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Que changerait la réforme des pensions pour vous?

La ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) a présenté son projet de réforme des pensions. Pension anticipée, minimum ou complémentaire: voici ce qui pourrait changer.
Le projet de réforme des pensions sur lequel va plancher le gouvernement ne touche pas à l'âge légal de la retraite qui sera porté à 67 ans en 2030. ©Hollandse Hoogte / Sabine Joosten

Karine Lalieux, la ministre des Pensions, a présenté, ce vendredi, son projet de réforme des pensions. Si le texte ne touche pas à l’âge légal, actuellement fixé à 65 ans et qui sera progressivement relevé à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030, c’est la pension anticipée, la pension minimum et la pension complémentaire qui devraient être revues.

1. Pension anticipée

Situation actuelle: C’est le gros point de la réforme des pensions. Actuellement, vous pouvez prendre votre pension anticipée si vous avez 63 ans et 42 années de carrière, 61 ans et 43 années de carrière ou encore 60 ans et 44 années de carrière.

2
euros
Le bonus pension s'élevera à 2 euros brut par jour.

Nouveauté: La ministre entend assouplir l’âge de la retraite anticipée. Celle-ci sera accessible dès 60 ans pour tous ceux qui ont minimum 42 années de carrière. Il s’agit d’une condition identique à tous les travailleurs.

À cela, Karine Lalieux ajoute deux incitants pour ceux qui souhaitent continuer à travailler après 42 ans de carrière: un bonus pension et une pension à temps partiel, laquelle pourra être prise à mi-temps ou à 1/5e temps.

"Je le réintègre pour les trois régimes (salariés, indépendants et fonctionnaires, NDLR), parce que je pense qu'il constitue vraiment un incitant positif pour rester au travail, d'autant qu'il pourra être cumulé avec la pension à temps partiel", explique la ministre.

Le bonus s’élèvera à 2 euros brut par jour pour tout le monde. Notez que la pension à temps partiel ne prendra pas la place du système existant de crédit-temps de fin de carrière. Il s’agira d’un outil supplémentaire.

"La réforme de la pension anticipée va surtout profiter aux travailleurs qui sont arrivés tôt sur le marché du travail."
Michel Wuyts
directeur de Fediplus

Qui va en profiter? "Quelqu’un qui a commencé à 18 ans pourra prendre une retraite anticipée à 60 ans, après 42 ans de carrière, au lieu de 44 ans de carrière à 62 ans", illustre Michel Wuyts, directeur de Fediplus, organisation experte en gestion des fins de carrière et des pensions.

"C’est un assouplissement par rapport à la réforme précédente qui avait cadenassé les retraites anticipées, mais cela va surtout profiter aux travailleurs qui sont arrivés tôt sur le marché du travail", explique-t-il.

Le bonus pension, qui est un système qui a déjà existé, "permettait déjà d’avoir deux euros par jour presté en plus. Ça ne paraît pas beaucoup, mais c’est énorme. Si on considère que vous travaillez à temps plein, soit 312 jours sur l’année, et ce, durant 3 ans pour atteindre les 45 ans de carrière, cela représente 624 euros par an, soit plus de 1.800 euros brut de pension annuelle supplémentaire. Par mois, il s'agit de 150 euros brut. Sur papier, c’est un bel incitant, mais la condition des 42 ans de carrière pour y prétendre va fortement limiter l’accès à ce bonus", détaille Michel Wuyts.

2. Pension minimum

Situation actuelle: Pour obtenir une pension minimum, il faut 30 années de carrière, qu’il s’agisse de travail effectif ou travail assimilé (périodes durant lesquelles vous étiez en maladie, invalidité, chômage, congé de maternité, ainsi que certaines formes de crédit-temps, NDLR). La pension est alors calculée au prorata de la carrière, mais il existe des conditions spécifiques pour l’obtenir, selon votre statut (indépendant, salarié…).

"La pension minimum profite surtout aux petits indépendants ou aux indépendants n'ayant pas eu trop de chance dans leur carrière."
Michel Wuyts
Directeur de Fediplus

Nouveauté: L’objectif de la ministre est de rendre l’accès à la pension minimum - qui atteindra 1.500 euros net en 2024 - plus équitable en adaptant la formule de calcul proportionnel pour valoriser les temps partiels, souvent occupés par des femmes. Chaque année travaillée à 2/3 temps sera considérée comme une année complète pour le calcul de la pension. Elle souhaite également porter la condition minimale de travail effectif à 10 ans de carrière sur une carrière de 30 ans.

Qui va en profiter? "Reste à voir comment va être fait le calcul, ce qu’elle prend en compte dans le 2/3 temps… Car actuellement, pour les 30 ans de carrière minimum afin de prétendre à la pension minimale, si vous avez été 20 ans au chômage et 10 ans au travail, vous avez droit à votre pension minimum, au 30/45e. Avec une carrière de 10 ans, cela m’étonnerait qu’on prenne en compte le chômage, sinon je ne comprendrais pas", s’interroge Michel Wuyts, pour qui la pension minimum – comme c’est déjà le cas actuellement – "va profiter surtout aux petits indépendants ou aux indépendants qui n’ont pas eu trop de chance dans leur carrière, mais aussi aux femmes à temps partiel".

3. Pension complémentaire

Situation actuelle: La pension complémentaire est le deuxième pilier de pension, après la pension légale. Il s’agit d’une pension constituée par l'employeur pour les salariés (via une assurance groupe, par exemple), par l'entreprise pour ses dirigeants, par les indépendants en personnes physiques ou encore, et depuis peu, par les salariés eux-mêmes si leur employeur ne leur offre pas cette possibilité.

Cet avantage octroyé par un employeur à ses travailleurs est fiscalement avantageux. Il permet, selon le taux de cotisation, de se constituer une pension complémentaire plus ou moins élevée pour ne pas voir votre pouvoir d’achat trop baisser entre votre ancien salaire et votre pension le jour où vous partez à la retraite.

Nouveauté: La ministre ne veut pas toucher à la fiscalité du deuxième pilier. Son objectif est plutôt de généraliser ce deuxième pilier afin d’arriver à ce que l'ensemble des travailleurs belges atteignent l'objectif de 3% de cotisation de leur salaire brut pour leur pension complémentaire.

Qui va en profiter? Normalement tous les travailleurs, si les partenaires sociaux se mettent d’accord, bien entendu.

"C’était déjà un objectif du précédent gouvernement", rappelle Michel Wuyts, pour qui il s’agit-là d’un "objectif minimal, car une pension complémentaire en dessous de 3%, comme on en a beaucoup dans certains secteurs, cela n’est pas suffisant pour palier la chute de revenus à la retraite."

Cela représente toutefois un coût pour les employeurs, car une telle mesure "augmente le coût d’un employé, mais cela reste moins cher à financer que les salaires, puisque la fiscalité est avantageuse."

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