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Faut-il changer de contrat ou de fournisseur d'énergie?

Si, à la suite de la flambée des prix du gaz et de l'électricité, vous envisagez de changer de crèmerie, réfléchissez-y peut-être à deux fois, surtout si vous habitez Bruxelles.

Sans relâche, les prix de l’énergie continuent l’ascension qu’ils ont entamée depuis quelques mois. Or, cette hausse menace de faire peser sur les ménages ayant des contrats variables un lourd surcoût sur leur facture d'énergie, de 133 euros par an en moyenne pour le moment. Ce chiffre a été calculé à la fin du mois d’août par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (Creg).

Toujours selon le régulateur, un ménage ayant souscrit un contrat en août 2021 doit s'attendre à une facture annuelle moyenne de 1.014 euros pour l'électricité, à comparer aux 891 euros de 2019. En ce qui concerne le gaz, la facture annuelle moyenne s’élève, elle, désormais à 1.609 euros, contre 1.031 euros il y a 2 ans.

Hausse continue

Si cette hausse des prix se poursuit en automne et en hiver, la Creg prévient que l'impact sur la facture de décompte risque d'être "considérablement plus important". Or, les experts du marché ont déjà prévenu que les prix de l'électricité et du gaz naturel resteraient élevés dans les mois à venir.

Les experts du marché ont déjà prévenu que les prix de l'électricité et du gaz naturel resteraient élevés dans les mois à venir.

Ceci nous amène à un premier conseil pour faire face à la flambée des prix de l’énergie: si vous disposez d’un contrat à tarifs variables, la Creg recommande de prendre contact avec votre fournisseur et de lui de demander d’augmenter légèrement le montant de votre acompte mensuel afin d’anticiper un éventuel décompte annuel plus élevé.

Il pourrait éventuellement être aussi intéressant de changer de contrat.

Contrat fixe

Bien entendu, cette flambée des prix de l'énergie n'affecte pas les factures des ménages ayant un contrat fixe. Tout du moins si le contrat ne vient pas à expiration. La Creg conseille dès lors aux clients qui ont signé un contrat fixe avant la hausse des prix et n'arrivant pas à échéance de ne pas en changer.

En revanche, ceux qui doivent conclure un nouveau contrat ou en renouveler un sont, eux, invités à comparer attentivement les prix et à profiter pleinement de la concurrence entre les différents acteurs du marché. C’est une formule qui fonctionne bien en Wallonie et en Flandre, mais nettement moins à Bruxelles.

Bruxelles boudée

"Il y a respectivement 5 et 10 fois moins de fournisseurs réellement actifs en Région Bruxelles-Capitale par rapport à la Wallonie et à la Flandre", selon la Fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg). "Il y a également trois fois moins d’offres qu’en Wallonie et quatre fois moins qu’en Flandre."

Pour faire bref, si un Bruxellois utilise un quelconque comparateur d’énergie, il remarquera rapidement qu’il n’a vraiment le choix qu’entre deux fournisseurs: Engie et Lampiris. Il y a bien sûr une offre disponible chez Energie 2030, mais dans ce cas, il faut au préalable devenir coopérateur (ce qui a un coût).

Les fournisseurs Mega et Octa+ n’acceptent plus de nouveaux clients bruxellois.

Quid pour les autres fournisseurs? Depuis 2018, Luminus ne propose plus du contrat directement aux consommateurs bruxellois. "En revanche, nous avons une offre disponible dans les magasins MediaMarkt", précise Nico De Bie, son porte-parole. 

Plus récemment, les fournisseurs Mega et Octa+ - qui proposent généralement parmi les tarifs les plus bas du marché -  ont décidé eux aussi de faire un pas de côté en n’acceptant plus de nouveaux clients bruxellois. Cependant, ils continuent à assurer la fourniture d'énergie à leurs clients existants.

Surprotection du consommateur

Mais d’où vient une telle aversion pour le marché bruxellois de l’énergie? "Le cadre régulatoire est actuellement défavorable à tous les fournisseurs à Bruxelles", répond Olivier Desclée, le porte-parole d’Engie. "La réglementation surprotège le consommateur en défaut de paiement", ajoute Xavier Rigo, l’administrateur d’Octa+.

Par exemple, lorsqu'un consommateur est en défaut de paiement, un système de protection – avec procédure par le juge de paix – s’active. Ce système lui permet de continuer à bénéficier d'une fourniture d'énergie bien qu'il soit en litige avec son fournisseur et qu’il ne paie plus aucune facture.

Le règlement d'une telle procédure peut prendre jusqu'à une année. Elle aboutit dans 90% des cas à une procédure de coupure, selon la Febeg. Or, durant ce laps de temps, le fournisseur reste redevable de la majorité des montants, dus aux autorités publiques (via la contribution fédérale, la contribution régionale et la TVA) et aux gestionnaires de réseaux (via les tarifs de distribution et de transport), qui sont liés aux volumes d'énergie fournis mais qui sont non payés par le consommateur en difficulté.

Par ailleurs, "un projet d’ordonnance prévoit non moins de 12 à 15 nouvelles mesures particulièrement impactantes pour les fournisseurs", précise la Febeg. "C’est la goutte qui fait déborder le vase et pousse encore davantage de fournisseurs à éviter ou à déserter le marché bruxellois."

Néanmoins, Luminus, Mega et Octa+ ont assuré qu’ils reverront évidemment leur position en cas de modification de la réglementation. Mais, on n’en est pas encore là.

Changer de contrat

Dans un tel contexte et vu l'envolée des prix de l'énergie, quelles stratégies doivent adopter les consommateurs, bruxellois ou non, qui souhaitent changer de contrat (notamment parce que leur contrat d’énergie à prix fixes arrive à échéance)?

Actuellement, la plupart des experts – dont la Creg ou encore Test Achats – recommandent d’opter pour un contrat à tarifs variables. "Les produits dont les prix de l'énergie sont variables ou indexés bénéficieront automatiquement de toute baisse éventuelle de prix future au cours de la période contractuelle", pour Laurent Jacquet, directeur de Creg.

D'autres, comme Damien Ernst (professeur à l'ULiège et spécialisé dans les systèmes électriques), vont à contre-courant et recommandent d’opter pour un tarif fixe, car ils n’imaginent pas que les prix de l’énergie vont chuter à moyen terme.

Cet expert conseille en outre d’opter pour un contrat fixe d’une durée de trois ans. "Leurs prix sont généralement inférieurs au contrat d'une durée d'un an. De toute façon, vous pouvez changer de contrat quand vous le souhaitez et notamment pour un contrat d'un an si celui-ci baisse de prix." 

De fait, vous êtes libre de changer de contrat ou même de fournisseur à tout moment moyennant un préavis d’un mois.

Redevance annuelle

Cependant, si vous changez de fournisseur au cours de la première année de votre contrat, gare à la redevance annuelle. Il s'agit d'un forfait destiné à couvrir les frais administratifs liés à votre contrat et qui peut aller jusqu'à 120 euros, selon les fournisseurs.

120€
La redevance annuelle est un forfait destiné à couvrir les frais administratifs liés à votre contrat et qui peut aller jusqu'à 120 euros.

Cependant, chacun d'eux applique son propre système. Par exemple, Mega facture un montant forfaitaire par année de fourniture entamée.

De son côté, Engie réclame un montant calculé au prorata du nombre de jours de fourniture à partir du premier jour du contrat, ce qui est nettement plus à l'avantage du consommateur qui aurait la bougeotte en cours de contrat.

Changer de fournisseur

Habituellement, lorsqu'un consommateur envisage de changer de contrat, il se rend sur un comparateur d'énergie et change carrément de fournisseur. Or, il n'est pas toujours nécessaire de changer de fournisseur pour être gagnant (notamment à cause de la redevance annuelle).

En effet, il y a moyen de changer de contrat et de profiter des meilleurs prix du marché tout en restant chez un même fournisseur (et dans ce cas, le problème lié à la redevance annuelle ne se pose même pas).

D’ailleurs, si vous avez actuellement un contrat variable et que vous craignez cette envolée continue des tarifs de l’énergie, vous pouvez passer un petit coup de fil à votre fournisseur en lui demandant de passer à un tarif fixe. Et le jour où les tarifs repartent à la baisse, vous pouvez lui demander d’appliquer les nouveaux tarifs en vigueur pour votre contrat fixe ou de vous basculer à nouveau sur un contrat à tarifs variables. Cela demande bien sûr de rester attentif aux prix du marché de l’énergie.

Pour en revenir au marché bruxellois, cela signifie que si vous êtes chez Mega ou Octa+, contactez d'abord votre fournisseur et demandez-lui quels sont ses nouveaux tarifs applicables lorsque votre contrat sera reconduit. Demandez également les prix pour les autres formules disponibles (notamment si vous voulez passer d'un tarif fixe à un tarif variable ou inversement). Ensuite seulement, comparez ces nouveaux tarifs avec ceux proposés par la concurrence pour faire un choix définitif.

Gare aux promotions

En fonction du comparateur, il se pourrait que vous bénéficiiez de l’une ou l’autre réduction en optant pour un contrat chez un nouveau fournisseur, à condition (souvent) de passer par le comparateur. Mais attention, ce n’est pas toujours une bonne affaire, surtout si vous envisagez d’avoir la bougeotte vu le contexte actuel.

"Si un client quitte son fournisseur en cours d’année, il n'aura souvent pas droit au tarif promotionnel prévu et paiera finalement son énergie plus cher."
Pierre Andernack
Directeur de Nrgyx

"Le plus souvent, ces promotions ne sont valables qu’au terme d'une année de contrat", prévient Pierre Andernack, directeur de Nrgyx, une entreprise spécialisée dans la négociation de contrats d’énergie pour les PME. "Si un client quitte son fournisseur en cours d’année, il n'aura souvent pas droit au tarif promotionnel prévu et paiera finalement son énergie plus cher que ce qu'il aurait pu espérer au moment de la comparaison et de son choix initial."

«C'est un procédé que les fournisseurs utilisent pour essayer de garder les clients sur un terme plus ou moins long et éviter qu'ils ne changent tous les mois de fournisseur", a-t-il conclu.

Faut-il privilégier un achat groupé?

S'inscrire à une initiative d'achat groupé d'énergie ne vous engage à rien. Autrement dit, lorsque vous recevrez une proposition de contrat d'énergie négociée par l'organisateur de l'achat groupé, vous êtes libre ou non d'y souscrire. Comme pour n'importe quel contrat, vous restez également libre de changer de contrat ou de fournisseur à tout moment, moyennant un préavis d'un mois.

Gardez toutefois à l'esprit que "la participation à un achat groupé n’offre pas nécessairement la garantie du produit le moins cher", selon la CREG. "En effet, tous les fournisseurs n’y participent pas. Et les fournisseurs qui y participent ne sont pas tenus de proposer le prix le plus bas."

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