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Profiter de l'instabilité pour engranger les titres bon marché

Bill Miller, le gourou de Legg Mason, ne remet pas en cause sa stratégie déficiente depuis 2006 : il persiste et signe avec un portefeuille axé sur quelques titres… suscitant la controverse.

(l'écho) - Le 3 avril dernier, la société américaine de gestion de fonds Legg Mason organisait sa conférence annuelle au cours de laquelle elle a exposé sa stratégie de placement pour 2008. Lors de cet événement, qui s'est tenu à Londres, il fut beaucoup question de psychologie des marchés.

La quinzaine de gestionnaires qui se sont succédé à la tribune a épinglé, avec un regard très personnel et chiffres à l'appui, les opportunités, bien au-delà des perturbations qui secouent les places boursières.

 

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Bill Miller fidèle à lui-même

Pour clôturer les hostilités, Bill Miller est venu « défendre » sa gestion. Ce grand gourou le seul à avoir battu 15 ans de suite l'indice S & P 500 n'a plus la main heureuse depuis 2006 puisque le Value Trust Fund a clôturé pour la seconde année consécutive en territoire négatif.

Par rapport à sa politique, Bill Miller fait montre d'une étonnante constance d'aucuns diraient d'une totale aversion au risque car son propos n'a pas changé d'un iota depuis deux ans.

Son erreur est d'avoir misé trop tôt dans l'immobilier, la technologie et les soins de santé, et d'être resté à l'écart du secteur énergétique. Sans s'attarder sur certains dossiers délicats, Bill Miller redit sa confiance dans UnitedHealthcare (croissance bénéficiaire de 25 %, ROE supérieur à 30 %) et certaines financières comme US Bankcorp, Wells Fargo ou encore Capital One qui, malgré sa hausse de 10 %, ne s'échange qu'à 7-8 fois les bénéfices. Toujours aux financières, Wachovia est une valeur sûre qui verse un généreux dividende et qui bénéficiera de la reprise de l'immobilier. Enfin, notre gourou voit Merrill Lynch doubler de valeur dans les deux prochaines années.

Le secteur de la consommation de biens durables recueille toujours les suffrages de Bill Miller, avec des noms tels qu'Amazon ou Eastman Kodak. Aux sidérurgiques, le cours de Nucor vient de bondir de 40 % car la société a annoncé le rachat de ses titres, mais cette franchise internationale reste bon marché, à 9 fois les bénéfices. Enfin, le cours de Google (425 USD) est lui aussi revenu à un niveau attrayant (18x le bénéfice attendu en 2009).

On l'aura compris, ceux qui étaient venus à la conférence pour entendre l'adepte de la gestion value changer son fusil d'épaule en sont pour leur frais. Malgré ces deux années de contre-performance, Bill Miller persiste et signe : son portefeuille tournera très peu en 2008 et restera axé sur quelques titres… controversés. Rendez-vous le 31 décembre pour le meilleur ou pour le pire !

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