Pas d'envolée des primes des assurances incendie

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Malgré les catastrophes naturelles, les prix des assurances incendie ne devraient pas monter en flèche. Cette année, la plupart des assureurs devraient se contenter d’indexer leurs primes.

Les ouragans, inondations et autres catastrophes naturelles de l’an dernier auraient pu entraîner une hausse sensible des assurances incendie et habitation en Belgique. C’est du moins ce à quoi on s’attendait en septembre dernier, lorsqu’assureurs et réassureurs se sont rencontrés à Monte Carlo. À ce moment-là, l’ouragan Harvey déferlait sur les Caraïbes et le sud des Etats-Unis, et la région se préparait à subir la fureur d’un second ouragan répondant au doux nom d’Irma.

Et lorsque les réassureurs doivent débourser d’importantes sommes d’argent pour dédommager les assureurs, les taux de réassurance augmentent, ce qui finit par se répercuter sur les primes que les assureurs facturent à leurs clients.

"La crainte de voir les assureurs augmenter leurs primes en cours d’année s’est aujourd’hui dissipée, explique Wauthier Robyns, porte-parole de la fédération belge des assureurs, Assuralia. Au final, les réassureurs ont déboursé moins qu’attendu, entre autres grâce à l’absence de nouvelles catastrophes pendant la deuxième partie de la saison des ouragans aux Etats-Unis." D’après le consultant et courtier en assurance Willis Towers Watson, les assureurs ont pris en charge la majeure partie des dédommagements sans faire systématiquement appel aux réassureurs. Les assureurs veillent également à disposer de capitaux suffisants pour rembourser les dédommagements sans menacer leur équilibre financier.

pourquoi souscrire une assurance incendie?

La loi ne vous oblige pas à souscrire une assurance incendie ou habitation. Il n’empêche, cette assurance peut vous éviter bien des soucis.

L’assurance incendie ne couvre pas uniquement les dégâts matériels provoqués par un incendie, mais aussi par une explosion, une implosion, la foudre, ou la chute d’un arbre. Vous êtes également assuré d’office en cas d’infiltration d’eau ou de rupture d’une canalisation. Par ailleurs, la plupart des polices interviennent en cas de dommages à vos appareils électriques ou de perte du contenu de votre congélateur.

Les assureurs sont obligés de couvrir les conséquences de catastrophes naturelles comme les inondations ou les tremblements de terre.

La plupart des assureurs couvrent également les frais nécessaires pour prévenir des dégâts collatéraux, comme l’installation d’une bâche pour protéger la maison en cas de dommages à la toiture, ou le stockage de vos meubles dans un garde-meubles. La plupart du temps, le vol et les dégâts à votre véhicule ne sont pas couverts.

En Belgique, cette situation s’est déjà traduite ces dix dernières années par une augmentation des tarifs des assurances incendie ou habitation. Assuralia indique que depuis 2005, la prime moyenne a augmenté de 50%, passant de 215 à 326 euros. Suite aux violentes tempêtes de l’été dernier, le nombre de sinistres et les coûts de réparation n’ont fait qu’augmenter. Il suffit aussi de penser aux averses de grêle qui se sont abattues sur le pays lors du week-end de Pentecôte en 2014.

L’augmentation des dépenses a donc déjà été répercutée sur les assurés. Pour citer quelques exemples: en cinq ans, chez KBC, la prime moyenne pour une assurance habitation a augmenté de 10%. Chez Generali Belgium, le coût moyen d’une assurance incendie était de 354 euros en 2017, contre 303 euros en 2013, soit une hausse de près de 17%.

"En 2017, nous n’avons pas connu d’intempéries exceptionnellement graves en Belgique. Pour cette raison, et en l’absence d’augmentation significative des taux des réassureurs, je ne m’attends pas à une forte augmentation des primes des assurances habitation en Belgique en 2018", poursuit Wauthier Robyns.

Indexation ou hausse des prix?

La plupart du temps, les primes des assurances incendie ou habitation sont indexées sur base annuelle. Les prix suivent alors l’évolution de l’indice ABEX. Celui-ci est revu deux fois par an par une équipe de spécialistes, qui calculent le prix de construction d’une habitation privée ou d’un commerce dans l’ensemble du pays, sur base du prix des matériaux et des coûts salariaux.

En novembre 2017, l’indice se montait à 775, ce qui signifie que la construction d’un bien coûte aujourd’hui 775 fois plus qu’au début de la Première Guerre Mondiale en 1914, l’année du lancement de l’indice.

Sur la base de l’évolution actuelle de l’indice ABEX, les primes des assurances incendie devraient augmenter de 2,8%. Une enquête menée auprès des assureurs révèle que notamment KBC Assurances, Axa et Ethias comptent limiter l’augmentation de leurs tarifs à l’indice. Avec une augmentation de 3%, AG Insurance reste également dans cette zone de prix.

En échange de cette indexation, les assurés recevront, en cas d’incendie, l’équivalent de la valeur de reconstruction de leur habitation aux prix actuels, même si la maison a 10 ou 20 ans d’âge.

Quelques assureurs comptent toutefois augmenter leurs tarifs au-delà de l’index. Par exemple, Baloise augmente ses tarifs de 1,5%, en plus de l’indexation de 2,8%, ce qui représente une hausse totale de 4,3%. Le porte-parole de Baloise, Bart Walraet, justifie cette augmentation "par l’élargissement des garanties des assurances habitation, mais aussi par l’augmentation des dépenses suite à la fréquence accrue des tempêtes au cours des dernières années."

Travaux de rénovation

Si vous souhaitez obtenir un dédommagement vous permettant de couvrir tous les frais de reconstruction après un sinistre, vous devez être attentif à plusieurs points.

Premièrement, si vous rénovez ou agrandissez votre habitation, il est possible que la valeur assurée soit inférieure à la valeur réelle de votre maison. Dans ce cas, il est conseillé d’en informer votre courtier ou votre assureur. Votre prime augmentera, certes, mais vous ne risquerez pas d’être insuffisamment dédommagé en cas de sinistre.

Le comparateur d’assurance Mefirst fournit de précieuses informations sur les conséquences possibles d’un tel oubli.

Imaginons que vous achetiez une maison pour 300.000 euros et que vous fassiez des travaux de rénovation qui portent sa valeur à 350.000 euros, par exemple en aménageant deux chambres dans le grenier. Supposons que vous ayez omis d’en informer votre assureur. Un arbre tombe sur le toit et le démolit entièrement. Coût estimé des réparations: 50.000 euros. Dans ce cas, vous ne recevrez pas 50.000 euros, mais 50.000 multiplié par la valeur assurée (300.000), divisée par la valeur réelle (350.000), soit 50.000 x 0,857 = 42.850 euros.

Il est conseillé d’informer votre courtier ou compagnie d’assurance si vous réalisez des investissements coûteux en vue de réaliser des économies d’énergie ou si vous installez des panneaux solaires, comme le suggère Axa.

La plupart des polices d’assurance habitation assurent également le contenu du bien. Si vous remplacez vos vieux meubles par des antiquités de valeur, pensez à en informer votre assureur.

Il se peut que vous ayez déterminé le montant à assurer la sur base d’une grille d’évaluation où vous avez déclaré le nombre de pièces de votre habitation. Dans ce cas aussi prévenez votre courtier ou votre assureur en cas d’agrandissement ou de modification de votre habitation. L’impact n’est pas toujours négatif sur le montant de la prime. "Imaginons un jeune couple qui achète une maison des années’50, avec cuisine, salle à manger et salon séparés. S’ils démolissent les murs intérieurs pour en faire un vaste séjour avec cuisine ouverte, cela peut réduire le montant de la prime", explique Wauthier Robyns.

Dernier conseil: lors de la souscription de votre police d’assurance, faites-vous toujours expliquer les principales conditions, exclusions et dédommagements maximums, afin de vous assurer que vous serez toujours remboursé sur base de la valeur à neuf (ou valeur de reconstruction). Mais cela ne signifie pas que les assureurs ne fixent aucune limite aux montants du dédommagement pour le bâtiment, son contenu, ainsi que le nombre de nuitées que vous devrez passer à l’extérieur en cas de sinistre.

Enfin, tenez compte du fait que la plupart des assureurs travaillent avec une franchise.

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