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Tout ce que vous devez savoir sur les voitures "sans permis"

Appelé à tort "voiture sans permis", le quadricycle est une alternative crédible pour les petits trajets. Voici ses avantages et ses inconvénients.
Ami de Citroën débarquera l'année prochaine en Belgique, pour un prix estimé à 6.900 euros. ©REUTERS

Dans le «nouveau monde» (initié par la crise pandémique), une partie des Belges ont déjà changé leurs habitudes de mobilité, tandis que d’autres envisagent très sérieusement de le faire. De fait, la fréquentation des transports publics atteint aujourd’hui 50 à 75% du niveau d'avant le confinement.

Bien sûr, cette baisse s'explique par la généralisation du télétravail. Mais ce n’est pas la seule explication. D’après un rapport de Deloitte Global (publié à la mi-juillet), 43% des Belges prévoient de limiter leur utilisation des transports publics au cours des trois prochains moins afin de réduire les risques d’infection.

Les Belges se dirigent à nouveau vers une forme de propriété de leur moyen de déplacement.
Antoine Delhaize
Expert chez Bisnode

Selon une autre étude réalisée par le bureau d'analyse de données Bisnode (publiée fin août), un Belge sur quatre dit vouloir changer sa manière de se déplacer à la suite de la crise du coronavirus, avec plus de mobilité douce pour les uns (dont déjà un bond de 300% des ventes de vélo cette année, NDLR) et une plus grande utilisation de la voiture pour les autres.

En effet, 40% des personnes interrogées ont affirmé vouloir investir dans un vélo ou une trottinette, et plus des 10% de répondants envisagent de mettre de l'argent dans une voiture ou une moto. «Ces chiffres nous montrent simplement que les Belges se dirigent à nouveau vers une forme de propriété de leur moyen de déplacement», relève Antoine Delhaize de Bisnode.  

Permis AM

Et Citroën entend bien surfer sur la vague avec AMI, son nouveau micro véhicule électrique, qui permet de rester dans sa propre bulle tout en se protégeant des intempéries. En pratique, il s’agit d’un quadricycle dont la vitesse est limitée à 45 km/h.

Celui-ci n’est donc pas autorisé à circuler sur autoroute ni sur les routes destinées aux automobiles (par exemple, la petite ceinture bruxelloise, NDLR). En revanche, sa conduite est accessible dès 16 ans, moyennant l’obtention d’un permis AM.

Aixam est la marque de quadricyle la plus vendue en Belgique. ©Hollandse Hoogte / Philip Vanoutrive

Il en va de même pour toutes ces voiturettes de marques Aixam, Bellier, Casalini, Chatenet, Ligier ou encore Microcar, qui sont appelées à tort des «voitures sans permis». Seules les personnes nées avant le 15 février 1961 sont dispensées de permis pour conduire un quadricycle, c’est-à-dire un véhicule dont la masse à vide est inférieure ou égale à 425 kilos (ce poids ne doit pas tenir compte des éventuelles batteries de propulsion du véhicule, NDLR).

Pour les autres, il est nécessaire d’avoir au moins un permis de catégorie AM, appelé aussi permis cyclo ou scooter. L’examen théorique revient à 15 euros et le pratique à 10 euros.

D’ailleurs, ce sont généralement les coûts associés à ce type de véhicule de niche qui attirent les acheteurs. Il n’y a pas de taxe de circulation, la consommation des modèles roulant au diesel est faible (3 litres/100 km), l’entretien est relativement peu coûteux, tandis que le contrôle technique n’est pas obligatoire.

Assurance

En outre, la prime d’assurance de la RC obligatoire est aussi moins élevée. Attention, chez certains assureurs, le montant de la prime peut différer en fonction de plusieurs paramètres dont l’âge du conducteur, alors que chez d’autres, il s’agit d’un montant forfaitaire. Par exemple, chez KBC, la RC obligatoire coûtera 507 euros pour un conducteur de 19 ans alors qu’elle ne coûtera que 279 euros pour une personne âgée de 60 ans.

Comparez les offres des assureurs. La prime pour la RC peut coûter entre 113 et 507 euros.

En revanche, cette prime est forfaitaire chez Belfius et Ethias. Mais cela vaut quand même la peine de comparer les offres, car dans le premier cas, elle s’élève à 229 euros et à 113 euros dans le second cas.

Notez que les assureurs recommandent aussi pour ce type de véhicule une garantie protection du véhicule de type mini-Omnium, une garantie protection juridique et une assurance conducteur (pour couvrir les dommages corporels du conducteur en cas d’accident en tort).

Prix

Même si les coûts d’utilisation restent faibles par rapport à une voiture traditionnelle, le coût d’acquisition d’un quadricycle reste élevé: en moyenne 12.000 euros. Il y a déjà un Aixam à partir de 9.499 euros ou une Microcar à partir de 9.995 euros.

Cela dit, certaines petites voitures neuves sont également accessibles dans cette fourchette prix. Par exemple, la Toyota Aygo (8.810 euros) ou la Citroën C1 (9.270 euros).

"Les occupants de ces voiturettes légères sont bien plus en danger qu’ils ne sont un danger pour les autres."
Benoît Godart
Porte-parole de Vias

D'ailleurs, vu le faible poids des quadricycles et par conséquent la faible résistance de la carrosserie, il vaudrait toujours mieux privilégier une voiture traditionnelle pour plus de sécurité sur la route. «Les occupants de ces voiturettes légères sont bien plus en danger qu’ils ne sont un danger pour les autres», prévient Benoît Godart, le porte-parole de Vias (l’ex-Institut belge pour la sécurité routière).

Enfin, les quadricycles à propulsion électrique sont généralement plus chers. Mais il y a des exceptions. La Renault Twizy 45 revient à 8.440 euros (pour le modèle avec batterie incluse plutôt que la location), tandis que l’AMI de Citroën sera bientôt disponible à un prix estimé à 6.900 euros.

Voire moins, car ces deux véhicules sont éligibles à une réduction d’impôt de 15 % sur la valeur d’achat d’un véhicule électrique (avec un plafond de 5.150 euros). Soit une réduction de 1.035 euros dans le cas de l’AMI ou de 1.266 euros dans le cas de la Twizy.

Il existe un modèle bridé à 45 km/h pour la Renault Twizy. ©IMAGEGLOBE

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