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Enfin de vraies perspectives pour les jobs étudiants

La flexibilité et le faible coût des jobs étudiants sont des atouts majeurs dans un contexte qui reste chamboulé et incertain dans leurs secteurs de prédilection.
©Hollandse Hoogte / Dolph Cantrijn

En 2020, environ 500.000 jeunes avaient un job étudiant, ce qui représente une baisse de 11% par rapport à l’année record 2019 et 8 millions d’heures prestées en moins. Si le travail intérimaire s’est bien rétabli entre-temps, le travail étudiant accuse encore un léger retard, selon une analyse de Randstad Research (avril 2020). La situation s’améliore, toutefois. Le nombre d’étudiants qui ont travaillé pendant les vacances de Pâques a plus que doublé par rapport à l’année passée. Selon Federgon (Fédération des prestataires de services RH), le nombre de jobistes pourrait même retrouver cet été un niveau proche de celui de 2019.

Le contexte a également évolué. "Avant, il fallait impérativement se manifester avant Pâques pour espérer décrocher un job d’été. Désormais, la saisonnalité s’est fortement atténuée. Le travail étudiant est lissé sur toute l’année, même s’il augmente en été", observe Arnaud le Grelle, directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon. "Les étudiants ont compris qu’ils doivent travailler sur le long terme pour valoriser leur CV, et beaucoup ont un job pour des impératifs strictement alimentaires."

Cette année à Pâques, la visibilité était encore nulle, mais la situation s’est décantée au fil des Codeco. On entrevoit désormais les ouvertures. " Depuis deux semaines, l’ambiance est plutôt à l’optimisme et au soulagement pour les étudiants", constate Arnaud le Grelle.

Flexibilité et coût limité

Dans les secteurs traditionnellement gros pourvoyeurs de jobs étudiants, comme l’horeca, l’événementiel et les loisirs, la reprise se fera au rythme de l’assouplissement progressif des règles sanitaires et de la vaccination. Alors qu'ils ont énormément souffert et n’ont que peu de visibilité et de certitudes à court et moyen termes, les contrats étudiants, qui combinent flexibilité et coût limité, constituent plus que jamais une option de choix.

Soins de santé et enseignement: heures non comptabilisées dans le quota annuel

Les heures prestées au quatrième trimestre 2020 ainsi que durant les premier et deuxième trimestres 2021 dans le secteur des soins et de l'enseignement ne sont pas prises en compte dans le calcul du contingent annuel de 475 heures de travail qui peuvent être effectuées par les étudiants à un taux de cotisations de sécurité sociale favorable.

Cette possibilité s’applique également aux étudiants qui travaillent comme intérimaires.

"La flexibilité – principale caractéristique du job étudiant – est plus que jamais demandée", confirme Sébastien Cosentino, expert du marché du travail chez Randstad Group. Les étudiants qui sont prêts à travailler beaucoup d'heures par semaine et à des horaires un peu moins classiques seront très vite engagés dans l'horeca, par exemple.

"La décision du gouvernement fédéral de flexibiliser le traitement du travail étudiant et de ne pas comptabiliser les heures prestées durant certains trimestres dans le quota annuel donnera également un coup de pouce", poursuit-il.

Chez Manpower, "une partie des clients qui travaillaient d’habitude avec des intérimaires privilégient désormais les jobs étudiants pour des questions de coût et de flexibilité", souligne Jonathan Penninckx, Sales & Operations Manager Bruxelles & Wallonie, chez Manpower. "Cela concerne essentiellement les profils basiques: préparateur de commandes, livreurs, personnel de nettoyage, chargé de l’encodage ou du réassort... "

Pour les secteurs qui ont peu de visibilité et de certitudes à court et moyen termes, les jobs étudiants qui combinent flexibilité et coût limité sont idéaux.

Certains jobistes seraient d'ailleurs déjà devenus plus exigeants... "Alors qu’auparavant ils auraient dit oui d’office à n’importe quelle mission, la plupart ont tendance à comparer les opportunités et les conditions proposées. Ils ont davantage d’attentes par rapport au salaire, à la mission, à sa durée, au secteur et à la localisation", constate-t-il, sans pouvoir expliquer ce phénomène.

L’horeca

Ce secteur reste confronté à de nombreux défis. Il faut réattirer des talents, les refidéliser sur le long terme, les former aux nouvelles mesures sanitaires, etc. "On constate effectivement un sursaut du travail étudiant, qui tient pour partie à la difficulté de retrouver les anciennes équipes, mais surtout à la flexibilité qu'il offre dans des métiers en difficulté financière et sans aucune visibilité sur le succès possible de l’ouverture compte tenu des restrictions sanitaires et de la météo", commente Arnaud le Grelle.

Le secteur de la distribution

Le secteur de la distribution, en amont et en aval (donc en ce compris l’alimentaire, le transport et la logistique) ont pu absorber une partie des étudiants qui ont perdu leur job ailleurs. " Au fil de la pandémie, les perspectives de ces secteurs sont restées stables, voire en légère croissance, en se calquant sur les nouvelles habitudes de consommation (notamment liées à l'e-commerce). Les perspectives restent du même acabit", explique Sébastien Cosentino.

Le secteur des soins

Le secteur des soins (au sens large) qui était auparavant "anecdotique" est devenu un acteur majeur. Les hôpitaux, les maisons de repos, les centres de vaccination et de testing ainsi que les call centers ont besoin de main-d’œuvre et de renforts. "Et on est certain que la demande ne risque pas de fléchir cette année", souligne Arnaud le Grelle. "Ce secteur était déjà sous tension avant la pandémie. L’allongement de la durée des études d’infirmier s’est traduit par une année blanche en termes d’effectifs. On manque de talents de façon structurelle. Il faut également remplacer le personnel fixe qui preste des heures sup en permanence. Les jobs étudiants dans ces secteurs nécessitent évidemment des qualifications et compétences. Des étudiants en 2e et 3e année de soins infirmiers ou d’aide-soignant trouveront toujours un job, mais cela ne couvrira pas les besoins", souligne le spécialiste de Randstad.

Bientôt du télétravail étudiant?

Cet été, Randstad va suivre de près et étudier la notion de télétravail étudiant. "Les étudiants vont-ils glisser eux aussi dans ce mécanisme? Cela pourrait très bien s’appliquer à des fonctions administratives dans des sociétés de services. Certaines entreprises pratiquent l’onboarding en présentiel une journée, prévoient le passage un jour par semaine sur site et le reste en télétravail. S’agit-il d’un nouveau phénomène et se confirmera-t-il? Nous n'avons pas encore le recul nécessaire", indique Sébastien Cosentino. À suivre…  

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