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Pourquoi la prime de votre assurance habitation augmente-t-elle sans cesse?

Vous avez le sentiment que votre prime d’assurance habitation grimpe de plus en plus vite, alors que l’inflation est limitée? A priori, vous voyez juste. La hausse de la fréquence et du coût des sinistres est en cause. Mais aussi la faiblesse des taux...
©Shutterstock
+50%
L’augmentation des primes d’assurance habitation au cours des dix dernières années en Belgique.

C’est presque systématique: lorsque vous recevez, à l’échéance de votre contrat d’assurance habitation, un avis de paiement pour l’année suivante: vous vous apercevez que votre prime a augmenté. Et souvent, nettement plus que l’inflation. À force d’augmentations successives, le prix des assurances habitation a ainsi explosé de 50% depuis 2006, selon des chiffres fournis par l’Observatoire des prix du SPF Économie. Or, sur la même période, l’inflation a seulement atteint 20% et l’indice Abex 22%. Le prix des assurances est censé évoluer notamment en fonction de cet indice, qui suit l’évolution du coût de la construction en immobilier résidentiel. Logique, étant donné que les assureurs s’engagent à réparer votre habitation à l’identique en cas de sinistre.

Mais pourquoi les primes ont-elles augmenté deux fois plus vite que les coûts de construction? Faut-il y voir une sorte d’abus généralisé chez les assureurs? Pas vraiment…

Mieux couverts

Car l’assurance habitation que l’on connaît aujourd’hui a bien évolué. Auparavant, on l’appelait "assurance incendie". Elle ne couvrait que les dégâts matériels consécutifs à un incendie ou à un risque apparenté. Au fil du temps, le champ d’application de l’assurance contre l’incendie s’est continuellement élargi.

"Depuis l’introduction des catastrophes naturelles, l’évolution du taux des primes y affecté a plus que doublé sur le marché, afin de faire face à l’évolution des dommages pour événements climatiques."
Gerrit Feyaerts
AG Insurance

Ainsi, les primes ont nettement augmenté au cours de l’année 2006 – d’environ 10% — lorsque les compagnies ont été obligées d’ajouter la couverture "catastrophes naturelles" dans leurs contrats. De plus, comme l’explique Gerrit Feyaerts, porte-parole d’AG Insurance, "depuis l’introduction des catastrophes naturelles, l’évolution du taux de primes y affecté a plus que doublé sur le marché, afin de faire face à l’évolution des dommages pour événements climatiques (inondations et glissements de terrain, tempêtes, orages, grêles, pluies abondantes plus fréquentes, périodes de gel extrêmes, etc.)".

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Les charges de l’assureur sont composées de deux facteurs principaux: la fréquence des sinistres et le coût de leur réparation. "La fréquence est passée de 5,01% en 2006 à 7,81% en 2014, tandis que le coût moyen par sinistre est passé de 2.002 euros à 2.336 euros (le montant de l’intervention de l’assureur, donc hors franchise)", explique Wauthier Robyns, le porte-parole d’Assuralia. La fréquence a donc augmenté de plus de 50%, tandis que le coût moyen a grimpé de plus de 10%.

Taux bas

D’autant plus que les revenus des assureurs ne sont pas seulement constitués par les primes, mais aussi par les rendements obligataires que génèrent les provisions et les réserves constituées. Si le rendement baisse – et il est au plancher depuis plusieurs années dans un environnement de taux bas persistants –, alors ce sont les assurés qui doivent compenser via une augmentation de leur prime d’assurance…

Et la tendance n’est pas près de changer… "Toutes les études des spécialistes montrent que le réchauffement climatique impliquera que les choses n’iront pas en s’améliorant bien au contraire: plus de périodes d’orages, de pluies intenses et de sécheresse, de phénomènes tempétueux et de variations fortes de température", explique Gerrit Feyaerts, en précisant que "l’assurance Incendie couvre les dommages de grêle, de tempête, d’inondations, de foudre, mais aussi les conséquences du gel et du dégel en dégâts des eaux ou les infiltrations d’eau par les toits…"

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