Déjouez les pièges de votre abonnement mobile

©Filip Ysenbaert

Même si les frais de roaming au sein de l’Union européenne ont disparu depuis deux ans et qu’à partir du 15 mai prochain, les communications passées depuis la Belgique vers un autre pays de l’Union seront plafonnées, ne baissez pas totalement votre garde. Même si vous voyagez en Europe. Au risque de voir votre facture bel et bien exploser!

Souvenez-vous: depuis le 15 mai 2017, il n’y a plus de frais de roaming au sein de l’Union européenne (UE). Cela signifie que depuis cette date, un Belge peut utiliser son abonnement mobile au sein des pays de l’UE de la même manière qu’en Belgique: appels, SMS, surf, il n’a plus aucun supplément à payer tant qu’il reste dans les limites de son forfait mobile.

Là où le bât blesse, c’est que cette suppression des frais de roaming ne s’applique qu’aux communications passées depuis l’étranger. Elle ne concerne donc pas les communications au départ de la Belgique vers un autre pays de l’Union.

Par exemple, si un utilisateur belge se situe géographiquement en France et qu’il appelle un numéro français, il n’aura pas de supplément à payer (à nouveau, tant qu’il reste dans les limites de son forfait). Même topo s’il appelle un numéro de téléphone belge, portugais, italien, espagnol, etc.

Paradoxalement, si ce même Belge est chez lui en Belgique et qu’il appelle un numéro français (ou de n’importe quel autre pays de l’Union européenne), il devra payer le tarif d’une communication internationale. Par exemple, appeler un numéro mobile français depuis la Belgique est facturé 1,05 euro/min chez Proximus, 1 euro chez Scarlet, 0,90 euro chez Orange, 0,70 euro chez Telenet et 0,65 euro chez Base et VOO Mobile.

Pour l’envoi de messages, il y a également un supplément: comptez 70 cents/SMS chez Orange, 50 cents chez Telenet, 40 cents chez Proximus, 37 cents chez Base, 30 cents chez VOOMobile et 20 cents chez Scarlet.

"À partir du 15 mai, les appels émis en Belgique vers un pays de l’UE seront plafonnés à 22 cents/min et l’envoi d’un SMS à 7 cents."

Néanmoins, il y aura du changement à partir du 15 mai 2019: suite à une décision de la Commission européenne, les appels téléphoniques et SMS émis d’un pays de l’UE vers un autre ne seront plus autant surtaxés.

Concrètement, les appels passés depuis la Belgique vers un autre pays de l’UE seront plafonnés à 22 cents/minute (peu importe l’opérateur). L’envoi d’un SMS sera lui aussi plafonné, à 7 cents. "Cette décision rendra abordable pour tout le monde le fait de rester en contact avec des proches résidant dans d’autres États membres de l’Union Européenne", selon un communiqué de la Commission européenne.

Mais attention: cette bonne nouvelle pour votre budget ne doit pas vous faire perdre de vue que votre abonnement mobile peut, selon les cas, se transformer en gouffre financier. De fait, ce sont bien les appels internationaux au sein de l’UE qui sont désormais plafonnés. Pas les autres!

Par ailleurs, il existe certaines zones frontalières en Europe où votre connexion mobile pourrait vous coûter quelques dizaines ou centaines d’euros si vous ne disposez pas de garde-fous! Voire un bras en cas de connexion satellite.

1. Hors forfait au sein de l’UE

Si vous dépassez les limites de votre forfait lorsque vous voyagez au sein de l’UE, vous aurez – comme c’est le cas en Belgique – un supplément à payer (dont le montant peut varier d’un opérateur à l’autre).

Évitez cette mauvaise surprise en téléchargeant l’app de votre opérateur (celle qui vous indique l’état de vos consommations en temps réel) ou en souscrivant à un abonnement qui n’autorise pas le dépassement de forfait.

Par ailleurs, vous pourriez être confronté à des suppléments si vous êtes chez un opérateur virtuel ou si vous disposez d’un abonnement illimité.

Contrôle des coûts
  • Prenez contact avec votre opérateur (ou surfez dans son app) pour savoir si la limite de 60 euros est activée par défaut. Si possible, réduisez-la ou demander carrément sa suppression.
  • Cette fonctionnalité est possible avec l’option "Budget Maîtrisé" de VOO Mobile.
  • L’abonnement "Mobilus FullControl" de Proximus permet de ne jamais dépasser son forfait mensuel: les minutes et le volume de surf sont bloqués lorsqu’ils sont épuisés, tandis que les SMS sont illimités. Si l’abonné ressent le besoin de dépasser les limites de son forfait, il a la possibilité d’acheter du crédit supplémentaire. Cette formule permet d’allier les avantages de l’abonnement et d’une carte prépayée.
  • Avec sa gamme "Zen", le principe est exactement le même chez Orange.

En effet, il a été prévu que les opérateurs virtuels, c’est-à-dire ceux qui ne possèdent pas leurs propres infrastructures de réseau, puissent demander une dérogation par rapport à la suppression totale des frais de roaming. C’est ce qu’a fait VOO Mobile. Par conséquent, les abonnés de cet opérateur ont une limite quotidienne de 60 minutes d’appel, 60 SMS et 200 MB de données mobiles lorsqu’ils voyagent au sein de l’UE. Au-delà, cet opérateur facture un supplément de 3,8 cents/min, 1,2 cents/SMS et 0,7 cent/MB.

Dans le cas des abonnements illimités, certains opérateurs ont néanmoins prévu des limites pour l’utilisation du forfait au sein de l’UE. Par exemple, l’abonnement Mobilus XL Unlimited de Proximus permet en Belgique de surfer à une vitesse maximale tant qu’on ne dépasse pas un volume de surf de 20GB. Au-delà de cette limite, la vitesse de la connexion mobile est réduite à 512 Kbps.

Si un abonné illimité de Proximus se déplace au sein de l’UE, il dispose d’un volume de 16GB supplémentaires pour surfer en dehors des frontières de la Belgique. Si ce volume "européen" est épuisé et qu’il continue à surfer, Proximus lui facturera un supplément de 0,54 cent/MB consommé (sans que sa vitesse de connexion ne soit réduite).

Du côté de Base, celui qui a un abonnement illimité dispose d’un volume supplémentaire de surf dans l’UE de 20GB. Comme chez Proximus, si ce volume est dépassé, il devra payer un surplus de 0,54 cent/MB consommé (sans réduction de vitesse).

Chez Orange, c’est tout différent! Cet opérateur ne prévoit pas de volume supplémentaire (comme Base et Proximus) pour surfer au sein de l’UE. Pour faire simple, l’utilisation de l’abonnement illimité Aigle est équivalente, que l’abonné soit en Belgique ou en déplacement au sein de l’UE: au-delà d’un volume de surf de 20GB, la vitesse de connexion est réduite. Il n’y aura donc aucun supplément à payer pour une utilisation dans l’UE au-delà du volume de surf de 20GB, mais contrairement à Base et Proximus, la vitesse sera plus lente.

Ceci dit, 512 Kbps, est une vitesse qui reste largement suffisante et confortable pour surfer, consulter ses mails, utiliser les réseaux sociaux et visionner la plupart des vidéos disponibles sur Youtube.

2. Zones frontalières

La fin du roaming en 2017 concerne les 28 pays qui composent l’UE (c’est toujours le cas actuellement du Royaume-Uni) ainsi que la Norvège, l’Islande et le Lichtenstein. Mais attention, certains territoires situés en Europe n’en font pas partie: Andorre, la Suisse, Monaco, Chypre Nord, la Cité du Vatican, Saint-Marin, Saint-Barthélemy et les îles anglo-normandes de Guernesey, Jersey, et Man.

Théoriquement, celui qui utilise son smartphone dans ces zones ne sera donc pas exempté de frais de roaming. De même que celui qui s’approche de leurs frontières.

Par exemple, si vous circulez en train ou en voiture à proximité de la frontière suisse et que votre smartphone bascule sur un réseau helvétique (car celui-ci à un signal plus puissant et au cas où votre smartphone est paramétré pour se connecter de manière automatique aux réseaux), vous payerez des frais de roaming. Vous avez donc intérêt à désactiver la recherche automatique de réseaux dans les paramètres de votre smartphone (et d’opter par conséquent pour une connexion manuelle).

Sachez que chez Proximus, le MB de surf est facturé 14,52 euros. Chez VOO et Orange, le tarif est un peu moins élevé, à respectivement 10 et 6 euros/MB, alors que Base ne facture que 3 euros/MB. Il n’y a que les clients de Scarlet qui ne paient pas de frais supplémentaires en Suisse.

3. Connexion satellite

Depuis quelque temps, les mentions "tarifs croisières, ferries et satellites" font de plus en plus leur apparition sur les pages destinées aux tarifs généraux des opérateurs. Par exemple, chez Telenet, ces tarifs sont de 6 euros/min pour être appelé de l’étranger ou de 8 euros pour être appelé à l’étranger, 0,70 euro pour un SMS, tandis que le surf mobile revient à 16,94 euros/MB. Du côté de Scarlet, il est précisé que "les appels reçus et émis depuis et vers les satellites (EMSAT, Inmarsat, Iridium, Thuraya) sont facturés 10 euros par minute en Belgique et partout dans le monde".

Autrement dit, il y a lieu de faire attention lorsque vous voyagez à bord d’un bateau. Mais aussi à bord de certains avions. La semaine passée, un client de Proximus a reçu une facture de 5.463 euros car ses données mobiles se sont activées une dizaine de minutes lors du vol qui l’emmenait à Dubai. Comment est-ce possible? Celui-ci a voulu profiter de l’accès Wi-Fi offert dans l’avion. Cependant, cette connexion a basculé sur les données mobiles via satellite.

Cela pourrait-il vous arriver? En principe non, car Proximus bloque d’office les connexions de ses clients dès que la facture atteint 60 euros. Dans ce cas précis, le client avait toutefois désactivé cette limite. Si vous êtes chez un autre opérateur, ce type de service existe aussi (par défaut ou non). Donc, renseignez-vous avant de voyager afin d’activer et/ou modifier cette limite (ou optez pour un abonnement qui n’autorise aucun dépassement de forfait).

"Le problème de ce client est aussi lié au fait que la connexion 4G a été effectuée en même temps que la connexion Wi-Fi, son téléphone ayant été paramétré pour le faire", selon Haroun Fenaux, le porte-parole de Proximus.

Peu importe votre opérateur, si vous ignorez comment paramétrer votre smartphone pour éviter cette fonctionnalité, contactez-le. Il sera en mesure de vous expliquer la manière de procéder pour votre modèle de smartphone.

Enfin, si vous voulez utiliser la connexion Wi-Fi proposée dans un avion, sur un bateau ou ailleurs en dehors de l’UE, activez d’office "le mode avion" de votre smartphone. Celui-ci vous empêchera d’avoir recours à vos données mobiles, mais pas au Wi-Fi! Ce qui ne vous empêchera donc pas non plus d’envoyer des messages ou de passer des appels via des applications comme Messenger, Skype ou encore Whatsapp.

Notez que Brexit ou non, Orange a déjà annoncé que ses tarifs de roaming ne changeront pas pour ses clients.

4. Tarifs internationaux

Avant de partir en vacances, prenez toujours la peine de vérifier les tarifs internationaux appliqués par votre opérateur. Par exemple, Proximus considère que certains territoires des DOM-TOM bénéficient comme la France du roaming gratuit. C’est le cas de la Guyane française, de La Réunion et des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin). Mais pas de la Polynésie française.

Si vous êtes sur ce territoire, vous payerez 3 euros/min d’appel émis et 1,50 euro/min d’appel reçu. Le SMS est facturé 70 cents, tandis que l’utilisation de vos données mobiles reviendra à 14,52 euros/MB. Notez que les autres opérateurs appliquent également des tarifs internationaux pour ce territoire et que Proximus n’est pas forcément plus ou moins cher qu’eux.

Si vous avez absolument besoin d’utiliser votre téléphone à l’étranger (pour les appels ou l’envoi de SMS), surfez sur le site de votre opérateur (ou rendez-vous en boutique) car il existe de nombreuses options tarifaires qui permettent de bénéficier de tarifs préférentiels à l’étranger.

Enfin, si vous ne pouvez pas vous passer d’Internet (et que vous craignez de ne pas avoir un accès continu à du Wi-Fi gratuit ou même payant), optez pour un Wi-Fi de poche. Il s’agit de la location d’un petit boîtier qui permet de bénéficier de l’Internet illimité et d’une connexion haut débit sécurisée dans plus d’une centaine de pays à partir d’une dizaine d’euros par jour d’utilisation.

C’est un service qu’offre notamment l’agence Connections située à Brussels Airport. En pratique, vous pouvez réserver un PocketWIFI (en ligne ou en agence) et le réceptionner le jour de votre départ sur place. À destination, allumez l’appareil. Le mot de passe apparaît. Rentrez-le dans vos appareils mobiles et vous resterez connecté tout au long de votre voyage.

À votre retour à Brussels Airport, il suffit de le déposer dans la même agence. Simple et efficace, tout en gardant votre facture mobile sous contrôle!

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