Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité

Quel est le contrat de travail le plus avantageux pour un jobiste?

Le nombre d'étudiants jobistes a augmenté de plus de 42% en dix ans. Sous quels statuts peuvent être embauchés les étudiants et quelles sont les différences?
Le contrat de travail occasionnel regroupe le contrat de travail saisonnier (dans l’agriculture et l’horticulture), "l’Extra" dans le secteur Horeca et, plus anecdotique, les travailleurs occasionnels dans le secteur des pompes funèbres. ©Photo News

De plus en plus d'étudiants travaillent chaque été et durant l'année scolaire. En 10 ans, le nombre de jobistes est passé de 441.000 à 627.000, selon les chiffres de l'ONSS. Il s'agit là d'un record.

Au fil des ans, la législation s'est également assouplie pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs. Aujourd'hui, un ou une étudiante peut travailler jusqu'à 600 heures par an contre 475 auparavant, même si le quota maximal est rarement atteint. Les filles travaillent 211 heures par an en moyenne contre 200 pour les garçons. 

Dans de nombreux secteurs, ils constituent une main-d’œuvre temporaire et flexible bien utile, en cas de pic d’activité et/ou lorsque les travailleurs habituels sont en vacances. C'est majoritairement l'horeca et le milieu du commerce qui ont leurs faveurs. Suivent les secteurs des loisirs et celui de la santé.

La plupart des jobistes signent un contrat de travail étudiant, mais ils peuvent également être engagés sous d’autres statuts. Quels sont les avantages, les inconvénients et les particularités des différents statuts pour l’étudiant (et pour son employeur)? Nous avons comparé les principaux contrats envisageables avec Amandine Boseret, juriste au Centre de connaissances d'Acerta.

Le contrat étudiant

De nombreux employeurs qui engagent des étudiants optent pour le contrat étudiant. "Il faut dire que c’est le plus simple et le plus intéressant financièrement. L’écart entre ce que l’employeur va payer et ce que le jobiste va toucher est beaucoup moins élevé que pour le travail normal, mais aussi que pour tous les autres statuts dits avantageux", explique Amandine Boseret.

"Le jobiste sous contrat étudiant bénéficie en outre d’une certaine protection puisque, sauf exception, il bénéficiera du même salaire et des mêmes barèmes qu’un travailleur ordinaire, ce qui n’est pas le cas pour un flexi-job, par exemple."

Amandine Boseret
Juriste chez Acerta

Autre atout, "on peut recourir aux étudiants dans tous les secteurs, parfois moyennant certaines conditions (par exemple, dans la construction, avoir reçu une formation sur la sécurité)".

"Le jobiste sous contrat étudiant bénéficie en outre d’une certaine protection puisque, sauf exception, il bénéficiera du même salaire et des mêmes barèmes qu’un travailleur ordinaire, ce qui n’est pas le cas pour un flexi-job, par exemple", ajoute-t-elle.

Les étudiants peuvent désormais travailler jusqu’à 600 heures par an à un tarif attractif. L'étudiant ne paie pas d’impôts, mais seulement une cotisation de solidarité de 2,71% sur son salaire brut.

Et, si l’étudiant veut travailler plus ? "Attention, toutes les formules ne peuvent pas se combiner", prévient la juriste. "L'étudiant peut opter pour du travail associatif, par exemple".

Le contrat de travail associatif

Ce contrat de travail ne peut être conclu que dans le cadre d’activités précises, puisqu'il est limité aux secteurs socioculturel et sportif. " C’est un statut particulièrement attractif, car les charges salariales sont encore moins élevées que pour le contrat étudiant. Il n’y a ni précompte ni cotisations sociales à payer, seulement une retenue fiscale de 10% dans la déclaration d’impôts" explique Amandine Boseret.

10%
Les revenus d'un travail associatif ne sont soumis ni au précompte professionnel ni aux cotisations sociales. Il y a seulement une retenue fiscale de 10% via la déclaration d'impôts.

Ces contrats sont limités à un certain nombre d'heures (300 dans le secteur associatif, 450 dans le secteur sportif), et le plafond de revenus dans ce cadre est fixé à 7.170 euros (2023). Pour éviter les abus, un étudiant qui a déjà épuisé son quota de 600 heures ne pourra toutefois prester que 190 heures de travail associatif.

"Auparavant, les jeunes qui encadraient les enfants lors de stages ou de plaines de vacances, pendant 50 jours par an maximum, étaient considérés comme bénévoles. Désormais, leur statut est officialisé et on les rétribue", cite-t-elle en exemple.

Les contrats de travail occasionnel

Le contrat de travail occasionnel regroupe le contrat de travail saisonnier (dans l’agriculture et l’horticulture), "l’extra" dans le secteur Horeca et, plus anecdotique, les travailleurs occasionnels dans le secteur des pompes funèbres.

Les "Extras" qui peuvent être engagés dans l'Horeca, ne doivent pas être confondus avec les flexi-jobs.

"Ce sont des contrats très flexibles puisqu'il est possible d’engager les travailleurs uniquement les jours où l'on a besoin d’eux. Il y a cependant un quota annuel d’heures à respecter", explique Amandine Boseret. "Les cotisations ONSS sont calculées sur une base forfaitaire journalière. Pour les saisonniers agricoles et horticoles, le contingent est de 30 à 50 jours par an, selon ce qu’ils vont cueillir".

Les travailleurs "extras" dans l’Horeca (à ne pas confondre avec les flexi jobs) peuvent être occupés de façon très flexible. "Il fait beau ou j’ai besoin d’un remplaçant: je prends un extra. Le système est toutefois moins avantageux qu’un flexi-job, car ces travailleurs-là ont par ailleurs un contrat de travail à 80% et paient donc déjà des cotisations. Pour les "extras", un précompte de 33,31% s’applique, tandis que les cotisations ONSS sont calculées sur la base d’un forfait horaire ou journalier", détaille-t-elle.

Le contrat flexi-job

Pour exercer un flexi-job, il faut avoir travaillé au minimum à 4/5e durant les trois trimestres qui précèdent. Ce n’est donc pas le contrat auquel on pense d’emblée pour les étudiants, même si la formule leur est ouverte. Les flexi-jobs ne sont en outre possibles que dans certains secteurs (commerces de détail alimentaire, coiffure, établissements de soins, etc.) mais il n’y a aucune limite à respecter.

Le salaire minimum est de 11,81 euros de l’heure (15,39 euros dans le secteur des soins auxiliaires).  Le travailleur touche une indemnité nette exonérée de cotisations sociales et d’impôts.

Le contrat d’intérim

Un étudiant peut être engagé par une entreprise dans le cadre d’un contrat de travail intérimaire. Dans ce cas, c’est l’agence d’intérim qui est l’employeur. La formule est flexible et aucune limite n’est fixée. Par contre, outre le salaire de l’étudiant, l’entreprise pour laquelle il travaille devra payer une redevance à l’agence d’intérim qui prend en charge toute l’administration. L’étudiant coûtera donc plus cher qu’un travailleur "classique".

Lire également
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Messages sponsorisés
Tijd Connect
Echo Connect offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.
Partnercontent
Partner Content offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.