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Trop chers les soins dentaires?

©ANP XTRA

Sans doute, car 45% des Belges s’inquiètent d’avoir besoin un jour de soins dentaires et 40% en redoutent l’impact financier. Or, ils sont seulement 5% à disposer d’une assurance dentaire. Quel budget prévoir?

Les soins dentaires inquiètent tout particulièrement les Belges, d’après les conclusions de l’édition 2018 du Baromètre DKV. De fait, c’est une source de préoccupation pour près de la moitié d’entre eux (45%). Parmi cette frange de la population, ils sont 57% à redouter les problèmes financiers qui en découleraient. À juste titre?

Oui! Par exemple, la pose d’un appareil dentaire pour un enfant de 12 ans revient à 2.505 euros. Il y a bien une intervention de la mutualité, mais celle-ci est insuffisante (922 euros) pour couvrir la totalité des frais. Il reste donc un montant non négligeable de 1.583 euros à payer!

Même topo pour la dévitalisation et la pose d’une couronne suite à une chute. La facture totale s’élève à 1.200 euros dont 989 euros à charge du patient (après intervention de la mutuelle).

Parmi ceux qui ont peur de l’éventuel impact financier d’une visite chez le dentiste, 7 personnes sur 10 ont déjà envisagé de postposer un rendez-vous en raison des frais que cela implique. Cette justification arrive même avant l’excuse de la douleur.

"Pourtant, un suivi préventif régulier est primordial pour s’assurer d’avoir une bonne dentition et éviter des problèmes potentiellement lourds à terme, prévient Birgit Hannes, membre du Comité de direction de DKV. C’est un mauvais calcul d’attendre que des problèmes surviennent, car, outre les désagréments et la douleur, ils nécessitent des traitements beaucoup plus onéreux."

20%
La proportion de Belges
Près de 2 Belges sur 10 (en particulier chez les moins de 45 ans) ont envisagé de reporter un traitement dentaire pour pouvoir se payer des vacances…

5% de la population assurée

Une assurance peut donc faire la différence. Or, seulement 5% des Belges en ont souscrit une (alors que 8 Belges sur 10 ont une assurance hospitalisation). À titre de comparaison, c’est nettement moins que nos voisins allemands (18%), néerlandais (62%) ou même français (95%), qui sont pour le coup les champions de l’assurance dentaire.

Selon le Baromètre DKV, pour la moitié des Belges n’ayant pas souscrit une assurance complémentaire (52%), le prix est le frein principal. Et c’est particulièrement le cas pour l’assurance soins dentaires. "Or, selon les chiffres de l’OCDE, en 2016, les dépenses privées des Belges pour les soins dentaires étaient de 784 millions d’euros, soit 45% du total des frais liés à ces soins, explique Birgit Hannes. On voit donc au travers de ces chiffres que les Belges paient beaucoup de leur poche, car ils ne sont pas bien assurés."

Combien ça coûte?

Difficile de répondre clairement à cette question, car le montant de la prime dépend — un peu comme pour l’assurance d’une voiture — de très nombreux facteurs. Si l’âge de l’assuré est la base chez chaque assureur, certains prennent aussi en compte l’âge de l’assuré au moment de la souscription. Par exemple, Dento+ de la Mutualité Chrétienne revient à 8,35 euros/mois pour les 30-49 ans (7,51 euros/mois en cas de souscription aussi à l’assurance Hospi), à condition d’avoir souscrit cette offre avant l’âge de 45 ans.

Certains assureurs ajoutent la date de début de l’affiliation dans leur segmentation. Par exemple, auprès des Mutualités Libres, les personnes affiliées après le 1er janvier 2011 et âgées de plus de 40 ans à ce moment-là, voient leur cotisation majorée de 35 à 70% en fonction de leur âge.

De manière générale, la prime mensuelle évolue entre la gratuité (pour les enfants jusqu’à 9 ans) et des montants supérieurs à 20 euros. Plus les contrats d’assurance dentaire sont souscrits tôt, moins les primes seront élevées au fil des années.

→ Attention, la majorité des assurances soins dentaires ont des montants annuels couverts qui évoluent au fil des ans, prévient Birgit Hannes. La première année, l’intervention tourne aux alentours des 500 euros, mais après trois ou quatre ans (en fonction des assurances), le montant maximum est atteint et tourne alors autour des 1.000 à 1.500 euros. "Il est donc important de souscrire suffisamment tôt, afin de pouvoir bénéficier des montants maximums en temps voulu", insiste-t-elle.

Fournir un tableau comparatif simplifié des assurances dentaires est impossible. Ce qui est sûr, c’est que cette assurance est loin d’être superflue. Vous avez tout intérêt à en souscrire une. Et le plus tôt sera le mieux...

Quels frais sont couverts?

Il ressort également du Baromètre DKV que 3 Belges sur 10 ignorent les frais couverts par une assurance soins dentaires. "Ils sont nombreux et couvrent tout ce dont une personne a besoin pour avoir une bonne santé buccale, répond Birgit Hannes. Il s’agit des soins préventifs (contrôle annuel, détartrage, etc.), des soins conservateurs (extraction de dents, plombages, etc.) et des traitements avancés, comme l’orthodontie, les implants, les couronnes, les bridges ou encore la parodontologie."

©Mediafin

Mais les Belges ont-ils réellement besoin d’une couverture aussi large alors que, selon le dernier rapport de l’INAMI concernant la santé bucco-dentaire en Belgique (2012-2014), seuls 15,3% des Belges se sont fait installer une prothèse amovible et seulement 5,7% une couronne ou un bridge? "Oui, car ces faibles pourcentages ne reflètent pas les réels besoins, vu que tout le monde n’a pas les moyens de payer plus de 1.000 euros pour une prothèse, une couronne ou un bridge", indique-t-elle. Bon nombre de Belges se voient dès lors contraints de vivre avec une dentition incomplète, malgré les désagréments que cela pourrait occasionner.

Comment choisir?

Comparer les assurances dentaires disponibles sur le marché est une tâche ardue, car chacune a ses particularités. Voici néanmoins quelques éléments auxquels faire attention dans les conditions générales avant de signer un contrat.

1. Le questionnaire médical. DKV est le seul assureur à l’imposer (mais c’est aussi celui qui offre les montants couverts les plus élevés). Les mutualités ne refusent personne et n’excluent pas non plus certaines dents.

2. Le stage. De manière générale, un stage de 6 mois est imposé. Selon les assureurs, il grimpe à 12 ou à 36 mois en fonction des soins. En cas d’accident, il peut éventuellement être ramené à zéro mois.

3. Le devis préalable. Avant d’entamer des soins onéreux, certains assureurs exigent un plan de traitement (qui doit parfois être accepté au préalable par l’assureur).

4. La territorialité de la garantie. Certains assureurs autorisent des soins à l’étranger tant que l’intervention a lieu dans des pays frontaliers.

5. Le comportement préventif. Une partie des assureurs "impose" une visite annuelle chez le dentiste. À défaut, le pourcentage de l’intervention en cours d’année peut régresser ou même disparaître selon les cas.

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