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Un rendement de 5 à 7% via l'achat de meubles de bureau?

Acheter des meubles de bureau qui sont donnés en location: c'est le concept novateur proposé par ENKY qui promet un rendement de 5 à 7%. Décryptage.
La start-up ENKY propose depuis peu une offre spécialement dédiée au home office.

Avec la généralisation du télétravail, il est devenu quasiment indispensable de disposer à domicile d’un espace de bureau et de meubles adéquats. Or tout le monde ne dispose pas forcément d’un siège, d’un bureau, d’une lampe et de quelques meubles de rangement. Ni du budget pour acquérir de vrais meubles de bureau ergonomiques, de qualité et, tant qu’à faire, un peu design.  

C’est là qu’intervient ENKY. La start-up, qui proposait déjà aux entreprises de meubler leurs locaux pour une période déterminée via un système d’abonnement mensuel ou via l’achat circulaire, a récemment développé une offre spécifiquement dédiée au télétravail.

L’idée, explique Aïssa Laroussi, CEO et fondateur de la start-up, c'est de proposer une solution flexible pour acquérir du mobilier de qualité et durable, sans immobiliser des sommes élevées. Que ce soit au niveau professionnel ou privé, il dit en effet avoir été sensibilisé au budget conséquent que peut représenter l’achat de mobilier. "On a dès lors tendance à opter pour des produits de moindre qualité, avec pour  conséquence 10 millions de tonnes de déchets mobiliers générés en Europe chaque année", ajoute le jeune patron qui insiste sur la vocation durable du projet.

Une vaste gamme de bureaux, chaises et accessoires sont proposés à la location via le site d'ENKY, à tous les prix (lire encadré).

La location

Rendez-vous sur le site de ENKY.
Consultez l’offre dans les catégories "bureau", "chaise" ou "accessoires".
Faites votre choix parmi les articles proposés.
Sélectionnez une durée de location (de 6 à 36 mois).
Vous obtiendrez un tarif de location et le prix de vente du meuble ou de l’accessoire.
Les délais de livraison sont mentionnés.
Il suffit ensuite de commander. Les meubles seront livrés et installés.

Exemples
La chaise "Alba", affichée au prix de 975 euros, peut être louée pour 38 euros/mois (6 mois) ou 25 euros/mois sur 30 mois.
Une lampe de bureau "Colette", d’une valeur de 105 euros, peut être louée pour 4 euros/mois (6 mois) ou 3 euros/mois sur 30 mois.

Une formule mixte est également possible: l’entreprise prend en charge une partie du budget et l’employé qui souhaite une chaise plus design ou plus haut de gamme par exemple paie la différence.

Enky s’engage à racheter, après un délai déterminé, tout ou partie des meubles à un prix fixé d’avance. Ils seront ensuite rénovés avant d’être remis sur le marché. Mais 70% des clients souhaitent racheter le mobilier à l’issue du contrat. Le rachat peut déjà se faire à l’issue de 12 mois de location en payant la différence entre le prix d’achat et les mensualités).

Que penser de ce type d’investissement ?

" Cette solution est sympathique et s’inscrit parfaitement dans la tendance actuelle, où beaucoup d’activités évoluent vers le renting et le leasing", cadre un spécialiste en planification patrimoniale. " Certes, on assiste à une véritable institutionnalisation du home working. Mais je ne suis pas sûr que dans le contexte actuel, le premier réflexe ou la priorité des patrons sera de rénover l’ameublement des bureaux... Sans compter que les espaces de bureau sont plutôt appelés à diminuer, parfois drastiquement".

"Cette crise amène toutefois aussi une transformation qui passe par un réaménagement massif des bureaux, ce qui du coup se transforme en opportunité pour Enky", nuance son CEO.

"Enfin, reste à voir si les patrons investiront dans les meubles au domicile des employés", poursuit-il. Car pour l’instant," le télétravail ne représente que 2 à 3% du portefeuille de meubles loués", indique Aïssa Laroussi.

Rendement de 5 à 7%?

Mais l’originalité du concept, c’est qu’ENKY propose un système d’investissement alternatif: devenir  propriétaire de ces meubles qu’elle donne en location sur sa plateforme digitale et percevoir par ce biais des revenus mensuels. "Un investissement sûr et rentable. L’occasion d’investir dans des biens tangibles et de bénéficier de rendements à faible risque, le tout dans une démarche durable", assure la start-up.

Quel est donc le profil de l’investisseur qui mord à cet hameçon? "Des sociétés ou des indépendants qui ont des liquidités à investir. La plupart sont déjà actifs en tant que business angels, consultants ou titulaires de professions libérales qui investissent via une société patrimoniale ou une société de management", détaille le CEO. Les 15 investisseurs qui se sont  engagés à ce stade ont investi entre 20.000 et 100.000 euros. Un échantillon encore peu représentatif, concède-t-il.

La formule vient en effet seulement d’être lancée et n’est pour l’instant accessible qu’aux indépendants et aux personnes morales. "Nous n’avons pas encore décidé si cette solution sera ultérieurement ouverte aux particuliers."

Selon un conseiller en planification patrimoniale, "l’offre a visé la bonne cible. Il faut avant tout adhérer au concept. Si la société réussit à rassembler 30 à 35 investisseurs, le pari devrait être tenu".

5 à 7%
C'est le rendement promis par ENKY via sa formule d'investissement alternatif.

La procédure d’investissement est simple et entièrement digitalisée. Les investisseurs passent par une marketplace où se trouvent les meubles loués et disponibles à l’achat pour les investisseurs. Une fois un bien acheté, les investisseurs peuvent suivre leur portefeuille via un tableau de bord.

Quel risque?

Dans un contexte où les dépôts à vue et livrets bancaires affichent un rendement négatif net d’inflation, la start-up promet des perspectives de rendement de 5 à 7%. "Nous appliquons un taux d’intérêt variable en fonction de la durée des contrats avec nos clients. C’est un investissement peu risqué et très stable puisque la durée moyenne d’un contrat est de 36 à 48 mois, et la plupart de nos clients souhaitent acheter le mobilier au terme du contrat", commente Aïssa Laroussi.

Les spécialistes restent cependant toujours prudents, rappelant qu'il faut tenir compte de la fiscalité et qu’un rendement alléchant est toujours la contrepartie du risque. En l’occurrence, ici, le risque c’est de se retrouver propriétaire de meubles qui ne trouvent plus preneur à la location.

"Nous estimons qu'il n'y aurait que 10% des cas où le mobilier sera revendu, et encore, pas forcément à perte. Car après 36-48 mois de location, une grande partie aura déjà été amorti par l'investisseur", explique le patron d'Enky

Et si "le rendement est élevé actuellement, c'est parce que la solution est nouvelle, répond Aissa Laroussi. J’ai la certitude qu'il y aura rapidement plus de capitaux disponibles que de meubles loués qui peuvent être achetés. Ce qui aura forcément un impact sur le rendement".

Une énième façon de diversifier son portefeuille, donc, via une alternative originale qui doit encore trouver son public et faire ses preuves dans un contexte incertain.

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