Une visite médicale obligatoire avant le banc solaire: vraiment?

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Le secteur des bancs solaires attaque devant le Conseil d’Etat l’arrêté royal imposant le passage du candidat client par la case "médecin".

Ils sont près d’un millier en Belgique, pour quelque 3.000 emplois. Mais aujourd'hui, les exploitants de centres de bronzage se trouvent sur la sellette.  En cause: un arrêté royal imposant tout client à un passage chez le médecin préalable au banc solaire. Les exploitants se défendent contre cette nouvelle législation contraignante en contrattaquant devant le Conseil d’Etat.

L’an dernier, le Conseil supérieur de la Santé avait donc publié des recommandations très strictes concernant l’utilisation des bancs solaires. "Ces dernières décennies, de plus en plus d'éléments montrent que les UV, y compris ceux émis par les bancs solaires, agissent à la fois comme initiateur et promoteur du cancer de la peau ", note-t-il dans un avis. "Afin de réduire le risque de cancer de la peau, le CSS préconise une interdiction des bancs solaires ainsi que de tous les dispositifs émettant des UV artificiels accessibles au public."

Suite à cela, à l’initiative du ministre de l’Economie et des consommateurs Kris Peeters, le gouvernement fédéral a adopté, le 24 septembre 2017, un arrêté royal.

Que prévoit l'arrêté royal?

• L'arrêté vise à limiter l’utilisation des centres de bronzage
• Il détermine des conditions d’exploitation plus sévères. Outre les obligations d’information des risques au public cible, ce texte pose que désormais, tout consommateur désirant utiliser un banc solaire dans un centre de bronzage devra disposer d’une attestation médicale établie par un médecin et identifiant son type de peau. Objectif : empêcher qu’un client à peau sensible ne recoure encore à ce service.
Une dérogation est prévue dans l’arrêté : le type de peau du consommateur pourra être déterminé par l’exploitant, à condition que le centre dispose d’un appareil à même de déterminer la sensibilité de la peau du consommateur.

En réaction, Febelsol, la fédération professionnelle des centres de bronzage, a décidé d’attaquer cet arrêté royal. Avec le concours de deux chaînes membres, Sunpower et Ergosun, Febelsol a déposé un recours devant le Conseil d’Etat, demandant la suspension et l’annulation de l’ensemble de l’arrêté.

Arrêt de mort du secteur ?

"Cette exigence de passer par le médecin pourrait signifier la mort du secteur, estime Marc Debecker, conseiller de Febelsol. Car beaucoup de clients renâcleront à aller voir leur médecin." Quant à la dérogation prévue dans l’arrêté, elle ne semble pas praticable à l’heure actuelle. "Pour l’instant, pareil appareil de mesure de la sensibilité de la peau n’existe quasiment qu’à l’état de prototype , dit Debecker. Un fournisseur d’équipement spécialisé proposerait déjà une machine, qui coûterait entre 3.000 et 3.500 euros. "Cela pourrait constituer une solution à l’avenir", convient toutefois le représentant de Febelsol.

La fédération est aussi remontée contre ces nouvelles mesures parce que depuis plusieurs années, le secteur a organisé, à l’instigation des autorités, la formation du personnel des centres de bronzage afin qu’il soit attentif aux types de peau des consommateurs et en mesure de conseiller ceux-ci. "Les employeurs doivent envoyer leur personnel suivre un programme de formation certifiant. Ils le font et cela a un coût. Or, à présent que les entreprises du secteur font l’effort de former leurs effectifs, les autorités nous disent que désormais, ce sera aux médecins d’effectuer ce travail!"

Un secteur à 3.000 jobs

Difficile d’évaluer avec précision ce que pèse le secteur en Belgique. Environ 8% de la population recourrait régulièrement aux bancs solaires, selon la fédération. Une proportion comparable à celle en vigueur aux Pays-Bas. Le chiffre de 4.000 exploitants a été évoqué naguère pour l’ensemble du pays, mais ce total semble largement surfait. Cela s’expliquerait par le nombre important de bancs solaires offerts en complément d’autres services dans des salles de fitness, des centres de beauté ou des salons de coiffure. Plus fiable est la statistique qu’on peut tirer des inscriptions des exploitants à la Banque carrefour des entreprises, où ils doivent depuis mai 2017 s’identifier selon un code Nacebel spécifique. Ils seraient un peu plus d’un millier à s’être inscrits sous le code ad hoc. Chez Febelsol, enfin, on estime qu’il y a quelque 800 centres de bronzage professionnels en activité en Belgique.

Cela représenterait un peu plus de 3.000 emplois. Quelques grandes chaînes opèrent dans ce marché, aux côtés de concurrents de toute taille. Certaines, comme Ergosun, détiennent une vingtaine de centres, d’autres un seul. Il faudrait tenir compte aussi d’emplois indirects, notamment chez les fournisseurs d’appareils.

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