Investir en Bourse au meilleur prix

©iStock

Lorsque vous achetez ou vendez une action ou tout autre produit coté sur les marchés, vous payez des frais de transaction. Ils sont plus ou moins élevés selon le courtier que vous avez choisi.

Une personne voulant entrer dans l’arène des traders, que ce soit un investisseur superactif ou un bon père de famille misant sur une stratégie "buy and hold", doit d’abord choisir via quelle plateforme elle va effectuer ses opérations. Si cette personne n’est pas loyale à outrance envers sa banque physique traditionnelle (si elle en a une), il y a de fortes chances qu’elle s’intéresse aux plateformes de courtage en ligne, que ce soit celle d’un "pure player" comme BinckBank, Bolero (filiale de KBC) ou Lynx, ou celle d’une banque en ligne offrant des services diversifiés comme Keytrade Bank ou, dans une moindre mesure, Medirect. Pourquoi ? Tout simplement en raison des frais (droits de garde, frais de dossier) et des tarifs de transaction. Ils sont (de loin) beaucoup moins élevés chez les brokers en ligne.

Cependant, s’il est encore relativement facile de comparer des frais bancaires pour un compte à vue, une carte de crédit, ou encore les taux d’intérêt pour un crédit hypothécaire ou le rendement des différents comptes d’épargne (de nombreux comparateurs existent), avoir une vision claire des meilleurs tarifs en matière de courtage d’actions (ou tout autre produit financier) n’est pas chose très aisée, même si les tarifs sont toujours expliqués de manière très transparente par les banques et les brokers. De fait, certains brokers proposent des tarifs sous forme de pourcentage du montant de la transaction, d’autres fonctionnent par frais fixes en fonction de tranches d’investissement, mais ces tranches sont bien sûr différentes d’un broker à l’autre…

Lynx, le challenger

Pour avoir tout de même une idée des différences de prix que l’on peut observer entre les différentes plateformes, nous avons effectué deux simulations d’achat de titres auprès de neuf brokers et banques (lire l’infographie).

Dans notre exemple, l’investisseur désire acheter pour 10.000 euros d’actions, répartis sur quatre titres: 2.500 euros d’AB InBev (Bruxelles), 2.500 euros d’Air France (Paris), 2.500 euros de Coca-Cola (Nyse) et 2.500 euros de l’ETF Amundi Nasdaq 100 (Paris). À combien s’élèvera sa facture (hors taxes) ? Elle peut varier du simple au presque quintuple selon l’intermédiaire qu’il a choisi.

Ainsi, s’il est client chez KBC, il paiera 115 euros de frais de transaction, 100 euros chez Belfius, 90 euros chez ING et 75 euros chez BNP Paribas Fortis. Chez Keytrade Bank, le tarif passe à 64 euros. Mais c’est encore nettement plus élevé que chez BinckBank (36,5 euros), Bolero (35,8 euros) et Lynx (22,43 euros), qui ressort dans cet exemple comme le challenger dans le domaine des frais de transaction. Ces différences tarifaires peuvent avoir un impact significatif sur le rendement d’un portefeuille.

Ce constat reste le même dans notre deuxième exemple. L’investisseur achète les mêmes actions, dans les mêmes proportions, mais pour un montant total d’investissement de 25.000 euros. Le coût total s’élèvera à 234,37 euros chez KBC pour diminuer progressivement selon les plateformes dans le même ordre que l’exemple précédent. Par exemple, chez Keytrade Bank, la facture s’élèvera à un peu plus de 100 euros. Et au final, c’est encore chez Lynx que l’investisseur paiera le moins, avec un tarif total de 22,43 euros.

Le pourcentage de frais prélevés par Lynx est très faible. Il s’agit de 0,09% du montant de la transaction, avec un minimum de 6 euros et un maximum de 39 euros. Donc, même si vous investissez 10.000 euros dans une seule valeur (à Bruxelles, Paris ou Amsterdam), vous ne paierez que 9 euros. Là où vous paierez un forfait de 15 euros chez Bolero, de 24,95 euros chez Keytrade et de 14,75 euros chez BinckBank. MeDirect fonctionne également avec un système de pourcentage (0,10% du montant de la transaction) mais avec un minimum de 7,5 euros.

©Mediafin

En fonction du profil

Cela dit, il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives. Il est clair que dans nos exemples, Lynx sort du lot si l’on additionne les coûts de transaction pour les quatre valeurs. Mais si l’on regarde de plus près, on se rend compte que le différentiel entre les brokers en ligne n’est pas si important pour les "petits" achats effectués à la Bourse de Bruxelles. Par exemple, chez Keytrade Bank, Bolero et MeDirect, le tarif est de 7,5 euros pour un investissement de maximum 2.500 euros. Chez BinckBank, le tarif est de 7,25 euros jusqu’à 2.500 euros. Chez Lynx, l’investisseur devra s’acquitter du forfait minimum de 6 euros.

Et pour de "gros achats" en Bourse de Bruxelles, par exemple 20.000 euros, le challenger n’est plus si "challenging", étant donné que l’investisseur devra payer 18 euros chez Lynx, contre 14,75 euros chez BinckBank. L’intérêt de passer ses ordres via un courtier ou un autre peut donc varier en fonction du profil de l’investisseur.

Droits de garde

Au vu des simulations effectuées, on constate que l’ultrapopulaire Keytrade Bank, si ce n’est pour les transactions relativement petites en Bourse de Bruxelles, ne fait pas vraiment partie des brokers qui cassent les prix. Dans certains cas, on aurait tendance à la rapprocher davantage des banques traditionnelles en termes de coûts de transaction, plutôt que des "pure players" en ligne. Et pour cause. Comme l’explique le porte-parole Roel Vermeire, "Keytrade Bank est une banque et donc bien plus qu’un broker pur et dur. Nos clients trouvent chez nous un ‘one stop shop’ pour chaque investisseur autonome qui veut une plateforme accessible et ‘user-friendly’ avec des tarifs avantageux (…). Mais ils trouvent aussi des solutions très intéressantes pour la banque au quotidien, des crédits hypothécaires en ligne, des comptes d’épargne, des plans d’investissement et de la gestion de portefeuille".

Hello Fins
Le robot investisseur de Hello bank!

La banque en ligne Hello bank!, filiale de BNP Paribas Fortis, va proposer dans les prochaines semaines un outil d’investissement intitulé "Hello Fins". Il s’agit d’une solution de Robo-invest qui offrira un service de gestion discrétionnaire de portefeuille entièrement automatisé et en ligne. Concrètement, les décisions financières seront automatisées et objectivées à l’aide d’algorithmes. "Nous travaillons avec Gambit Financial Solutions pour développer la solution. Les algorithmes permettront une allocation optimale de l’actif au début et un rééquilibrage automatique des portefeuilles tout au long du cycle d’investissement. En outre, le comité d’investissement de la banque complète les algorithmes par des avis basés sur sa propre analyse", explique Valéry Halloy, porte-parole de BNP Paribas Fortis. Les produits sous-jacents seront des fonds indiciels négociables en Bourse offrant les catégories d’actif suivantes: actions, obligations et liquidités.

À noter également que la fintech Revolut a l’intention de lancer une plateforme de trading d’actions sans frais de courtage, ainsi qu’un robo-advisor permettant d’investir dans des ETF en fonction d’un profil de risque personnalisé. 

Toutefois, avec BinckBank, Keytrade Bank a été la première banque en Belgique à proposer un compte investisseur sans droits de garde. Aujourd’hui, aucun broker en ligne dont il est question dans cet article ne prélève de droits de garde. En revanche, à l’exception de KBC et Argenta, les banques traditionnelles continuent d’en facturer chaque année à leurs clients qui détiennent un compte-titres. Il s’agit de frais calculés par ligne (donc par code valeur) que l’investisseur détient sur son compte-titres. Ils sont de 0,24% chez BNP Paribas Fortis et Belfius, avec un minimum de respectivement 4,84 euros et 3,025 euros. Chez Belfius, ils ne peuvent pas dépasser 24,20 euros par an. Chez ING, les droits de garde sont de 0,242% avec un minimum de 6,05 euros, mais la banque s’apprête à baisser son minimum annuel à 0,5042 euro par ligne et par an dès 2019.

Mais ce n’est pas tout. Les banques traditionnelles, toujours à l’exception de KBC, facturent également des frais de dossier annuels. Ils sont de 8,48 euros chez BNPP Fortis, de 9,075 euros chez Belfius et de 14,52 euros chez ING.

Force de persuasion

Ceci s’ajoute donc à des tarifs de transaction sensiblement plus élevés que pour les brokers en ligne. Par exemple, passer un ordre à la Bourse de Bruxelles coûte au minimum 20 euros chez Belfius et ING, 25 euros chez KBC et 30 euros chez BNP Paribas Fortis.

Cela dit, les clients des banques traditionnelles n’ont pas tous déserté leur institution financière, sans doute pour une question de confiance, d’habitude, ou tout simplement parce qu’ils sont juste satisfaits des services proposés par leur banque, quitte à les payer plus cher. Mais de manière plus terre à terre, il y a aussi sans doute le frein des frais de transfert qui joue dans la décision de rester fidèle à sa banque. De fait, l’investisseur qui désire transférer son compte-titres dans une autre institution devra s’acquitter de frais de 60 euros par ligne chez KBC, de 60,5 euros par ligne chez ING et de 75 euros par ligne chez Belfius et BNP Paribas. Attention, à partir du 1er janvier 2019, BNP Paribas Fortis va même doubler son tarif. Il faudra donc compter 150 euros de frais par ligne pour transférer son compte-titres chez un concurrent. De quoi faire réfléchir, surtout les investisseurs qui n’effectuent pas régulièrement des transactions. De fait, il faudra évaluer si l’économie réalisée sur les droits de garde et les frais de dossier en passant chez un broker qui ne pratique pas ce type de frais sera suffisante pour amortir les frais engendrés par le transfert de titres.

Une fois encore, les autres brokers sont plus indulgents avec leurs clients qui décident de transférer leurs titres. Les frais de transfert sont de 35 euros par ligne chez Keytrade et MeDirect, de 50 euros chez Bolero et de 25 euros chez BinckBank. Ils sont même gratuits chez Lynx.

Lire également

Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content