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Pourquoi les taux hypothécaires repartent à la hausse?

Les meilleurs taux négociés pour le crédit à 20 ans fixe ont dépassé le seuil symbolique de 1%, alors qu’ils touchaient encore un plancher entre 0,72 et 0,80% il y a peu.
Cette hausse des taux reste relativement limitée. ©BELGAIMAGE

Les taux hypothécaires, qui ont atteint des niveaux planchers ces deux dernières années, avec des records successifs entre 0,7% et 0,8% pour le 20 ans fixe négociés, repartent légèrement à la hausse depuis quelques semaines. En effet, selon le site guide-épargne.be, les meilleurs taux négociés ces dernières semaines pour le 20 ans fixe s’élèvent tous à plus de 1%.

Les explications sont multiples, pour l’économiste d’ING Steven Trypsteen: "L’inflation, qui est l’un des indicateurs clés des taux, a légèrement augmenté, ce qui a donc parallèlement poussé les taux à la hausse. On observe aussi une certaine volatilité, ce qui peut également expliquer cette légère hausse des taux." Le taux d’intérêt belge à dix ans (OLO belge à 10 ans), utilisé comme l'une des références pour les prêts hypothécaires, a connu également une légère hausse en juillet, avant de redescendre en août. 

"On observe une certaine volatilité, ce qui peut expliquer cette légère hausse des taux."
Steven Trypsteen
Economiste chez ING

Sur le terrain, Patrick Segers, courtier en crédits hypothécaires, indique que la hausse n'est pas généralisée dans toutes les banques. "Certaines banques ont en effet légèrement augmenté leurs taux, car elles prennent plus de temps à se décider sur les dossiers de crédits, car elles font face à une forte demande. On peut aussi se poser la question si cette hausse n’est pas liée au fait que plusieurs banques auraient déjà atteint certains quotas de crédits en fonction des quotités déterminés par la Banque nationale de Belgique", pointe le spécialiste.

"Il n’y a pas de raison de penser que cette hausse devrait perdurer."
Steven Trypsteen

Perspectives

La hausse des taux restant relativement limitée, cela n'inquiète pas l’économiste Steven Trypsteen. "Si l’on regarde aux différents indicateurs macro-économiques, il n’y a pas de raison de penser que cette hausse devrait perdurer", rassure-t-il. "Tout d’abord, le contexte économique, même si la situation s’améliore, n’affiche pas encore un retour à la normale. Dans ce contexte, la BCE n’envisage pas de changer sa politique monétaire et souhaite maintenir une pression à la baisse sur les taux. L’inflation, qui est également un indicateur, a légèrement augmenté, mais elle devrait rester basse dans la zone euro, ce qui devrait inciter la BCE à ne pas changer sa politique monétaire", détaille l’économiste. "On ne peut donc pas s’attendre à une hausse structurelle des taux dans les prochains mois", conclut-il.

"Nous ne nous attendons pas à ce que la Banque centrale européenne augmente les taux d'intérêt de façon importante."
Valéry Halloy
porte-parole de BNP Paribas Fortis

Du côté de BNP Paribas Fortis, banque leader sur le marché du crédit hypothécaire en Belgique, "on considère que les taux hypothécaires devraient rester bas cette année, bien qu'ils aient atteint leur point le plus bas. Bien entendu, il n’est pas impossible d’observer une certaine volatilité. Au début de l'année, nous avons d’ailleurs constaté une légère augmentation des taux d'intérêt de quelques points de base. Cependant, nous ne nous attendons pas à ce que la Banque centrale européenne augmente les taux d'intérêt de façon importante", explique son porte-parole Valéry Halloy, qui ajoute: "Pour le moment, nous nous attendons à ce que l'augmentation des OLO reste limitée, même si nous continuerons à surveiller et à ajuster nos taux si nécessaire."

Est-ce toujours le bon moment pour emprunter?

"La capacité d’emprunt a augmenté de 45% au cours des 17 dernières années."
Valéry Halloy

La réponse des experts est unanime: oui, malgré la volatilité des taux, il reste toujours très intéressant d’emprunter. "Avec une mensualité de 690 euros, le client qui a emprunté en mai 2021 avec un taux d’intérêt à 1,33% a pu emprunter jusqu’à 145.000 euros. Avec une mensualité équivalente de 690 euros, le client qui a emprunté début 2003 avec un taux d’intérêt à 5,50% ne pouvait emprunter que 100.000 euros. Cette différence signifie une augmentation de 45% de la capacité d’emprunt au cours des 17 dernières années", illustre le porte-parole de BNPPF.

Cette légère remontée des taux n’impacte donc pas de manière considérable les crédits accordés actuellement. "Et si vous avez un bon dossier, vous aurez toujours un taux préférentiel", rappelle également Patrick Segers.

Impact sur les crédits rénovation

Les taux des crédits rénovation suivent également les mêmes règles que les crédits hypothécaires. Ils varient donc dans les mêmes proportions que les taux actuels des prêts hypothécaires.  

"Mais chaque banque est susceptible d’accorder une réduction supplémentaire pour ce type de crédit", rappelle Valéry Halloy.

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