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Comment alléger votre budget "pain" de 50%?

D’ici la fin du mois de septembre, le prix du pain augmentera de 10 à 15 centimes. Combien épargnez-vous exactement si vous le préparez vous-même?
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(mon argent/belga) - Les préjudices dus aux conditions météorologiques de cette année s’élèveront à 60 millions d'euros: "les tempêtes de la semaine écoulée auront coûté 8,25 millions d'euros aux agriculteurs", a affirmé Luc Busschaert dans les colonnes de la Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg. "Ajoutez-y les 50 millions d'euros de dommages subis en raison de la grande sécheresse du printemps et l'on peut parler d'une année catastrophique record".

Cette hausse devrait se répercuter dans le prix de plusieurs denrées alimentaires, selon les calculs de l'expert agricole. D’ailleurs, la récolte de froment, décevante, va faire croître le prix du pain pour la seconde année consécutive, de dix à quinze centimes d'euro à partir de fin septembre, selon des boulangers industriels.

De 1,85 à 2,10 euros pour un pain

Cette nouvelle augmentation risque de faire à nouveau grincer les dents des consommateurs: depuis la libéralisation du marché du pain en 2004, les associations de défense des consommateurs sont montées plusieurs fois au créneau pour dénoncer l’augmentation trop rapide des prix de ce produit grand public. Si en 1990, le pain se vendait 1,18 euro/kg, aujourd’hui, un pain (blanc ou gris) de 800 grammes vaut en moyenne 2,1 euros chez le boulanger. Cette hausse régulière est surtout due à l’explosion du prix des matières premières (énergie et céréales).

En grande surface, le pain est un peu moins cher et se vend au prix moyen de 1,85 euro. Comme c’est un produit d’appel, la grande distribution peut se permettre de sacrifier les prix en se rattrapant sur les marges bénéficiaires d’autres produits. Et de cette façon, elle se sert du pain comme produit de référence pour déterminer le niveau des prix du magasin dans l’esprit du consommateur. "Une image qui est bien sûr erronée", commente le Centre de recherches et d’informations des organisations des consommateurs (Crioc).

Un produit symbolique

Par ailleurs, le pain est aussi un produit symbolique: "si l’on touche à son prix, on influence automatiquement l’image que les Belges ont de leur niveau de vie". Et lassés de payer autant pour une denrée aussi essentielle–le Belge consomme environ 80 pains par an–, certains consommateurs ont déjà opté pour une machine à pain.

Selon une étude menée par Tests-Achats, le jeu en vaudrait vraiment la chandelle. À condition d’y avoir régulièrement recours afin d’amortir le coût de la machine (entre 50 et 220 euros). D’après ses calculs (effectués en 2008), un pain "maison" coûte entre 0,59 et 1,16 euro (amortissement et électricité compris). En moyenne, c’est donc moitié moins cher. D’ailleurs, à raison de 3 utilisations par semaine, une machine à pain consomme à peine 55kWh/an (11 euros/an), soit environ le prix dépensé par une famille pour acheter du pain pendant une semaine et demi.

Polémique autour de l'augmentation

Depuis l’annonce de cette hausse, les réactions se multiplient. Le Crico dénonce un ajustement qui ne se fait qu'à la hausse. Les négociants précisent, eux, qu'aucune forte augmentation du prix du froment ne se profile à l'horizon. "Depuis la libéralisation du marché en 2004, chaque boulanger peut fixer le prix du pain à sa guise, et souvent profiter de l'augmentation du prix des matières premières pour augmenter sa marge bénéficiaire", déclare le Crioc dans un communiqué. Or, le prix des matières premières ne représente qu'une très faible partie des coûts de production du pain, selon le Crioc."Ce qui coûte le plus en boulangerie, c'est le prix de l'énergie, le coût du travail et les frais généraux."

Par ailleurs, ce ne sont pas les conditions climatiques belges qui devraient avoir une incidence sur le prix du blé, selon Olivier Henroz, négociant en céréales. "Les prix dépendent des marchés internationaux. Cette année les plus grands exportateurs font de bonnes moissons. Donc, le stock mondial est bon." Selon M. Henroz, si les prix devaient fluctuer sur les marchés des matières premières ce serait à cause du trop petit stock mondial de maïs, céréale la plus vendue au monde qui, à l'image du pétrole sur les marchés énergétiques, dicte les fluctuations des prix des céréales.

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