite d’une autre entreprise impliquée dans le projet, par exemple) ou soit carrément arrêté suite à un dérapage des coûts. L’instabilité politique de certains pays ou régions peut également être source de retards dans le processus de construction. Ces risques politiques justifient d’ailleurs d’investir dans «l’infrastructure» par le biais de fonds de placement diversifiés. La diversification se fait au niveau des types de construction (infrastructures fixes, énergie, télécoms et autres) et des pays.

Ce sont ces fonds qui incitent d’ailleurs une série d’investisseurs d’envergure à considérer aujourd’hui «l’infrastructure» comme une catégorie d’investissement à part entière.

Infrastructures


Mais comment un investisseur particulier désireux d’intégrer «l’infrastructure» dans son portefeuille doit-il procéder? Il existe en principe trois possibilités de miser sur ce thème.

1 Fonds de placement


Aujourd’hui, on recense dans notre pays trois organismes financiers qui commercialisent des fonds de placement spécialisés dans l’infrastructure. Le plus ancien sur le marché belge est le fond Invesco Asia Infrastructure du gestionnaire de fortune anglo-saxon Invesco. Comme son nom le suggère, le fonds investit dans les entreprises qui prennent part à de grands travaux d’infrastructure en Asie. «Entreprises et construction», «télécommunications », «électricité», et «pétrole et gaz» En tant qu’investisseur, on participe bien plus aux infrastructures qu’on ne le pense!  sont les principaux secteurs dans lesquels le fonds investit.

Le deuxième fonds, Crédit Suisse Infrastructure, est beaucoup plus récent. Créé en août 2007, il investit dans des entreprises impliquées dans des travaux d’infrastructure aux quatre coins du monde. Enfin, DWS Invest Global Infrastructure, créé à la mi-janvier de cette année, investit également dans des travaux d’infrastructure à travers le monde. Les trois exemples précités sont des «fonds de placement ouverts». Ils ne sont pas cotés en Bourse, raison pour laquelle l’investisseur les achètera toujours à la valeur nette d’inventaire calculée au début de la période suivante.

2 Trackers

Ceux qui veulent savoir exactement à quel prix ils achètent ou vendent peuvent opter pour un fonds coté en Bourse, ou tracker. Grâce à leur cotation boursière, les trackers sont souvent beaucoup plus liquides que les fonds de placement ouverts. Ils permettent en outre de placer des limites d’achat ou de vente. L’offre de trackers cotés spécialisés dans l’infrastructure sur Euronext est plutôt maigre, mais comprend notamment le tracker iShares Macquarie Global Infrastructure sur Euronext Amsterdam. Ce tracker coté en Bourse investit de manière différenciée dans le secteur de l’infrastructure. Une analyse plus approfondie nous apprend cependant qu’il alloue un poids très important au secteur de l’électricité (plus de 75%), avec, parmi ses principales participations, E.On, Suez, Iberdrola et Enel.

3 Actions individuelles

Les investisseurs peu friands de fonds et préfèrant les actions individuelles saventparfaitement celles qui leur permettent de profiter de la croissance du secteur de l'infrastructure. Et la liste est plutôt longue. Ainsi, le thème de l’infrastructure ”Dans les années à venir, les besoins de routes, ponts, aéroports et autoroutes seront énormes. n’est jamais très éloigné lorsqu’on investit dans les groupes français Vinci (exploitation de parkings et de péages) ou Lafarge (production de ciment). Les compagnies de dragage y jouent aussi un rôle essentiel. Car sans leurs travaux préparatoires, les infrastructures des Etats du Golfe n’auraient pas l’allure impres- sionnante qu’elles affichent aujourd’hui. Vous pouvez ainsi acquérir une participation dans le dragueur belge DEME via le holding Ackermans & van Haaren. Et ceux qui désirent miser une petite pièce sur une société de dragage peuvent également se tourner vers nos voisins du Nord et s’intéresser à Boskalis, coté sur la Bourse d’Amsterdam. Notre implication dans le secteur de l’infrastructure est bien plus large qu’on ne le pensait au départ!”

 

Michel Dierickx
 

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