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Ma voiture diesel: stop ou encore?

Si votre véhicule fait partie de ceux qui seront bientôt interdits à Bruxelles ou ailleurs, devez-vous vous précipiter pour le revendre? Quelle sera sa valeur de revente auprès d’un concessionnaire ou d’un particulier? Quel type de véhicule devez-vous désormais acheter? Voici un petit récapitulatif de la situation.
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Si vous habitez (ou que vous vous rendez régulièrement) à Bruxelles, il vous faudra montrer patte "blanche" dès 2018 pour pouvoir y rouler en voiture. La Région a en effet décidé de se débarrasser des véhicules les plus polluants en instaurant une zone de basse émission (aussi appelée "LEZ" pour Low Emission Zone) sur son territoire. Les véhicules diesel très anciens seront directement concernés, tandis que les autres seront interdits graduellement. Seuls ceux construits sous la norme Euro 6 (depuis 2015) auront encore accès au territoire sans restriction.

1/ Quels sont les véhicules concernés?

Les véhicules diesel sont les plus visés. Pour l’essence, seules les normes "Euro" 1 et sans norme Euro seront interdits dans la capitale dès 2019 (la norme Euro est indiquée sur la carte grise du véhicule, ndlr). Ensuite, les normes "Euro 2" seront interdites en 2025. Pour le reste, pas d’interdiction.

"Les véhicules diesel qui ont une norme Euro 4 construits entre 2006 et 2010 vont dévaluer très rapidement."
Marco Smeesters
fondateur du courtier "l’agence automobile"

Concernant les véhicules diesel, les normes "Euro 1" et sans norme seront interdits dès 2018. Les véhicules diesel plus récents seront interdits graduellement, jusqu’à l’interdiction de la norme "Euro 5" en 2025. La norme "Euro 6", c’est-à-dire celle des véhicules diesel construits depuis 2015, n’est pas impactée.

L’amende, après avertissement, s’élève à 350 euros pour les contrevenants.

2/ Les non-Bruxellois sont-ils à l’abri?

Oui et non. La zone de basse émission concerne tout le territoire régional "mais dans tous les cas, les véhicules pourront toujours emprunter le Ring et ses voies d’accès", selon Lez.brussels, le portail d’informations officiel de la Région bruxelloise. "Les routes qui mènent à certains parkings de transit (Ceria-Coovi, Stalle, Kraainem) seront accessibles pour ne pas pénaliser les automobilistes qui souhaitent utiliser le métro pour se rendre en ville."

Cependant, la création de zones de basse émission est en pleine croissance partout en Europe. Tous les automobilistes risquent donc d’être concernés à court, moyen ou long terme. En Belgique, Anvers a été la pionnière. Sa LEZ est active depuis février dernier. Malines suivra en 2018 et Gand en 2020.

Au sud du pays, les autorités planchent actuellement sur la mise en œuvre d’un cadre légal pour l’instauration de LEZ sur le territoire wallon, d’après le quotidien "Vers l’Avenir". Ce cadre est attendu pour 2018. Il laissera ensuite aux villes et communes le choix de mettre en œuvre ou non des zones à restriction de la circulation (de manière temporaire ou permanente).

Chez nos voisins européens, la liste de villes ayant aménagé des zones environnementales est bien plus longue. C’est entre autres le cas de Londres, Paris, Rotterdam, Utrecht, mais aussi de très nombreuses villes en Allemagne (dont Berlin, Cologne ou Hanovre).

Par ailleurs, en cas de pic de pollution, les villes françaises de Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier et Strasbourg peuvent désormais limiter temporairement l’autorisation de circulation de certains véhicules sur la base du numéro de leur vignette CRIT’Air (obligatoire même pour les véhicules étrangers). Par exemple, Paris est interdite en semaine de 8h à 20h aux véhicules qui portent la vignette verte estampillée d’un chiffre 5. Il s’agit notamment des voitures particulières diesel commercialisées avant 2001.

3/ Faut-il revendre un véhicule diesel avant qu’il ne perde trop de valeur?

Cela dépend de la norme Euro qui était en vigueur lorsque le véhicule diesel a été construit. Selon Marco Smeesters, fondateur de l’Agence automobile, un courtier entre acheteur et vendeur de véhicule d’occasion, "les véhicules diesel qui ont une norme Euro 4 construits entre 2006 et 2010 vont dévaluer très prochainement". Ils seront en effet interdits dès 2022 à Bruxelles. "Les propriétaires ont donc intérêt à les revendre sans trop traîner. Mieux vaut anticiper la vente pendant que le véhicule a encore une valeur marchande. D’autant plus qu’il y a encore des débouchés actuellement, que ce soit dans certains pays européens, notamment de l’Est, qui n’ont pas encore mis en place les zones de basse émission, ou auprès d’un particulier qui a un usage routier ou autoroutier de son véhicule", poursuit-il.

Selon lui, le marché va ensuite se réduire, ce qui débouchera sur des ventes plus difficiles (plus longues) ou à moindre prix. Dans cette logique, les véhicules norme Euro 5 sont un peu plus à l’abri (ils ne seront interdits qu’en 2025) tandis que ceux qui ont été construits sous la norme Euro 6 n’ont rien à craindre. Nul besoin de se presser pour les revendre.

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Pour Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen, rien n’a changé pour la valeur de revente des véhicules depuis l’annonce du passage de Bruxelles en zone base émission. Et rien ne devrait non plus changer à priori dans les mois ou les années à venir. Il n’y donc pas lieu pour lui de se précipiter pour revendre son véhicule. "La combinaison du contrôle technique et du Car-Pass (la garantie officiel du kilométrage réel, ndlr) permet aux voitures belges d’occasion d’avoir une cote très élevée en Europe", déclare-t-il. Autrement dit, les occasions belges sont en quelque sort certifiées et donc très demandées à l’étranger."

Ceci dit, pour ceux qui sont quand même pressés de revendre leur véhicule et qui souhaitent par la même occasion acquérir une voiture moins polluante, notez que certains constructeurs offrent actuellement une prime. C’est le cas de BMW. "D’ici la fin de l’année, pour tout achat d’une nouvelle voiture lors de la revente d’un véhicule correspondant aux normes en-dessous d’Euro 5, nous offrons une remise complémentaire à la reprise allant jusqu’à 2.000 euros", selon son porte-parole, Christophe Weerts.

Avec sa prime à l’échange, Mercedes se situe dans la même optique. "Afin de favoriser la transition vers un environnement plus propre, nous offrons en ce moment un avantage financier à l’achat d’une nouvelle voiture, explique le constructeur. Si vous échangez votre voiture actuelle diesel pour une nouvelle Mercedes-Benz Diesel, Essence ou Plug-In Hybrid de norme Euro 6, vous recevez une prime à l’échange de 2000 euros. Si vous optez pour une Smart Essence ou Electric Drive, alors cette prime à l’échange sera de 1000 euros."

Cette prime est un complément au montant de la valeur résiduelle du véhicule (ceux de norme Euro 1, 2 ou 3 qui seront envoyés à la casse) qui est déterminée par un organisme indépendant. Dans le cas des véhicules Euro 4, c’est un complément au montant de la valeur du marché; Celle-ci est déterminée par le concessionnaire.

De son côté Toyota envisagerait de lancer une action spéciale en rapport avec la LEZ de Bruxelles, d’après Aurélie Gerth, sa porte-parole.

4/ Quels types de voiture acheter désormais?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord déterminer votre profil d’utilisateur, explique Jean-Marc Ponteville. "Quels sont vos besoins? Combien de kilomètres allez-vous faire? Quels types de trajets? Dans quelles régions (disponibilité des carburants et/ou des stations de recharges par exemple)? Chaque modèle correspond de manière privilégiée à un profil d’utilisateur."

De manière générale, les véhicules électriques sont particulièrement adaptés pour la circulation citadine et les modèles diesels pour ceux qui roulent beaucoup. "À ce propos, les véhicules diesel Euro 6 peuvent circuler dans les LEZ, nuance-t-il. On fait actuellement un faux-procès au diesel à cause des voitures diesel de normes Euro 1,2,3 encore en circulation et qui polluent énormément. Mais les progrès en matière de pollution ont depuis été rapides et gigantesques."

Un modèle à essence est très polyvalent, plus efficace qu’un diesel pour les petits trajets mais émet davantage de CO2 par kilomètre parcouru qu’un véhicule diesel.

Pour réduire les émissions de CO2, ceux qui n’ont pas le budget pour se payer une voiture électrique peuvent éventuellement se rabattre sur des modèles roulant au gaz naturel ou CNG (à ne pas confondre avec le LPG). "Fiable, économique et intéressant du point de vue environnemental, ce carburant fossile peut aussi être produit de manière totalement neutre en CO2", ajoute Jean-Marc Ponteville. En outre, il émet 46% de particules fines en moins par rapport au diesel Euro 6.

Même si ce carburant est moins cher que l’essence et le diesel (environ 0,80 euro/kilo), il manque encore de popularité en Belgique francophone. C’est probablement dû à son autonomie (350 km) et au nombre de stations-services disponibles sur le territoire (une centaine d’ici fin 2017). Celles-ci sont pour la plupart situées en Flandre — il s’agit souvent de pompes Dats — tandis qu’on n’en trouve qu’une seule en région bruxelloise, plus précisément à Anderlecht.

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Ceci dit les choses évoluent petit-à-petit et on en compte déjà une trentaine en Wallonie. De plus les véhicules CNG sont hybrides: ils sont équipés d’un double réservoir qui permet au moteur de fonctionner à l’essence quand le gaz est épuisé. Il n’y a donc pas vraiment de risques de panne…

Il existe aussi les hybrides électriques: l’hybride plug-in et le full hybride. Dans le premier cas, le véhicule se recharge à l’aide d’un câble. Dans le second, il se recharge tout seul grâce au freinage régénératif. "Cela fonctionne comme la dynamo d’un vélo, explique la porte-parole de Toyota. L’énergie ainsi produite est 100% durable."

Enfin, pour vous aider dans votre futur choix, consultez le site ecoscore.be. Il permet de comparer toutes les voitures du marché: plus le score d’un véhicule est élevé, plus la voiture est écologique…

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