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5 possibilités de limiter votre budget soins de santé

Face aux coûts liés à une potentielle hospitalisation et face à l’évolution des coûts des soins de santé en général, l'inquiétude des Belges grandit.
Un Belge sur deux songe à recourir davantage à un médecin conventionné

À l’heure d’écrire ces lignes (ce vendredi 30 octobre), près de 6.200 Belges sont hospitalisés pour cause de Covid-19, dont plus de 1.000 aux soins intensifs, ce qui met toujours plus de pression sur nos hôpitaux. Ces derniers ont d’ailleurs enclenché leur phase d’alerte maximale: à partir de lundi (et pour une durée de 4 semaines), toutes les activés non urgentes devront être stoppées.

Ce déferlement continu d’informations négatives risque d’augmenter l’inquiétude des Belges face à l’évolution des coûts des soins de santé. De fait, d’après les résultats du nouveau baromètre DKV (une enquête réalisée par Ipsos auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 Belges interrogés en septembre dernier), publiés en primeur dans L’Echo, près d’1 Belge sur 2 est inquiet en raison des coûts liés à une possible hospitalisation causée par le Covid-19 (voir encadré).

50%
Belges
Selon le baromètre DKV, près d’1 Belge sur 2 est inquiet en raison des coûts liés à une possible hospitalisation causée par le Covid-19.

«La moitié d’entre eux estime en effet que leurs finances personnelles ne leur permettraient pas de payer les soins liés à cette hospitalisation, ce qui est d’ailleurs une préoccupation qui n’a pas lieu d’être étant donné que la sécurité sociale prend en charge une grande partie de ces coûts», rassure DKV.

À ce propos, cet assureur note que la méconnaissance du fonctionnement de la sécurité sociale par les Belges semblerait avoir été aggravée par la crise sanitaire. Actuellement, 49% des Belges ne savent pas ce qui est couvert et remboursé par leur mutuelle (alors que ce chiffre s’élevait seulement à 40% en 2019). Malgré l’aveu de cette méconnaissance, 2 Belges sur 3 estiment que l’assurance obligatoire de la mutuelle sera insuffisante pour couvrir leurs futurs besoins et dépenses en soins de santé.

Une autre conclusion importante qui ressort de ce baromètre est que les Belges craignent une hausse des coûts de soins de santé. La plus forte augmentation est attendue dans les hôpitaux: près de 8 Belges sur 10 redoutent que les frais liés à une hospitalisation soient plus coûteux à l’avenir. Six Belges sur 10 pensent également que les tarifs des consultations chez les médecins spécialisés et les prix des médicaments vont augmenter suite à la crise sanitaire.

1. Médecin conventionné

En réaction à cette évolution redoutée, près d’1 Belge sur 2 songe à recourir davantage à un médecin conventionné (c’est-à-dire qui respecte les tarifs officiels fixés par l’Inami). Notez que la  grande majorité des médecins et prestataires de soins (kinés, dentistes, etc.) sont conventionnés. Pour savoir si un médecin est conventionné, consultez les outils en ligne des mutuelles ou de l’Inami.

Les médecins qui ne sont pas conventionnés ont fait le choix d’une médecine libérale: ils fixent eux-mêmes leurs tarifs. Dans ce cas, qu’il s’agisse de soins ambulatoires ou hospitaliers, le patient paie des suppléments d’honoraires en plus du ticket modérateur. Ce dernier correspond au montant des frais médicaux qui reste à charge du patient après l’intervention de l’assurance obligatoire (hors éventuel supplément d’honoraire).

Pour rappel, lorsque vous consultez un prestataire de soins, vous lui payez des honoraires. Si ces soins figurent dans la nomenclature (liste des prestations remboursées par l’Inami), une partie sera remboursée par votre mutuelle. Le ticket modérateur (ou quote-part à charge du patient) équivaut donc à la différence entre le tarif officiel et le remboursement de la mutuelle.

2. Chambre commune

Par ailleurs, sachez qu’en cas d’hospitalisation, les suppléments d’honoraires ne peuvent être réclamés que si le patient séjourne en chambre individuelle. Pour réduire la note, privilégiez au moins une chambre double.

Ces suppléments sont interdits pour les patients admis aux urgences ou en soins intensifs.

Et rassurez-vous: ces suppléments sont interdits pour les patients admis aux urgences ou en soins intensifs puisqu'en pareilles circonstances, ils n’ont bien sûr pas le choix du médecin qui s’occupera d’eux ni du type de chambre.

Bon à savoir également: certains prestataires sont partiellement conventionnés. Cela signifie qu’ils s’engagent à respecter les tarifs officiels certains jours et/ou dans certains créneaux horaires, à l’hôpital par exemple.

3. Assurance hospitalisation

Toujours en réaction à l’évolution redoutée des soins de santé, près d’une personne interrogée sur 3 envisage de réduire la fréquence de ses consultations médicales et 13% d’entre elles pensent à mieux s’assurer en prenant une assurance complémentaire. D’ailleurs, parmi les personnes interrogées qui ne se soucient pas du coût d’une éventuelle admission à l’hôpital, trois quarts s’estiment sereines, car elles disposent d’une bonne assurance hospitalisation.  

Exceptionnellement, les périodes pré- et post-hospitalisation des contrats d'assurance hospi seront rallongées.

Cependant, de nombreux patients qui devaient être opérés et/ou hospitalisés sont désormais victimes d’un report de soins, comme cela avait déjà été le cas lors de la première vague. Ils vont de ce fait être hors délai pour la prise en charge par leur assurance de certaines factures pré- et post-hospitalisation.

À nouveau, si c’est votre cas, rassurez-vous, car les mutuelles et les compagnies d’assurance privées ont pris leurs dispositions : elles ont décidé à titre exceptionnel de rallonger les périodes pré- et post-hospitalisation prévues dans leurs contrats pour le remboursement des frais ambulatoires (examens, consultations, médicaments, kiné, matériel, etc.) liés à l’hospitalisation. Toutefois, prenez la peine de vous renseigner, car les délais et conditions varient d’un assureur à l’autre.

4. Maximum à facturer

En cas de maladie grave, même si l’assurance maladie prend en charge une grande partie de vos frais médicaux, si votre état de santé nécessite des soins réguliers et coûteux ou la prise de médicaments, l’addition des tickets modérateurs peut rapidement peser lourd. Mais, à nouveau, pas de panique, un garde-fou a été prévu: le maximum à facturer (MAF).

Ce MAF correspond à un plafond – qui dépend des revenus annuels nets du ménage - à partir duquel vous  ne devez plus payer de ticket modérateur jusqu’à la fin de l’année. À partir de ce moment, vos frais médicaux et de pharmacie vous sont intégralement rembourséspour autant que vous consultiez uniquement des prestataires conventionnés. Car les suppléments d’honoraires restent toujours à charge du patient.

Les bénéficiaires de l’intervention majorée, les enfants de moins de 19 ans et les malades chroniques ont droit à un MAF spécifique (moins élevé).

5. Soins dentaires

Enfin, concernant plus spécifiquement les soins dentaires, il ressort du baromètre DKV que 70% des Belges ne connaissent pas le prix d’une consultation chez un dentiste, qu’il soit conventionné ou non, et que 60% des Belges n’ont également aucune idée de ce que la sécurité sociale rembourse pour une consultation chez le dentiste.

Il suffit d’avoir été chez un dentiste en 2019 pour avoir droit à un remboursement en 2021.

Notez qu’en principe, les patients âgés de 18 ans et plus qui ne prennent pas rendez-vous régulièrement (une fois par an) pour un examen buccal préventif doivent s’acquitter d’un ticket modérateur plus élevé l’année suivante.

Cette règle destinée à favoriser la prévention pour éviter des surcoûts ultérieurs provoque traditionnellement un afflux des demandes de rendez-vous en fin d’année en raison des oublis.

Cette année, en raison de cette période troublée par le Covid, elle n’est (temporairement) plus obligatoire. Il suffit d’avoir été chez un dentiste en 2019 pour avoir droit au remboursement en 2021. La prestation requise peut avoir été effectuée en 2019 ou en 2020.

Quelle est la facture médicale d’un malade du Covid?

Pour l’heure, et malgré le recul que l’on peut déjà avoir par rapport à la première vague de l’épidémie, au printemps, il est encore difficile d’obtenir une estimation du coût moyen d’une hospitalisation pour Covid-19 ainsi que du suivi qu’elle nécessite (et qui, pour de nombreux patients, n’est évidemment pas terminée).

Même si ce montant individuel peut varier fortement d’un cas à l’autre, en particulier en fonction de la sévérité de la maladie, le coût d’un patient est surtout élevé pour la sécurité sociale, étant donné que les suppléments d’honoraires pour le Covid sont interdits.

«D’ici la fin de l’année, nous aurons des informations sur les codes spécifiques Covid-19 + séjour», nous indique-t-on à l’Inami. Fin juin, nous avons cependant réalisé une estimation basée sur le prix de revient d’une journée. À ce moment-là, la moyenne pour 2020 était de 566,52 euros pour un séjour classique et de 929,05 euros en soins intensifs, contre respectivement 544,73 euros et 893 euros en moyenne sur l’ensemble de 2018 (hors pathologie Covid).»

Or, les suppléments d’honoraires constituent précisément le principal poste des débours des assureurs en cas d’hospitalisation… Les assureurs doivent donc assumer le reste des dépenses à charge du patient, ses médicaments, les frais pré-hospitalisation (en général peu élevés ou inexistants pour des patients Covid) ainsi que les frais post-hospitalisation (revalidation, etc.).

«Le coût pour l’assureur dépend d’une série de facteurs: l’évolution de la maladie, la longueur du séjour hospitalier, le nombre de jours aux soins intensifs, l’âge, les comorbidités (par exemple, le diabète), etc. Il nous est donc difficile d’établir un coût moyen», contextualise Hervé Bourel, membre du comité de direction de DKV.

"Nous disposons encore de trop peu d’informations pour estimer les frais post-hospitalisation des patients Covid et il se peut qu’ils aient du retard dans l’envoi de leurs dépenses", commente un assureur privé. "Compte tenu de cette inconnue et avec une grande prudence, on peut estimer le coût moyen d’un patient à environ 500 euros pour l’assurance hospitalisation."

«À ce stade, sur la base des informations communiquées par notre département assurantiel, le coût moyen d’une hospitalisation Covid (en chambre double) est de 480 euros, pour un séjour d’une durée moyenne de 20 jours», indique Bruno Deblander, directeur de la communication externe de Solidaris.

"Notre service d’étude n’a pas encore travaillé sur les données de 2020. Elles ne seront disponibles qu’en juin 2021", font savoir de leur côté les Mutualités libres.

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