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Êtes-vous bien assuré face aux catastrophes naturelles?

Suite aux inondations de juillet et au rapport alarmant du GIEC à propos du réchauffement climatique, vous craignez peut-être d'être mal ou sous-assuré. Quid?
©AFP

Les dramatiques inondations de juillet ont provoqué un séisme dans le secteur des assurances. Jamais les compagnies n’ont été sollicitées pour indemniser des dégâts d’une telle ampleur et à une telle échelle. Du côté des sinistrés, c’est la double consternation pour ceux qui découvrent parfois qu’ils ne seront pas (complètement) indemnisés.

Les assurances coûtent cher. Elles représentent un poste important dans le budget familial. Il arrive donc fréquemment que l’on ne soit que partiellement voire pas assuré contre certains risques.

Certains ignorent également la portée exacte de la couverture dont ils bénéficient, d’autres n’ont pas pensé à actualiser leur contrat. Ils ne seront donc pas suffisamment indemnisés. Et parfois même pas du tout. Ils se raccrocheront alors à l’espoir du Fonds des calamités. Désormais régionalisé, ce fonds n’interviendra pourtant que dans des cas très précis.

Face à l’émotion et à l’angoisse suscitées par les conséquences des inondations, qui ne s’est dès lors pas posé cette question: "Suis-je suffisamment couvert au cas où je serais à mon tour victime d’une catastrophe? Quels sont les biens qui peuvent ou doivent être assurés?" Avant de se faire cette réflexion: "Les tarifs des assurances vont certainement exploser! Dans quelles proportions?"

Nous avons fait le tour de toutes ces questions avec Wauthier Robyns, Directeur d’Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d'assurances.

1/ Mon assurance incendie me couvre-t-elle contre toutes les catastrophes naturelles?

L’assurance incendie (ou assurance habitation) couvre plusieurs périls (ou risques) en matière de catastrophe naturelle: la tempête, la grêle, la foudre, le tremblement de terre, la pression de la neige, le gel, les glissements de terrain, la chute de météorite et toutes les formes d’inondation (refoulement d’égout, raz-de-marée, cours d’eau qui sortent de leur lit, pluies violentes, etc.).

Des couvertures minimums sont prévues par la législation, mais les assureurs peuvent se montrer plus généreux.

Attention, il peut y avoir des exclusions à cette couverture (voir question 3), comme notamment les œuvres d’art ou les véhicules automoteurs (question 8). Vous pourriez aussi être amené à payer une franchise qui oscille entre 250 et 300 euros, mais qui peut aller jusqu’à 1.325 environ en cas de calamités naturelles.

2/ Comment serai-je indemnisé si mon habitation est sinistrée?

En règle générale, une assurance incendie couvre votre bâtiment (et son contenu en option) en valeur à neuf. Cette valeur correspond au montant nécessaire pour réparer votre maison ou carrément la reconstruire en tenant compte du prix actuel des matières premières. C’est pour cette raison que votre prime peut être indexée annuellement selon l’indice Abex (voir encadré).

3/ Quid pour mes espaces extérieurs?

Tout ce qui est fixé au sol (abris de jardin, serres, clôtures…) est en principe couvert par votre assurance habitation. Néanmoins, vérifiez bien les éventuelles exclusions de votre contrat. En effet, cette assurance ne couvre ni les constructions extérieures qui ne sont pas fixées au sol ni les dégâts causés aux plantes, arbres ou plantations du jardin.

Certaines assurances incluent par défaut les piscines, les terrains de tennis ou les abris de jardin, mais ce n’est pas systématique.

Si ce dernier a été réalisé par un paysagiste et qu’il représente une véritable valeur patrimoniale, "sachez qu’il est possible de souscrire une garantie spécifique complémentaire optionnelle de votre assurance habitation de type ‘pack jardin’ qui couvrira sa remise en état", prévient Wauthier Robyns.

À ce propos, certaines assurances incluent par défaut les piscines, les terrains de tennis ou les abris de jardin, mais ce n’est pas systématique.

4/ L’assurance incendie couvre-t-elle d’office des panneaux photovoltaïques?

La façon dont ils sont couverts peut varier d’une assurance à l’autre. "Dès l’instant où vous en faites placer sur votre habitation, prenez contact avec votre assureur pour le lui signaler", explique l’expert.

"En effet, une telle installation représente une valeur supplémentaire pour votre bâtiment. Votre prime pourrait donc être ajustée pour en tenir compte. Dans le même ordre d’idées, prévenez toujours votre assureur lorsque vous effectuez des changements dans votre bâtiment. Par exemple, si vous aménagez votre grenier.»

5/ C’est quoi la subsidence?

Dans les grandes lignes, il s’agit d’un lent affaissement de la surface de la croûte terrestre. "Ce phénomène est à l'œuvre dans certaines régions du pays, où le sol est composé d’argile", explique Wauthier Robyns. "En cas de sécheresse, l’argile perd de son élasticité, ce qui peut provoquer des fissures dans les bâtiments. Il arrive même que leur stabilité soit en danger."

La subsidence, non couverte par l'assurance incendie, peut mettre en danger la stabilité de votre habitation.

Problème: le législateur n’avait pas conscience de cette problématique lorsqu’il a élaboré la loi sur les assurances de 2014. Celle-ci tient compte des tremblements de terre, des glissements de terrain et des mouvements de terrain. Wauthier Robyns précise que dans cette loi, il est question de mouvements de terrain "qui ont entraîné le déplacement d’une masse importante."

Or, quand il y a subsidence, il n’y a pas de déplacement d’une masse importante pour les assureurs qui parlent, eux, d’une contraction du sol, et qui donc ne couvrent pas les conséquences de ce phénomène. "Un certain nombre de personnes, en conflit avec leur compagnie d’assurances, ont vécu des situations tragiques, et elles se retrouvent à devoir demander à un juge s’il n’y aurait pas moyen de pencher pour une interprétation de la loi en leur faveur."

«Cependant, une émission de la VRT qui a dénoncé ce problème a permis de susciter des questions au niveau parlementaire et, depuis lors, il y a des contacts entre les autorités et le secteur de l’assurance pour voir dans quelle mesure il y aurait également moyen d’assurer ce risque par le biais d’un contrat incendie."

6/ Y a-t-il une surprime à payer en fonction de l’exposition à certains risques?

L’assureur peut appliquer une surprime, mais il a un maximum légal à respecter. Notez que les personnes qui ont construit en zone inondable depuis la loi de 2014 n’ont pas droit à l’assurance incendie telle qu’elle est prévue par la loi (et qui permet à tout un chacun de faire assurer son bien moyennant des conditions payables, vu qu’il y a un plafond maximum pour la prime). Mais libre à eux d’essayer de trouver quand même un assureur (qui, dans ce cas, peut proposer une prime non plafonnée).

7/ En tant que bailleur, dois-je souscrire une assurance incendie en plus de celle souscrite par le locataire?

"Un locataire est tenu d’assurer sa responsabilité locative", rappelle Wauthier Robyns. "Or, en cas de calamités naturelles, la responsabilité du locataire n’est pas en jeu. Cela signifie qu’en cas d’inondations, par exemple, les dommages au bâtiment seront à charge du propriétaire."

"Ne pas avoir d’assurance incendie, c’est de l’inconscience ou un défaut d’éducation financière."
Wauthier Robyns
Directeur d'Assuralia

Autrement dit, un bailleur a toujours intérêt à souscrire une assurance incendie pour couvrir l’habitation louée. Mais pas son contenu. Il appartient au locataire de le faire pour protéger ses propres biens.

"Ne pas avoir d’assurance incendie, c’est de l’inconscience ou un défaut d’éducation financière", ajoute-t-il.

8/ Quid pour ma voiture? 

Si vous disposez d’une omnium, référez-vous à la rubrique "forces de la nature" pour connaître les risques couverts. "Traditionnellement, il s’agit de la tempête, de la grêle, de la foudre et des inondations", rassure l’expert.

Attention, à défaut d’une couverture omnium, petite ou grande, votre véhicule ne sera pas assuré contre les catastrophes naturelles.

Cependant, selon les cas, le Fonds wallon des calamités peut intervenir pour les véhicules automoteurs d'usage courant et familial d'au moins 5 ans, pour autant qu'ils ne soient pas déjà couverts par une omnium.

9/ Pourquoi m’assurer s’il existe un Fonds des calamités?

Les conditions d’accès à l’aide du Fonds wallon des calamités sont très strictes. De plus, son  intervention est limitée. "Il s’agit bien d’une intervention et non pas d’une indemnisation comme pourrait vous l’apporter une assurance", nuance Wauthier Robyns.

Cependant, ce Fonds intervient plus généreusement pour les bénéficiaires d’un revenu d’intégration qui n’ont pas souscrit d’assurance incendie compte tenu de leur précarité financière.

10/ Quid pour mes autres véhicules (moto, vélo, etc.)?

Il faut vous référer à votre contrat d’assurance. Si un véhicule que vous stockiez dans un garage – qui n’est pas couvert par une omnium – a été sinistré par les inondations, il y a peu de chance que votre assurance incendie intervienne. À moins d’avoir souscrit en option une couverture "véhicule au repos".

Pour ce qui concerne un éventuel vélo électrique, certains assureurs couvrent ces engins via la couverture contenu d’une assurance incendie. Mais vérifiez-le.

11/ Quid si j’ai des animaux (des chevaux) sur ma propriété?

"Il existe des assurances qui couvrent la mortalité d’animaux. À nouveau, vérifiez dans le contrat quels sont les périls assurés et les périls exclus. "

12/ Suite à un sinistre, l'assureur peut-il m’imposer des obligations?

Si vous êtes victime d’un cambriolage, votre assureur peut vous imposer l’installation d’une alarme pour continuer à bénéficier de sa couverture. "Libre à vous d’y répondre favorablement ou de trouver un assureur moins contraignant. Cela dit, il y a moins de standardisation des équipements de protection en matière de risque d’inondation que de risque de cambriolage."

Conclusion

Prenez le temps de passer en revue vos différents contrats d’assurance pour vérifier l’étendue de leur couverture. "Sortez votre marqueur fluo pour identifier deux éléments clés: le chapitre consacré aux exclusions (cela évitera les mauvaises surprises a posteriori) et tous les points qui comportent des limites (par exemple: la prise en charge des frais d’expertise jusqu’à concurrence de maximum X euros).

Wauthier Robyns recommande également de se faire conseiller, plutôt que de relire en détail l’ensemble de vos contrats d’assurance.

Enfin, si vous craignez de ne pas recevoir une indemnisation suffisante en cas de sinistre, pourquoi ne pas filmer préventivement l’intérieur de votre habitation, en prenant bien soin d’ouvrir les armoires, les penderies et les commodes. Stockez ensuite cette vidéo en ligne, par exemple, sur un cloud ou dans un coffre-fort digital.

Ma prime incendie va-t-elle augmenter en 2022?

D’une part, votre prime a déjà tendance à augmenter chaque année, car les assureurs peuvent indexer annuellement leurs tarifs sur la base de l’indice Abex, qui représente les coûts dans le secteur de la construction. En fonction des compagnies d’assurances, cette indexation n’est pas automatique. Mais vu la flambée du prix des matières premières, il sera probablement difficile d’y échapper l’an prochain.

D’autre part, une compagnie d’assurances reste libre de modifier ses tarifs. "Notamment parce qu’elle a été confrontée à une sinistralité élevée", explique Wauthier Robyns. Dans ce cas, elle pourrait répercuter l’augmentation de ses coûts sur l’ensemble de sa clientèle (peu importe que vous ayez été touché ou non par les inondations étant donné qu'il y a un principe de solidarité entre tous les assurés). "Si vous n’êtes pas d’accord avec cette hausse, vous pouvez changer d’assureur", conclut l'expert.

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