Le leasing privé de voitures progresse à petit pas

Au Salon de l’auto, différentes formules de leasing privé sont également proposées. ©Photo News

L’an dernier, 3.000 particuliers belges ont acheté leur nouvelle voiture dans le cadre d’un contrat de leasing privé. À cause de la grande popularité des voitures de société, ce nouveau concept a cependant du mal à décoller.

Un leasing privé – c’est-à-dire souscrit par un client particulier – consiste à louer une voiture à long terme en échange d’un loyer mensuel fixe. En règle générale, ce loyer comprend également l’assurance, les taxes et l’entretien de la voiture. Seuls le carburant et les éventuelles amendes sont à charge du client.

Le concept a commencé à gagner du terrain en 2015 lorsque la chaîne Mediamarkt a lancé une action choc, proposant, en collaboration avec Leaseplan, une Opel Corsa pour 189 euros par mois.

D’après les chiffres de Renta, la Fédération belge des loueurs de véhicules, la flotte belge de leasing privé comprend 12.000 voitures. Avec 1.400 nouveaux contrats conclus l’an dernier, ALD Automotive détient près de la moitié du marché. L’entreprise propose du leasing privé en collaboration avec des constructeurs automobiles comme Ford et Volvo et la compagnie d’assurance Bâloise. "Les consommateurs qui souhaitent réduire les risques optent pour le leasing", explique Miel Horsten, le patron d’ALD.

D’ici 2020, Horsten s’attend à ce que 20.000 voitures fassent l’objet d’un contrat de leasing privé. De plus en plus de sociétés de leasing se lancent dans l’aventure. L’an dernier, la société néerlandaise Justlease a fêté son arrivée en Belgique avec des actions chez Carrefour et Mediamarkt, dont une petite Nissan Micra proposée à partir de 199 euros par mois.

La formule attire les jeunes, qui veulent éviter toute surprise en termes de frais, et les retraités, qui ont été habitués au leasing.

L’an dernier, les sociétés de leasing Arval et KBC Autolease se sont également lancées. "Nous souhaitions proposer une offre complète à nos clients, y compris des voitures pour les consommateurs qui ne sont pas prêts à acheter d’emblée une voiture neuve", explique la porte-parole de KBC. Chez Belfius Auto Lease, on indique "réfléchir" à l’idée de démarrer des activités dans le leasing privé.

D’après certains observateurs, le concept plaît surtout aux jeunes, qui ne sont pas intéressés par l’idée d’être propriétaires de leur voiture et souhaitent éviter toute surprise en termes de frais. Mais certains retraités sont aussi demandeurs de ce service, en particulier ceux qui ont bénéficié d’une voiture en leasing pendant leur carrière professionnelle.

Scepticisme

D’autres sociétés de leasing se montrent sceptiques. Par exemple, Alphabet ne mise sur le leasing privé que dans le cadre B2E (Business to Employee), où les travailleurs peuvent souscrire un leasing privé via leur employeur. "Nous ne proposons pas de leasing 100% privé, car nous ne sommes pas convaincus de sa pertinence", explique le patron d’Alphabet, Erik Swerts. "Car qui attirez-vous avec ce type de produit? Des clients qui ont du mal à obtenir un crédit et qui sont souvent motivés par le risque d’assurance". Miel Horsten d’ALD Automotive trouve cette crainte injustifiée. "Nous craignions surtout d’attirer des personnes qui ne pouvaient pas obtenir une assurance, mais ce n’est pas le cas."

Par comparaison aux Pays-Bas, le marché belge du leasing privé en est encore à ses balbutiements. Fin 2018, chez nos voisins du nord, 140.000 voitures faisaient l’objet d’un leasing privé, tandis qu’en Belgique, les contrats privés ne représentaient que 2% du total des contrats de leasing.

Avec 3.000 contrats, le leasing privé fait pâle figure à côté des 550.000 nouvelles voitures immatriculées l’an dernier en Belgique, et dont près de la moitié sont des voitures de société. "Mais si les sociétés de leasing font davantage de promotion pour cette formule, les consommateurs apprendront à mieux la connaître et le marché pourra décoller", estime Frank Van Gool de Renta.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect