reportage

Nos députés sont-ils vraiment sensibilisés à l'obsolescence programmée?

Acheter du neuf ou faire réparer? ©Bloomberg News

L’obsolescence programmée. Voilà un fléau de notre société, contre lequel il est parfois bien difficile de lutter. C’est pourtant la mission des Repair Cafés, ces ateliers où chacun est invité à amener des objets en mauvais état pour les faire réparer par des experts.

Un Repair Café avait lieu ce jeudi, au Parlement fédéral. Cette activité avait pour but de sensibiliser les députés sur l’importance d’avoir une loi contre l’obsolescence programmée. Chaque député présent était invité à apporter objets, appareils ménagers, ordinateurs ou textiles à réparer. 

"L'obsolescence programmée est un véritable désastre pour l'écologie."
Luc Deriez
fondateur de Repair Together

"Cela fait deux ans que nous mettons la pression pour qu’une loi contre l’obsolescence programmée entre en vigueur", souligne Luc Deriez, fondateur de l’ASBL Repair Together. "Malheureusement, les choses avancent très lentement. Il faut maintenant espérer que cette journée ait fait prendre conscience aux députés de l’urgence environnementale de la chose. L’obsolescence programmée est un véritable désastre pour l’écologie."  

L’ASBL Art est à l'origine de cette initiative audacieuse, soutenue par son partenaire Repair Together. Ce dernier, fondé en 2013 après la création du premier Repair Café belge, est une association qui représente l’entièreté du réseau des Repair Cafés francophones de Belgique. L'objectif de ce réseau? Sensibiliser la société sur l’économie circulaire, protéger l’environnement et lutter donc contre l’obsolescence programmée.

L'équipe de Repair Together présente ce jeudi ©Q. De Buyl

"La création de ces Repair Cafés est une idée géniale, s'enthousiasme Jonathan Vigne, membre de Repair Together et fondateur du Repair Café de l’ULB, car ces derniers jouent sur 3 principes qui n’apportent que du positif aux visiteurs."

→ Ces Repair Cafés ont avant tout un rôle social. C’est une manière conviviale de faire réparer son produit tout en rencontrant de nombreuses personnes et en discutant avec les réparateurs bénévoles.

→ Il existe également un aspect "formation". Les réparations sont effectuées par les réparateurs et le propriétaire de l'objet. Il y a donc une transmission du savoir-faire qui est primordiale, selon Repair Together.

→ On retrouve aussi une perspective environnementale. Les Repair Cafés évitent de jeter un produit à la poubelle qui pourrait encore très bien fonctionner normalement. Cela engendre donc une diminution de déchets mais aussi d’émission de CO2, provoquée par la fabrication de nouveaux produits.  

Succès croissant 

Peu connus du grand public, ces Repair Cafés commencent néanmoins à avoir de plus en plus de succès. En effet, le nombre de Repair Cafés ne cesse d’augmenter. On en dénombre 230 en Belgique aujourd’hui, dont 124 en à Bruxelles et en Wallonie, ce qui fait de la Belgique le 3e pays qui possède le plus de Repair Cafés derrière les Pays-Bas et l’Allemagne.

"Il est vrai nous préférons multiplier les lieux plutôt que la fréquence des ateliers. Chaque Repair Café n’a peut-être lieu qu’une fois par mois, mais il y a possibilité d’en trouver dans presque toutes les communes de Bruxelles et dans chaque grande ville en Wallonie."
Luc Deriez
fondateur de Repair Together

"Il est vrai  nous préférons multiplier les lieux plutôt que la fréquence des ateliers, affirme Luc Deriez. Chaque Repair Café n’a peut-être lieu qu’une fois par mois, mais il y a possibilité d’en trouver dans presque toutes les communes de Bruxelles et dans chaque grande ville en Wallonie."     

Vous souhaitez vous rendre dans un Repair Café? Ou y participer en tant que bénévole? Consultez le site de Repair Together. Vous y trouverez toutes les infos utiles, et notamment l'agenda des ateliers.

          

Et lorsque nous leur demandons si les Repair Cafés ne font pas concurrence aux réparateurs professionnels, leur réponse est claire et immédiate. "Nous ne pensons vraiment pas être une concurrence pour les réparateurs professionnels, qui sont malheureusement de moins en moins nombreux. Nous ne proposons pas du tout un service, ce n’est pas comparable à une réparation classique. Nous n’hésitons d’ailleurs pas non plus à réorienter les visiteurs vers les professionnels lorsque la tâche nous dépasse", expose Luc Deriez. "C’est un peu comme si on allait demander de l'aide à un voisin", nous explique même un volontaire.

"Lorsque j’ai vu les Repair Café sur les réseaux sociaux, le principe m’a directement plu et j’ai donc décidé de me présenter comme réparateur bénévole."
Minh
réparateur bénévole

Minh est un réparateur bénévole qui était présent lors de la démonstration au Parlement fédéral. Ce technicien de métier participe depuis 5 ans au Repair Café de Liège, à l’atelier informatique. "Lorsque j’ai vu les Repair Café sur les réseaux sociaux, le principe m’a directement plu et j’ai donc décidé de me présenter comme réparateur bénévole. Cela ne me prend pas énormément de temps - un dimanche par mois durant 3 voire 4 heures - et c’est une occasion parfaite  pour m’amuser tout en rencontrant des personnes. C’est également un moyen de me perfectionner en réparation. En effet, j’apprends beaucoup de choses en participant aux Repair Cafés."

Minh est d’ailleurs enchanté de sa journée au Parlement et se montre plutôt optimiste quant à la création d’une loi contre l’obsolescence programmée. "Je suis plutôt confiant. Le fait qu’un événement comme celui-ci soit organisé au Parlement fédéral montre que les choses s’améliorent et qu’il commence à y avoir une véritable prise de conscience du problème."

Quentin De Buyl


Contenu sponsorisé

Partner content