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Google Stadia débarque en Belgique ce mardi

Phil Harrison, le vice-président de Google, présentant en mars dernier la manette qui permet de jouer sur la plateforme Stadia. ©AFP

Le gaming n'est plus la chasse gardée de Sony, Nintendo ou Microsoft. Deux nouvelles plateformes viennent de débarquer: Apple Arcade et Google Stadia.

Mi-septembre, Apple avait déjà jeté un pavé dans la marre en annonçant le lancement d’Arcade, une plateforme de jeux avec abonnement, disponible sur iPhone, iPad, Apple TV et sur les ordinateurs de la marque à la pomme équipées de son nouveau système d’exploitation MacOS Catalina (disponible depuis le 8 octobre).

La caractéristique la plus remarquable d’Arcade est son prix. Pour 4,99 euros par mois, les amateurs ont un accès illimité à un catalogue de plus de 100 jeux, exclusifs selon Apple. Parmi eux, on peut citer "Rayman Mini", "Stake City" et "Frogger in Toy Town".

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De plus, l’abonnement peut être utilisé par six membres d’une même famille, chacun sur son appareil. Il est possible de commencer un jeu, disons sur votre iPad, et de le poursuivre sur Apple TV ou un autre appareil en le reprenant là où vous vous êtes arrêté et en conservant vos scores.

Certains jeux sont plus faciles à jouer avec une manette. Si vous disposez d’une manette PlayStation 4 ou Xbox One, la prise en charge est standard dans la version 13 d’iOS, iPadOs et tvOS. Ceux qui sont intéressés par Arcade peuvent le tester gratuitement pendant un mois.

Deux semaines à peine après l’annonce du lancement d’Arcade par Apple, Google a débarqué avec son abonnement Play Pass, qui donne accès à plus de 350 jeux et apps Android pour la somme de 4,99 dollars par mois. Actuellement, Play Pass n’est disponible qu’aux États-Unis, avec une période d’essai gratuite de 10 jours. Pour l’instant, on ignore si (et quand) le service sera disponible en Belgique.

Stadia, le Netflix du gaming

En revanche, Stadia, la nouvelle plateforme de jeux vidéo de Google est, elle, disponible à partir de ce mardi 19 novembre (et dans seulement 14 autres pays), ce qui la rend plus intéressante. Alors que les jeux d’Apple Arcade doivent encore être téléchargés physiquement sur un appareil, ceux de Stadia sont disponibles en streaming, à l’instar des films de Netflix. L’avantage, c’est que les utilisateurs n’ont pas besoin de s’équiper de matériel onéreux: les calculs requis pour faire tourner les jeux se font sur de puissants serveurs dans les centres de données de Google.

À terme, Google compte également développer ses propres jeux et a créé à cette fin le studio Stadia Games and Entertainment.

Pour jouer sur une télévision, il faut disposer d’une manette et d’un lecteur multimédia. Les joueurs peuvent déjà commander ces équipements en ligne moyennant 129 euros. Ce prix comprend une manette de jeux (d’une valeur de 69 euros), le streamer Google Chromecast Ultra (d’une valeur de 70 à 80 euros selon les distributeurs) et trois mois d’abonnement à Stadia Pro.

Au terme de cette période, l’abonnement revient à 9,99 euros par mois. Stadia propose entre autres une qualité d’image pouvant aller jusqu’à 4K UHD (ultra-haute définition), un son "surround" 5.1 et des réductions sur certains jeux. Contrairement à Apple Arcade, les jeux Stadia doivent être payés séparément, en plus du prix de l’abonnement. Leur prix n’est pas encore connu.

Les jeux proposés par Google Stadia peuvent également être achetés sur d’autres plateformes, comme "Assassin’s Creed Odyssey", par exemple. ©rv

Un abonnement "gratuit" Stadia Base, avec une qualité d’image Full HD et stéréo est attendu pour 2020. Dans ce système, les jeux seront payants, mais les titres achetés précédemment via un abonnement Pro resteront accessibles. Les jeux proposés par Google Stadia peuvent également être achetés sur d’autres plateformes, comme "Assassin’s Creed Odyssey", "Borderlands 3" et le jeu de tir "Tom Clancy’s Ghost Recon Breakpoint". Mais vous n’aurez donc bientôt plus besoin d’une console de jeu ou d’un PC puissant. À terme, Google compte également développer ses propres jeux et a créé à cette fin le studio Stadia Games and Entertainment.

Déclaration de guerre

La Xbox One S peut être considérée comme la première étape vers un monde où les CD de jeux, et peut-être bientôt aussi les jeux à télécharger, seront vus comme des "antiquités".

Les nouveaux services de jeux d’Apple et de Google sonnent clairement comme une déclaration de guerre à l’encontre de Microsoft et Sony, même si les concepteurs de la Xbox et de la PlayStation ne sont pas restés les bras croisés. Il y a quelques mois, Microsoft a lancé la Xbox One S, la première Xbox en 18 ans qui ne dispose plus de lecteur de CD. Les jeux doivent systématiquement être téléchargés à partir de Microsoft Store. Les utilisateurs ont également la possibilité de souscrire un abonnement Xbox Game. Pour 9,99 euros par mois, ils ont accès à plus de 100 jeux.

Chez Microsoft, il faut plutôt attendre Project xCloud, le nom de code de la plateforme de jeux cloud. Les jeux disponibles via ce service de streaming ne seront pas uniquement accessibles via les consoles Xbox One, mais aussi sur les télévisions intelligentes, les téléphones et les tablettes via une nouvelle app.

La Xbox One S peut donc être considérée comme la première étape vers un monde où les CD de jeux, et peut-être bientôt aussi les jeux à télécharger, seront vus comme des "antiquités". La première phase du Project xCloud a été lancée en octobre aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Corée du Sud, avec une "preview" technique de quatre jeux: "Halo 5: Guardians", "Gears 5", "Killer Instinct" et "Sea of Thieves".

Une PS5 en 2020

La PlayStation de Sony a elle aussi du souci à se faire avec la déferlante agressive d’Apple et de Google sur le marché du jeu. L’entreprise japonaise travaille à une PlayStation 5, qui sera dix fois plus rapide que la PS4. Mais d’après certaines rumeurs, cette console ne sera pas lancée avant février prochain et peut-être même qu’aux alentours des fêtes de fin d’année 2020.

Chez Nintendo, le streaming de jeux ne semble pas encore faire partie des priorités.

Pour l’instant, Sony mise encore à fond sur PlayStation Now. Le 1er octobre, le prix de ce service de streaming de jeux est stratégiquement passé de 14,99 euros à 9,99 euros par mois, en réponse aux prix serrés de la concurrence. La bibliothèque du service comprend plus de 600 jeux pour PS4 et PC, dont plusieurs blockbusters.

Chez Nintendo, le streaming de jeux ne semble pas encore faire partie des priorités. Le fabricant japonais continue à tirer les marrons du feu avec sa console de jeux "hybride" Switch, dont une version moins chère "Lite" a été lancée fin septembre.

Concurrence accrue

Dans l’ombre des géants technologiques Google, Apple et Microsoft, d’autres entreprises ont trouvé leur place dans le paysage du jeu, en pleine évolution. On trouve notamment la plateforme de distribution Steam, de Valve Corporation, principalement active dans l’achat en ligne de jeux vidéo pour Windows, MacOS et Linux. Avec Steam Link, l’entreprise dispose aussi d’une solution maison pour "streamer" des jeux, entre autres vers des smartphones, des ordinateurs et certaines télévisions intelligentes.

Nvidia, célèbre pour ses cartes graphiques, essaie de s’arroger une part du gâteau avec GeForce Now, et Amazon, le géant du commerce en ligne et acteur important du cloud, serait en train de développer en coulisses un service de streaming de jeux. Plus proche de nous, Proximus offre les solutions de jeux cloud Shadow à ses abonnés Epic Combo TV. Par ailleurs, ce service est déjà intégré dans la nouvelle version du décodeur Proximus.

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