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Les acheteurs belges boudent la brique espagnole

La baisse la plus importante a été enregistrée dans les îles Canaries (-60%) et en Murcie (-45%), deux régions très actives sur le marché de la résidence secondaire. ©Johan Conix (Azull)

Les bureaux d'enregistrement espagnols viennent de publier leurs chiffres pour le 2e trimestre 2020. Le marché immobilier a été touché de plein fouet, mais montre déjà des signes de reprise.

Comme il fallait s’y attendre, la baisse des transactions immobilières enregistrées en Espagne durant le confinement est plus criante encore sur le segment de la seconde résidence, généralement très actif. Et on peut le comprendre car la plupart des acquéreurs étrangers ne passant à l’acte qu’une fois avoir visité le bien convoité.

Le fait que les Belges n'aient pas pu se rendre en Espagne au plus fort du confinement a donc fait chuter brutalement le nombre de ventes de près de 44% par rapport au premier trimestre 2020. 475 Belges ont néanmoins finalisé l’achat d’une maison en Espagne pendant la période de "lockdown".

En affinant l’analyse, on se rend compte que c’est en mai que le nombre de transactions a atteint son niveau le plus bas sous le soleil ibérique. Confinement oblige toujours, les propriétés à la revente, donc habitées, ont été plus durement touchées que les projets neufs, plus aisés à visiter sans risque accru. En juin, le nombre de transactions dans les projets neufs a même augmenté par rapport à l’an dernier (+10%), avec un effet de rattrapage.

Les prix suivent les tendances

Cette tendance frappant l’activité se reflète sur les prix pratiqués. A la revente, ils baissent de 5% en moyenne, alors que pour les projets neufs, on note une stagnation.

Même si la demande reste soutenue pour le neuf, confinement oblige, le nombre de demandes de permis de construire a également diminué de moitié au premier semestre. En d'autres termes, sur ce segment du moins, les prix ne devraient pas baisser immédiatement. Au contraire.

À ce propos, Azull, un des acteurs majeurs belges sur le marché de la seconde résidence en Espagne, dit entrevoir une tendance remarquable: le nombre croissant des "nomades modernes". "Il s'agit d'étrangers qui utilisent leur casa espagnole comme résidence principale et qui y exercent de plus en plus leur métier à distance. Parmi les professions les plus fréquentes, on peut citer notamment les consultants ou les comptables d’un certain niveau, qui peuvent en fait travailler de n'importe où pour autant qu'ils disposent d'une bonne connexion internet", précise le courtier spécialisé. Selon ce dernier, cette tendance encore marginale avant le confinement s'accentue rapidement, au point que les promoteurs immobiliers espagnols ont déjà réagi et proposent une offre adaptée: "ils intègrent des salles de réunion dans les projets résidentiels ou encore des bureaux séparés et isolés dans les appartements neufs", indique-t-on chez Azull.

La 2e résidence espagnole en confinement

-40% de transactions
Tous publics confondus, 76.545 maisons ont été vendues en Espagne au 2e trimestre contre 127.357 au 1er trimestre. La baisse la plus importante a été enregistrée dans les îles Canaries (-60 %) et en Murcie (-45 %), deux régions très actives sur le marché de la résidence secondaire.

10,7% d'acheteurs étrangers seulement
En chiffres absolus, la baisse est plus nette encore:  au 2e trimestre, 8.000 maisons ont été vendues à des étrangers contre 15.000 au 1er trimestre, soit une réduction de près de la moitié. Ce sont les acheteurs de nationalité française qui ont été les plus absents: en baisse de -60%, ils repassent de la 2e à la 4e place au classement des nationalités étrangères.

Top 5 provisoire étranger (nombre d’achats):
Royaume-Uni, Allemagne, Roumanie, France, Maroc… et puis seulement Belgique.

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