À peine le boulet First A évacué, Ethias veut relancer l'assurance-vie pour particuliers

©Photo News

L’assureur a cédé le reliquat du portefeuille First A à une compagnie irlandaise. Définitivement débarrassé du boulet First, l’assureur entend bien revenir sur le marché de l’assurance-vie pour particuliers. Dès l’an prochain.

Campagne de rachat, suite et fin

Laguna Life va gérer le portefeuille First A en extinction (en run off comme on dit dans le jargon), en commençant par une campagne de rachat"Laguna Life DAC offre une nouvelle et dernière opportunité à tous les assurés transférés de racheter leur compte First avec un bonus, annonce la firme irlandaise. Si l’assuré choisit de racheter sa police avant le 7 décembre 2018, il recevra un bonus en plus de la valeur de son compte First."

Ledit bonus prendra la forme d’une prime de sortie de 25%, comparable à ce qu’Ethias a proposé lors de ses deux dernières campagnes.

 

Point final. Ethias a coupé les derniers liens qui le liaient encore au First A. L’assureur a vendu vendredi dernier le portefeuille First A restant, soit 177 millions d’euros, à Laguna Life DAC, une compagnie irlandaise filiale de Monument Re, un réassureur basé aux Bermudes. Le montant de cette vente est confidentiel et a été intégré dans les comptes d’Ethias en 2017.

Les 4.273 contrats encore en cours sont donc passés sous bannière irlandaise, ce qui signifie qu’ils ne jouissent plus de la garantie des dépôts jusqu’à 100.000 euros en vigueur lorsqu’ils étaient logés chez Ethias. De quoi peut-être motiver certains détenteurs à accepter l’offre de rachat que Laguna Life mène jusqu’au 7 décembre (lire ci-contre).

423 millions d’euros

423 millions €
Le coût total des campagnes de clôture menées par Ethias depuis 2012
Au total depuis 2012, Ethias aura déboursé 423 millions d’euros en primes de sortie au cours de sept campagnes de clôture baptisées “Switch”.

Depuis 2012, Ethias a de son côté mené sept campagnes de clôture avec l’objectif qu’un maximum de détenteurs d’un compte First A vident leur compte et allègent d’autant le boulet qu’était devenu ce produit, devenu impayable pour l’assureur avec l’écrasement des taux d’intérêt directeurs. Au total, Ethias aura déboursé 423 millions d’euros en primes de sortie au cours de ces campagnes baptisées Switch.

Ethias a donc définitivement tourné la page First A. Le produit a été lancé en 1989, quand l’ex-Smap se cherchait une nouvelle image sur le marché. Commercialisé jusqu’en 2003, le First A proposait pendant 99 ans (autant dire à vie) un taux garanti: 4,5% au départ, puis de moins en moins jusqu’à être ramené à zéro en 2012. Au plus fort de son succès, en 2008, le First A concentrait 4,5 milliards d’euros de réserves.

Une participation bénéficiaire y était ajoutée, portant le rendement annuel à 6 ou 7% certaines années et jusqu’à 9% en 1991. Le rendement moyen était, lui, de 3,44%. "C’était censé être un produit d’appel mais c’est devenu un outil de croissance et, finalement, un vrai cancer, résume Philippe Lallemand, CEO d’Ethias depuis 2017. Mais aujourd’hui, la page est tournée."

De retour dès 2019

Elle est tellement tournée que le patron d’Ethias entend bien revenir sur le marché de l’assurance-vie pour particuliers, et ce "dès janvier 2019. Il serait absurde de notre part de ne pas proposer à nos 1,2 million de clients non-vie des produits d’assurance-vie. Mais bien sûr, on ne commettra plus les mêmes erreurs. On va privilégier l’assurance solde restant dû, la branche 23 (sans garantie), bref, des produits dont la rentabilité et l’impact sur la solvabilité seront maîtrisés."

Comment compte-t-il s’y prendre? "On le fera en distribution digitale en direct, éventuellement en partenariat avec d’autres."

 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content