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Le bourgmestre Benoît Dispa (cdH) veut éviter que sa ville ne devienne une cité-dortoir, alors qu'elle ne cesse d'accueillir de nouveaux habitants. Texte: Isabelle Dykmans

"On doit venir à Gembloux pour y vivre, pas seulement pour y dormir"

Comment ressentez-vous l'arrivée "massive" des Bruxellois à Gembloux? La ville est-elle en train de changer?

Parler d'un phénomène de "bruxellisation" de Gembloux serait erroné. Sur les nouveaux arrivants en 2014, seuls 10% venaient de Bruxelles et 25% du Brabant wallon. Ils sont attirés par les prix moins élevés de l'immobilier et les facilités de communication (route, rail). Mais ce phénomène migratoire n'est pas problématique pour nous.

En cinq ans, la population gembloutoise a progressé de 9% environ. Quel est l'impact sur l'immobilier?

Il y a quelques années, nous avons constaté que les villages périphériques subissaient une pression urbanistique, tandis que le centre-ville connaissait une atonie. Les villages n'étaient pas capables d'accueillir cette nouvelle population, cela leur était préjudiciable. Pour inverser cette tendance, nous avons entamé une politique d'aménagement du territoire visant à reconvertir d'anciennes zones industrielles en zones d'habitation, ce qui nous a permis d'accueillir de nouveaux logements.

L'offre de logements est-elle aujourd'hui adaptée à la demande?

Les différents plans d'aménagement sont arrivés à maturité au même moment. Aujourd'hui, l'offre est donc sans doute un peu excédentaire. Après une forte progression, les prix ont tendance à régresser. Cela rééquilibre le marché.

Qu'exigez-vous des promoteurs immobiliers?

Nous ne souhaitons pas du tout un développement anarchique. Les dossiers ne passent pas comme une lettre à la poste. Nous pouvons nous permettre d'être sélectifs, nous ne cherchons pas à faire venir les gens. Nous avons déjà une croissance bien réelle. Notre souhait est donc que le développement résidentiel s'accompagne d'une qualité de vie. Il ne faut pas dénaturer le tissu social gembloutois, et donc améliorer les offres d'infrastructures communautaires.

Craignez-vous que Gembloux devienne une cité- dortoir?

Nous devons être vigilants. Le gros enjeu, c'est que Gembloux conserve son âme. Il faut pour cela que les gens qui viennent habiter à Gembloux viennent y vivre, pas seulement y dormir. Cela passe par un processus d'intégration que l'on essaie de piloter pour ne pas seulement être en développement résidentiel. Cela passe notamment par une offre suffisante de services dédiés aux enfants.

Avez-vous toujours vécu à Gembloux?

Non! Nous sommes venus y habiter en 1992. Je n'y avais jamais mis les pieds avant. Je suis Liégeois d'origine et nous habitions à Rixensart. Nous sommes partis car les prix de l'immobilier commençaient à être trop élevés. Je suis donc un exemple de l'intégration à Gembloux!

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