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Investir dans des associations caritatives ne garantit pas le dividende

Soutenir des sociétés coopératives qui accordent des microcrédits dans les pays en développement, c’est possible. Vous pouvez même percevoir un dividende. Ces investissements ne sont toutefois pas toujours un succès.
©hans van rhoon/Hollandse Hoogte

Investir dans une société coopérative comporte son lot de risques. Les coopérateurs sont en réalité des actionnaires et peuvent donc perdre la totalité des fonds investis. De plus, le paiement d’un dividende n’est pas garanti. Les coopératives ne peuvent par ailleurs pas distribuer plus de 6% de leurs bénéfices aux actionnaires. Si le coopérateur souhaite vendre ses actions, il sera remboursé à concurrence de leur valeur nominale. Contrairement aux actions cotées en Bourse, il n’est pas possible de revendre des actions de coopératives avec une plus-value.

Si toutes ces contraintes ne vous font pas peur, vous êtes probablement prêt à soutenir des projets d’entrepreneurs de pays en développement. Il est également possible d’investir dans un fonds de développement agréé. Notre pays en compte trois: Incofin, Alterfin et BRS. Chez ce dernier, les particuliers peuvent, depuis octobre dernier et jusqu’au 30 mai prochain, souscrire un maximum de 10 actions de 500 euros. Jusqu’à présent, BRS a collecté 2,5 millions d’euros. Pour l’exercice 2016, le fonds n’a distribué aucun dividende.

C’est aussi le cas d’Alterfin. L’an dernier, la coopérative a payé 42 millions d’euros sous forme de créances, en particulier à des agriculteurs d’Amérique du sud et d’Afrique. Cet investisseur social a été confronté à un partenaire peu scrupuleux au Paraguay, ce qui l’a obligé à comptabiliser des réductions de valeur et à clôturer l’année dans le rouge. Alterfin ne distribue donc pas de dividende pour 2016.

Tout comme les années précédentes, Incofin distribuera un dividende de 2,5%.

Le rendement des investissements dans des fonds de développement agréés est boosté par les avantages fiscaux accordés aux coopérateurs.

Le "rendement" des investissements dans des fonds de développement agréés bénéficie de l’avantage fiscal accordé aux coopérateurs, à savoir une réduction d’impôt de 5%, à condition d’avoir investi un minimum de 380 euros dans le fonds et de conserver les actions pendant au moins cinq années consécutives (sauf en cas de décès de coopérateur). La réduction d’impôt est plafonnée à 320 euros.

A noter que Oikocredit, une autre société spécialisée en microcrédits, a perdu provisoirement son agrément suite à des discussions avec l’autorité de contrôle, la FSMA, à propos de l’interprétation de la législation. Le problème semble aujourd’hui résolu, ce qui devrait permettre à Oikocredit de retrouver son statut d’ici quelques semaines.

Fiscalité

Les dividendes distribués par les coopératives sont exonérés de précompte mobilier, à concurrence de 190 euros par an. Cela s’applique non seulement aux dividendes des fonds d’investissements, mais à tous les dividendes distribués par les actions coopératives. Les actionnaires ne sont pas obligés de mentionner ces montants sur leur déclaration fiscale pour autant qu’ils ne dépassent pas le plafond de 190 euros (revenus 2016).

Si vous dépassez ce plafond et qu’aucun précompte n’a été retenu à la source – par exemple si vous recevez des dividendes de plusieurs sociétés coopératives – vous devez déclarer ces montants sur votre fiche fiscale.

Ceux qui préfèrent soutenir la production d’énergie alternative ont le choix. Il s’agit souvent de coopératives locales qui investissent dans les énergies renouvelables. Pour devenir client, vous êtes le plus souvent obligé de devenir coopérateur. Ces dernières années, les actionnaires de ces sociétés s’en sont assez bien sortis. En 2016, les actions Ecopower ont distribué un dividende de 4% et (celles d’Energie 2030, 4,25% pour l’exercice 2015-2016). D’ailleurs, au cours du même exercice, Courant d’Air a payé un dividende de 5%, Wase Wind de 5,5% et même de 6% pour Allons en Vent, soit beaucoup plus que le rendement d’un compte d’épargne.

Succès non garanti

Mais ici aussi, la prudence s’impose. La liquidation de Groenkracht démontre que tous les investissements dans les énergies alternatives ne sont pas un succès. La plupart des coopérateurs en Belgique sont liés à un acteur financier. Cera, le holding de tête de KBC, paie un dividende de 2,5% à ses 400.000 actionnaires pour la quatrième année consécutive. Le 14 novembre, Argen-Co, actionnaire d’Argenta à hauteur de 13,2%, a payé un dividende de 3,25%. Cette année, Argen-Co souhaite augmenter son capital et attend le feu vert de la FSMA pour lancer l’opération.

Pour les détenteurs de titres de Fidelio, la situation est moins rose. Ils sont coopérateurs de Crelan-Co, le holding (la caisse coopérative) derrière Crelan. Lors de l’assemblée générale du 27 avril, le management a proposé le paiement d’un dividende de 2,75%, soit moins que l’année précédente. De plus, Crelan a augmenté le coût du panier d’avantages de 30 à 42 euros par an, et les coopérateurs n’ont pas le choix. Ceux qui souhaitent vendre leurs titres devront attendre 2018.

©MEDIAFIN

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