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Forte hausse attendue pour plusieurs assurances-hospitalisation en 2016

Une indexation des primes basée sur l’indice des prix à la consommation est insuffisante pour suivre la hausse des frais hospitaliers. En attendant la réinstauration de l’index médical, certains assureurs augmenteront fortement certaines primes ce 1er janvier. C’est le cas de la Mutualité chrétienne qui augmentera de 17% les primes de son assurance-hospitalisation Hospi +200.
©SCHULZ/MAXPPP/MAXPPP

Le couperet est tombé: le 1er janvier prochain, la prime de l’assurance-hospitalisation "Hospi + 200" de la Mutualité chrétienne augmentera de 17%. Cette assurance complémentaire se destine aux particuliers qui souhaitent obtenir le remboursement des suppléments en chambre individuelle et des suppléments d’honoraires, ainsi que des frais médicaux engagés avant et après l’hospitalisation.

80%
Le pourcentage de Belges qui bénéficient d’une assurance- hospitalisation.

Cette hausse ne concerne donc pas "Hospi solidaire", qui est comprise dans la cotisation de l’affilié. Ni les autres produits d’assurance hospitalisation complémentaire. En effet, "Hospi +"et "Hospi + 100" seront simplement indexés en janvier en fonction de l’indice des prix à la consommation.

Inflation des suppléments

"Cette décision d’augmenter fortement cette prime est en lien avec les augmentations constatées dans notre dernier baromètre hospitalier", se justifie Jean Hermesse, le secrétaire général de la Mutualité chrétienne. Pour rappel, les suppléments d’honoraires demandés en chambre individuelle ont augmenté de 6,3% en 2014. Un record. "Nous nous attendons au même type d’augmentation en 2015 étant donné que certains hôpitaux ont modifié leur règlement sur les suppléments d’honoraires et que ceux-ci sont passés de 100% à 200%. Forcément, toutes les assurances qui assurent au-delà de 100% vont être impactées et devront elles-aussi revoir à la hausse leurs primes."

Hausse de 18,20% d’ici 2018

C’est déjà le cas pour PartenaMut, un membre des Mutualités libres, qui a prévu des adaptations tarifaires en janvier pour ses contrats Hospitalia et Hospitalia Plus. "Afin de suivre l’évolution des coûts des hospitalisations, ces primes augmenteront de 5,15% à 6,25% en fonction de l’âge des affiliés au moment de la souscription."

PartenaMut annonce déjà que cette hausse sera suivie ensuite par deux nouvelles augmentations en 2017 (de 5,58 à 6,10%) et en 2018 (de 5,20 à 5,85%). Ce qui fera au total une majoration comprise entre 15,93 et 18,20% sur 3 ans. "L’étalement de l’augmentation sur 3 années se justifie par notre volonté d’en limiter au maximum l’impact pour les affiliés, tout en garantissant l’attractivité d’Hospitalia à long terme", se défend PartenaMut.

©BELGA

Cette hausse des primes sert également à constituer les réserves financières dites de "vieillissement", qui est une obligation légale pour les assureurs qui doit permettre d’assurer le futur de tous les affiliés.

Comme Jean Hermesse, les Mutualités Libres s’attendent donc à ce que d’autres assureurs privés et mutualistes suivent cette tendance. "Nous avons eu beaucoup d’échos à ce sujet, ce qui est logique vu que tout le monde est confronté aux mêmes tendances et aux mêmes contraintes réglementaires."

Un petite coup de sonde auprès d’AG Insurance, de la DKV, et des Mutualités socialistes nous indique cependant que ce n’est pas encore le cas. Ces assureurs prévoient bien tous d’augmenter leur prime en janvier mais il s’agit d’une indexation annuelle qui suit l’indice des prix à la consommation et qui ne dépasse même pas les 2%. Seul Ethias ne prévoit aucune indexation.

"Depuis plusieurs années, l’indice des prix à la consommation est largement insuffisant pour suivre l’évolution des remboursements hospitaliers."

Un retour de l’index médical?

En pratique, il existe deux manières pour les assureurs de procéder à la modification d’une prime d’assurance-maladie. Ils peuvent soit l’adapter en fonction de l’indice des prix à la consommation. Soit en demandant une autorisation à la Banque nationale de Belgique (pour les assureurs privés) ou à l’Office de contrôle des mutualités et des unions nationales de mutualités. Ces instances décident alors d’accorder ou non une adaptation de prime en fonction des résultats de l’assureur.

C’est justement la démarche qui a été entreprise par les Mutualités libres et la Mutualité chrétienne cette année, et par la DKV l’année passée. "Depuis plusieurs années, l’indice des prix à la consommation est largement insuffisant pour suivre l’évolution des remboursements hospitaliers", selon les Mutualité libres. Il est actuellement proche de zéro, même négatif certains mois, ce qui n’est effectivement pas tenable à long terme vu l’envolée des coûts hospitaliers.

Selon Wauthier Robyns, le porte-parole d’Assuralia (l’Union professionnelle des entreprises d’assurances), certains assureurs n’ont donc pas encore augmenté leurs primes car ils sont dans l’attente d’une décision du ministre de l’Economie, Kris Peeters, pour la réinstauration d’un index médical. Cet index (qui se compose de quatre indicateurs qui reflètent les coûts d’une chambre seule, d’une chambre à deux lits, d’une prestation en soin dentaire et de soins ambulants) était passé à la trappe en 2012 car il n’était pas parvenu à maintenir la hausse des primes sous contrôle. Son retour ne se fera en tous cas pas avant juillet 2016. Wait and see…

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