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Le cours du pétrole baisse, pas les prix à la pompe

Depuis début mai, les cours pétroliers exprimés en dollar ont reflué de près de 15%. Pourtant, l’automobiliste n’a pas pu profiter de cette baisse. Pour quelle raison?
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(mon argent) – Depuis début mai, le prix du baril de Brent a reflué de 88 à 74 dollars en début de semaine, conséquence directe de la crise en Europe. Les investisseurs craignent que les dettes publiques des pays de la zone euro ne compromettent le redressement de l’économie et tirent la demande de pétrole vers le bas.

En outre, l’appréciation du dollar joue un rôle non négligeable dans ce dossier. Dans la mesure où le prix du baril est exprimé en dollar, une hausse du billet vert se traduit forcément par une augmentation des cours pétroliers pour les sociétés européennes. Et c’est précisément cet effet de change qui explique que les automobilistes ne remarquent aucune diminution des prix à la pompe. "La baisse des cours pétroliers en dollar est neutralisée en grande partie par la hausse du dollar par rapport à l'euro", explique Bernard Claeys de la Fédération Pétrolière Belge.

Système de cliquet

Par ailleurs, le prix du diesel est soumis à ce qu’on appelle le système de cliquet, introduit par le gouvernement fédéral pour les années 2010 et 2011. Ce système prévoit que les baisses de prix du diesel soient répercutées seulement pour moitié sur le consommateur. L’autre moitié aboutit dans les caisses de l’État sous forme d’accises plus élevées. "Depuis le début de l’année, le système de cliquet a déjà été appliqué à quatre reprises. Au total, 2,45 eurocent par litre sont prélevés. Concrètement, le prix du diesel devrait être aujourd’hui 0,0245 euro moins élevé par litre, si le système de cliquet n’existait pas", explique Bernard Claeys. Le système de cliquet ne fonctionne plus à partir d’un niveau de 0,04 euro d’"écrémage".

Reste à savoir si les cours pétroliers sont encore appelés à diminuer. Selon Jasper Van der Veen, senior portfolio manager chez BNP Paribas, la probabilité est plutôt faible. Les problèmes de la zone euro sont sérieux, mais la demande soutenue de pétrole provient plutôt des pays émergents, où la situation est bien plus favorable. "En avril, la demande de pétrole de la Chine a augmenté de 13%", rappelle Van der Veen dans un entretien accordé à L’Écho.

Année de transition

Selon le gestionnaire de fonds, 2010 sera une année de transition pour le pétrole. "À long terme, je suis très optimiste. L'OPEP a la capacité de stabiliser les prix du pétrole. Entre 70 et 80 dollars, le prix permet aux industries pétrolières de fonctionner, sans entraver la reprise économique", estime Van der Veen.  À court terme, le gestionnaire pense que le prix faiblira encore entre 60 et 65 dollars en raison de l’incertitude ambiante.

Cette incertitude est en revanche avantageuse pour l’or, qui a signé une franche progression ces dernières semaines. Le ratio cours de l’or/cours du pétrole s’établit à un niveau record absolu de plus de 17, soit 8 fois plus qu’en 2000 et près de trois fois plus que la moyenne historique de 6.

Il est possible que les cours pétroliers demeurent quelque peu sous pression, mais la ‘driving season’ doit encore démarrer aux États-Unis. Par ailleurs, l’OPEP peut jouer un rôle déterminant à cet égard, en s’en tenant à ses quotas en cas de baisse ultérieure des prix.

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