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Fin du moratoire sur les crédits hypothécaires, quelles solutions existent?

Depuis le début de la crise sanitaire, le chômage temporaire, récemment prolongé jusqu’au 30 juin 2021, prévoit une rémunération s’élevant à 70% du revenu mensuel moyen. Mais comment garder la tête hors de l’eau quand on a un crédit hypothécaire à rembourser?
©BELGAIMAGE

En principe, à partir du 31 mars 2021, les reports de paiement de crédits hypothécaires, mis en place au début de la crise, ne seront plus accordés. De quoi inquiéter les travailleurs des secteurs les plus touchés, comme l’horeca, la culture ou l’événementiel, au chômage temporaire depuis plusieurs mois.

Un double moratoire pour aider les emprunteurs

Au début de la crise, le gouvernement, en accord avec le secteur financier, avait conclu un report sans aucun frais des remboursements des crédits hypothécaires, et ce, jusqu’à la fin 2020. Le 1er janvier 2021, une deuxième charte prolongeait cette aide jusqu’au 31 mars, permettant aux emprunteurs d'introduire une demande de report de paiement.

"La fin du moratoire ne veut pas dire que les emprunteurs ne peuvent pas continuer à demander un report de crédit hypothécaire."
Rodolphe de Pierpont
Porte-parole de la Fédération belge du secteur financier

Concrètement, cette deuxième charte devait permettre aux travailleurs exposés à des problèmes liés à la crise du Covid-19 et remplissant quatre conditions de demander un report de paiement. En d’autres termes, "pendant un maximum de 3 mois, l’emprunteur ne doit pas rembourser son crédit. Dans le cadre de la première et de la deuxième Charte, les reports accordés ne peuvent toutefois, pris conjointement, jamais dépasser 9 mois", explique Febelfin, la fédération du secteur financier.

Et la suite?

Dans quelques jours, c’est donc la fin de ce moratoire qui, en principe, ne devrait pas se prolonger. «La fin du moratoire ne veut pas dire que les emprunteurs ne peuvent pas continuer à demander un report de crédit hypothécaire», souligne toutefois Rodolphe de Pierpont, porte-parole de Febelfin. «Cela n’empêche pas de solliciter et de discuter avec son banquier des alternatives les plus adaptées à sa situation propre.»

Selon lui, une prolongation de ce moratoire n’est pas prévue puisqu’il est possible, aujourd’hui, de négocier individuellement avec les banques afin de trouver un accord sur mesure.

En effet, «depuis le début de la crise sanitaire, la situation a évolué. L’urgence d’apporter une réponse très rapide a fait place à plus d’analyse et de réflexion. Les emprunteurs ont des profils très différents les uns des autres, ce qui implique d’analyser la situation financière et les besoins de chaque emprunteur et de cibler le type d’aide à apporter de manière personnalisée», ajoute Rodolphe de Pierpont.

Plus de 12.000 demandes de report

Selon Febelfin, au 17 janvier 2021, le nombre total de reports de paiement liés aux crédits hypothécaires des particuliers était de 12.467, pour un montant sous-jacent de 1,4 milliard d’euros. Un chiffre qui tend à diminuer. Une baisse que l'on peut principalement attribuer aux mesures plus souples que durant la première vague.

Soutien des banques

"Chaque situation étant différente, la manière dépendra de la situation personnelle du client et de ses possibilités."
Beobank

De manière générale, les banques belges disent vouloir continuer à s’impliquer pour soutenir leurs clients. Dans cette optique, elles recommandent de prendre contact avec un conseiller financier sans attendre la fin d’un quelconque report de paiement. C’est notamment le cas des banques Beobank, Crelan, Argenta, bpost et BNP Paribas Fortis. «Chaque situation étant différente, la manière dépendra néanmoins de la situation du client et de ses possibilités. Des accords et ajustements individuels devront donc être discutés afin de trouver la meilleure solution», ajoute Beobank.

Difficile donc d’esquisser une situation générale valable pour toutes les banques.
BNP Paribas Fortis, le leader du crédit hypothécaire en Belgique, propose, dans le cadre de son «crédit habitation souple», d’alléger les mensualités et de prolonger la durée totale d’un crédit en cas de souci majeur compromettant le remboursement d’un emprunt.

Mais la banque proposera également deux autres options à ses clients dont la capacité de remboursement est ou sera affectée par la crise du coronavirus. «Nous leur proposerons une prolongation du report de paiement – du capital uniquement – jusqu’au 30 septembre 2021, avec une procédure de décision raccourcie pour les clients relevant du moratoire se terminant le 31 mars. Ceux qui n’ont pas encore bénéficié d’un report de paiement pourront bénéficier du même report, mais avec une procédure de décision complète hors charte», annonce Valéry Halloy, porte-parole de la banque.

Jusqu’à présent, une prolongation du moratoire n’est donc pas à l’ordre du jour. Même si le cabinet du ministre de l’Économie, Pierre-Yves Dermagne, se dit "en contact constant avec Febelfin, afin d’établir la nécessité ou non de prolonger cette aide pour prendre la meilleure décision à appliquer pour les particuliers et les banques", selon Nicolas Gillard, le porte-parole du ministre.

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