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341.400 Belges en défaut de paiement

Depuis l’émergence de la crise en 2008, le nombre de crédits défaillants et le montant moyen des arriérés n’ont cessé d’augmenter chaque année, d’après le rapport statistique 2013 de la Centrale des crédits aux particuliers.
©PHOTOPQR/L'ALSACE

Au cours de l’année 2013, les Belges ont contracté 1.432.154 nouveaux contrats de crédit, ce qui représente une légère hausse par rapport à 2012 (+0,2%), révèle le rapport statistique 2013 de la Centrale des crédits aux particuliers.

Comme déjà annoncé il y a quelques jours, cette faible augmentation n’est absolument pas imputable aux crédits hypothécaires (voir L’Echo du 15 janvier 2014) dont le nombre a chuté de 8% l’an dernier. Ce sont donc plutôt les contrats de crédit à la consommation qui ont eu le vent en poupe, et plus particulièrement les crédits à tempérament avec 511.137 nouveaux contrats signés (soit une hausse de +6,4% par rapport à 2012). "De même, le nombre de nouvelles ouvertures de crédit a augmenté de 3% pour atteindre 538.038 contrats", selon ce même rapport.

Cette hausse constitue-t-elle une mauvaise nouvelle? Pas vraiment. "Actuellement, le crédit à la consommation en Belgique reste à un niveau tout à fait normal, répond Philippe Ledent, économiste chez ING. Tant que cette hausse des contrats de crédit se concentre sur des ménages qui ont la possibilité de les rembourser, l’endettement peut augmenter sans que cela ne pose un problème de stabilité économique."

Plus de défaillances                                                                                                               

Cependant, depuis l’émergence de la crise économique, davantage de consommateurs ont été chaque année confrontés à des difficultés de paiement.

"Cette situation est logique. Elle indique probablement que de nombreux ménages ont une situation financière sur la corde raide. Au moindre choc – par exemple, la perte d’un emploi ou un divorce -, ces personnes qui avaient des revenus normaux se retrouvent alors dans l’incapacité financière d’honorer certaines dettes", prévient l’économiste.

Et malheureusement, 2013 n’a pas fait figure d’exception : à la fin de l’année, la Centrale des crédits aux particuliers a comptabilisé 503.544 défauts de paiements (+4,3%) pour 341.416 débiteurs (+3,4%).

Ces défaillances ont pour la plupart été liées au remboursement d’une ouverture de crédit (+8,1%) et d’un crédit hypothécaire (+6%).

Par ailleurs, le montant moyen des arriérés continue lui aussi à croître d’année en année: 5.887 (+4,4%). Ce montant doit toutefois être nuancé par type de crédit. Dans le cas du prêt à tempérament, il s’élève à 7.757 euros (+2,2%) et à 36.398 euros (+14,3%) pour l’emprunt hypothécaire. En revanche, cette moyenne a diminué de 4,5%,  à 1.800 euros, pour les ouvertures de crédit (1.800 euros) et de 4,9%, à 1.249 euros, pour les ventes à tempérament.

Difficile apurement des dettes

Comme le souligne ce rapport, l’impact de la crise reste donc sensible. Surtout que depuis 2008, quel que soit le type de crédit, les défauts de paiement encourus mettent plus de temps à être régularisés qu’auparavant. Sans doute parce que le crédit n’est pas la seule cause du surendettement, constate la Centrale.

"En effet, 37% des personnes recourent à la procédure de règlement collectif de dettes sans pour autant avoir un contrat défaillant enregistré à leur nom. Les consommateurs sont fréquemment confrontés à d'autres difficultés de paiement portant sur des soins de santé, des factures de fourniture d'énergie, des frais de téléphonie, des loyers ou des dettes fiscales."

Prévisions 2014

L’indicateur de confiance des ménages remonte doucement la pente, d’après  le dernier baromètre de la Banque Nationale de Belgique. Les Belges semblent donc réellement croire à l’amélioration de la situation économique. Ces éléments sont-ils de nature à influencer le crédit à la consommation?

"Comme les taux courts sont assez bas, je ne serai pas étonné de voir des ménages continuer à acheter à crédit, même s’ils ont les moyens de payer comptant. En revanche, si l’amélioration conjoncturelle se poursuit tout au long de l’année 2014, une baisse des crédits défaillants est envisageable", conclut l’économiste.

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