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Attendez avant de faire le plein de mazout ou de carburant

Suite à la crise du coronavirus, le marché pétrolier mondial est sous tension depuis plusieurs semaines. Résultat: les prix à la pompe vont encore baisser.
Ce jeudi, on devrait atteindre un prix de 1,22 ou 1,23 euro pour le litre de diesel et de 1,18 euro le litre d'essence. ©ANP XTRA

Ce jeudi 23 avril, ou au plus tard ce vendredi 24 avril, attendez-vous à une nouvelle diminution du prix des carburants à la pompe après la baisse drastique intervenue le mercredi 11 mars, soit juste un jour avant l’annonce du confinement.

Pour rappel, le prix maximum du litre d’essence était de 1,30 euro (-11,4 cents), celui du diesel s’élevait à 1,34 euro (-9,4 cents), tandis que celui du mazout se chiffrait à 484 euros le mètre cube (-219 euros par rapport à décembre 2019).

"Ce jeudi, on atteindra un prix de 1,22 pour le litre de diesel", selon Olivier Neirynck, directeur technique de la Brafco, la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants. C'est son niveau le plus bas depuis octobre 2016.

"Pour l’essence, il sera de 1,20 euro par litre. Il s’agit d’un prix maximum, donc le prix affiché dans de nombreuses stations-service sera inférieur vu qu'elles accordent généralement de petites ristournes."

1€
Prix du carburant
D'ici jeudi ou vendredi, des stations-service afficheront un prix inférieur à un euro pour le litre de carburant.

Ceci dit, dans certaines stations-service, les prix affichés actuellement sont à deux doigts de passer sous la barre symbolique de l’euro. De fait, dans la province d’Anvers, les automobilistes peuvent déjà faire le plein d'essence (ou de diesel) moyennant 1,01 euro le litre (ou 1,08 euro).

En ce qui concerne le gasoil de chauffage, le prix pour 1.000 litres sera de 357 euros ce jeudi pour une commande de moins de 2.000 litresC'est son niveau le plus bas depuis au moins 2008.

Notez que la baisse du prix du mazout à la mi-mars avait entraîné une augmentation des commandes et que les délais de livraison se sont par conséquent allongés depuis. "Les fournisseurs ne savaient plus où donner de la tête pour leurs livraisons avant le confinement et les chauffeurs n’ont pas compté leurs heures depuis lors". Une situation qui devrait perdurer vu la nouvelle baisse de prix.

Causes

Cette nouvelle baisse est-elle le résultat du krach (-306%) du prix du baril (WTI), ce lundi, aux États-Unis? Pas vraiment, selon Philippe Ledent, économiste chez ING. "Ce qui s’est passé peut être vu comme un incident qui ne concerne qu’une toute petite partie du marché mondial du pétrole."

Cette baisse provient principalement du déséquilibre entre l’offre et la demande de pétrole qui a été principalement engendré par la crise du coronavirus. En effet, lorsque la Chine était le seul pays en confinement, il y avait déjà eu une première baisse des prix vu que ce pays avait fortement réduit sa demande. "Ensuite au fur et à mesure des décisions de confinement partout dans le monde, la demande n’a fait que continuer à baisser tout simplement."

Comme le marché pétrolier va rester sous tension pour encore un bon moment, les prix à la pompe continueront à rester à un prix relativement bas.
Philippe Ledent
Économiste chez ING

Dans le même temps, l’offre n’a pas été adaptée directement, car "la production de pétrole ne peut pas s’arrêter du jour au lendemain", explique l'économiste. "Ce n’est pas un robinet qu’on ouvre et qu’on ferme aussi facilement que ça."

Toutefois, des mesures sont actuellement prises pour réduire la production. Mais en attendant une reprise de la demande, les prix resteront exceptionnellement bas. Mardi le baril de brent se négociait sous la barre des 20 dollars. "C’est un prix exceptionnellement bas. Il est même trop bas par rapport aux fondamentaux du marché. Nous prévoyons qu’il remontera au cours du second semestre, mais certainement pas à 60 dollars, soit son niveau d’avant la crise."

Comme le marché pétrolier va rester sous tension pour encore un bon moment, "les prix à la pompe continueront à rester à un prix relativement bas historiquement par rapport aux dernières années", a-t-il conclu. Une analyse partagée par Olivier Neirynck.

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