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Échanger votre voiture de société contre du cash, un bon deal?

On n’en sait pas beaucoup plus qu’en début de semaine sur ces fameux 450 euros que votre employeur pourrait vous accorder si vous lui rendez les clés de votre voiture de société. Mais tout de même, le chiffre a été lancé. Et il est inférieur au budget moyen de leasing auto professionnel en Belgique…
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C’est un peu "le" sujet de la semaine pour beaucoup (400.000) d’entre vous. Le gouvernement a annoncé dimanche lors de la présentation du budget que les bénéficiaires d’une voiture de société (qui peuvent l’utiliser pour leurs déplacements privés) pourraient à l’avenir convertir cet avantage en salaire net supplémentaire. Le vice-premier Ministre Didier Reynders a été le premier — et le seul — à parler d’un montant de 450 euros. Mais en fin de semaine, on se dirigeait davantage vers la mise en place d’un "budget mobilité", dont le cash serait une des possibilités à côté du choix de moyens de transports alternatifs. Il nous revient aussi que les ministères concernés doivent se mettre d’accord sur les modalités de la mesure pour avril 2017, avec une mise en œuvre qui pourrait difficilement intervenir avant l’automne. Bref, c’est encore un peu flou.

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Mais partons tout de même de ce montant de 450 euros (qui n’a sans doute pas été annoncé tout à fait par hasard…). Auriez-vous intérêt à lâcher votre voiture de société pour prendre le cash? Bien sûr, la réponse est plus facile pour ceux qui n’utilisent jamais leur voiture de société (parce qu’ils habitent tout près de leur travail, que leur conjoint(e) en a déjà une, etc.) et qui ne vont jamais au ski ou dans le sud de la France en faisant un gros plein à Habay, profitant une dernière fois leur carte essence avant de passer la frontière.

Ils seraient donc sans doute disposés à renoncer à leur voiture de société, d’autant plus qu’il existe une multitude de moyens de transports alternatifs et de possibilités d’utiliser une voiture "à la carte" sans devoir en posséder une.

Mais selon la Febiac, la Fédération belge de l’automobile et du cycle, "dans le scénario (imaginaire) où les ‘voitures salaires’seraient amenées à disparaître, un maximum de 20% des utilisateurs actuels peuvent et souhaitent migrer vers un moyen de locomotion autre qu’une voiture privée pour leurs déplacements domicile-lieu de travail". Huit personnes sur dix choisiraient donc de racheter une voiture personnelle si elles perdaient leur voiture de société.

Or, le budget moyen de leasing auto pour les voitures de société en Belgique tourne autour de 560 euros HTVA, selon des chiffres fournis par Renta, la Fédération belge des loueurs de voiture. S’ils veulent se tourner vers des offres de leasing privé, les prix sont de manière générale moins élevés mais les conditions sont différentes: "vous pouvez faire 10.000 km par an, contre 30.000 avec une voiture de leasing professionnelle. Et puis vous ne pouvez pas personnaliser une voiture de leasing privé, c’est beaucoup moins flexible", explique Frank Van Gool, le directeur général de Renta.

Mais ce qui va vraiment être déterminant, c’est le facteur "carburant". Car la plupart du temps, ceux qui ont une "voiture salaire" ont également la carte essence qui va avec. Bien sûr, cela dépend des situations (indépendant, voiture de société d’un commercial, "voiture salaire" d’un cadre sédentaire, etc. ), mais le kilométrage moyen annuel pour un véhicule de société est de 28.500 kilomètres, poursuit Frank Van Gool. Si l’on se base sur une consommation moyenne de 7 litres/100 km, on arrive à une consommation d’environ 2.000 litres par voiture et par an. À 1,2 euro le litre, cela représente une dépense mensuelle d’environ 200 euros qu’il faudra ajouter dans la balance. Et pour une voiture privée, il y a tous les "à-côtés": l’assurance, les entretiens, les réparations, les pneus hiver et les coûts et tracas en cas d’accident.

Si l’idée de renoncer à sa voiture de société risque donc de séduire peu d’utilisateurs, celle d’un budget mobilité dans lequel le bénéficiaire pourrait choisir un véhicule plus petit, moins polluant, et allouer le surplus à d’autres solutions de mobilité ou à une augmentation en cash pourrait donc intéresser plus de personnes.

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