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Augmentation salariale de 6%... pour tous?

La famille royale recevra une augmentation de 6% en 2009. Les allocations du roi Albert, de la reine Fabiola, du prince Philippe, de la princesse Astrid et du prince Laurent augmentent deux fois plus vite que celles du travailleur belge. Comment cette situation est-elle possible? Au final, il y a-t-il vraiment une différence?
La famille royale commencera l'année 2009 avec une augmentation salariale de 6% (photomontage)
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(mon argent/belga/l'écho) - L'année dernière, les dotations ont augmenté en moyenne de 5,3% alors qu'un employé a été augmenté de 3,24%. Le budget de la Liste civile prévoit un montant de 13.858.000 euros dont 10 millions pour le roi Albert, 1 million pour le prince Philippe et 1.594.000 euro pour la reine Fabiola (+91.000 euros en un an).

En résumé, la Liste Civile doit permettre au Roi d’engager en toute indépendance, toutes les dépenses inhérentes à l’exercice de la fonction royale. Elles comprennent en ordre principal des dépenses de personnel (salaires, allocations, indemnités et cotisations sociales). Quant aux frais de fonctionnement, ce sont notamment des frais d’administration, de chauffage et d’entretien des habitations royales et du mobilier, ceux du parc automobile, ainsi que les dépenses personnelles et de représentation du Roi et de la Reine. Pour connaître la répartition de la dotation dans les frais de la famille royale, référez-vous au site de la monarchie.

Une différence notoire entre l'indexation de la dotation et celle des salaires: les hausses des dotations de la famille royale sont liées à l'indice à la consommation alors que les salaires des Belges augmentent en fonction de l'indice santé. Mais cela crée-t-il réellement une différence?

1. L'indice à la consommation, c'est quoi?

Chacun est confronté au coût de la vie et au changement inévitable des prix. Depuis 1920, on calcule chaque mois un indice des prix à la consommation. Cet indice est destiné à comparer de manière correcte l’évolution du coût de la vie. En tant qu’indicateur économique, il mesure l’évolution des prix d’un panier de biens et services acquis par les ménages et représentatifs de leurs habitudes de consommation.

L’indice mesure non seulement le niveau des prix mais aussi les fluctuations entre deux périodes: l’année de base 2004 (=100) et le prix actuel. Tous les deux ans, on évalue la composition du panier de l’indice en fonction des changements d’habitudes de consommation des ménages. L’indice tient ainsi davantage compte des nouveaux produits sur le marché de la consommation.
Tant au niveau national qu’européen, l’indice est un indicateur important de la hausse des prix ou de l‘inflation.

2. L'indice santé, c'est quoi?

On déduit l’indice santé de l’indice des prix à la consommation qui reflète l’évolution des prix de tous les biens et services. Le Service de l’indice calcule l’indice santé depuis janvier 1994 (il est entré en vigueur par arrêté royal du 24 décembre 1993).
La valeur actuelle de cet indice est obtenue par la soustraction de certains produits du panier de l’indice des prix à la consommation, à savoir les boissons alcoolisées (achetées en magasin ou consommées dans un café), le tabac et les carburants, à l’exception du LPG.

L’indice santé est notamment utilisé pour l'indexation des loyers. L’indice lissé (= la valeur moyenne de l’indice santé des 4 derniers mois, appelée aussi la moyenne mobile) sert de base à l’indexation des salaires et des traitements. L’indexation des salaires de la fonction publique et des allocations sociales est opérée dès que l’indice lissé dépasse une certaine valeur appelée l’indice-pivot. Le dernier dépassement de l’indice-pivot date de août 2008. Le nouvel indice-pivot a été fixé à 112,72.

Indexation automatique...
...bénédiction ou spirale infernale?
Lisez ici notre article

3. Indexation automatique des salaires

L'indexation automatique des salaires et des allocations sociales n'existe qu'en Belgique et au Luxembourg. Chaque mois, on mesure la hausse des prix. Dès que cette hausse a franchi un certain niveau (indice-pivot), les salaires des fonctionnaires et des travailleurs du secteur privé (selon leur CCT) ainsi que les allocations (chômage, pensions, etc) sont automatiquement augmentés de 2%. Cette augmentation intervient toujours avec quelques semaines de retard: selon les secteurs, la hausse a lieu, par convention, au début du mois suivant, du trimestre suivant, voire au début de l'année suivante. Dans ce derniers cas, lorsque plusieurs indexations ont eu lieu durant l'année, l'indexation salariale du début de l'année suivante contient le cumul des diverses indexations. Ainsi, le pouvoir d'achat des citoyens est protégé puisque leurs revenus suivent la hausse des prix.

Cette année, il y a déjà eu trois indexations (janvier-février, mai-juin, septembre-octobre). Cela équivaut actuellement à une augmentation automatique des salaires de 6%... sauf si la CCT (Convention collective de travail) du secteur dans lequel vous travaillez le stipule autrement. L'augmentation à laquelle a droit la famille royale serait donc identique à l'indexation automatique des salaires, malgré les différents indices appliqués dans le calcul. 

Risques de licenciements accrus?

Cette année, l'inflation a été particulièrement forte, à cause de la hausse des prix du pétrole et de certains aliments. Cela pose un gros problème aux entreprises puisqu'elles doivent payer leur personnel nettement plus que prévu. Du coup, les employeurs risquent de licencier certaines personnes pour équilibrer leur budget. Par le passé, pour préserver l'emploi, le gouvernement avait déjà décidé de "saut d'index" (aucune indexation de 2% n'est appliquée). C'est arrivé trois fois dans les années 1980. 

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