interview

Jean-Luc Couchard: "Les gens qui mettent de l'argent dans une bagnole, ça me rend fou!"

©anthony dehez

Comédien belge/49 ans/Issu du conservatoire de Liège, il a fait l’ouverture du théâtre bruxellois "Le Public"/ Le dernier film dans lequel il a joué, "Tous les dieux du ciel", sera projeté en sa présence le 15 avril au BIFFF, le festival bruxellois du film fantastique/Bientôt à l’affiche de "Sawah" d’Adolf El Assal/Il va tourner dans la 3e saison de "Baron Noir" avec Kad Merad/ Il est en pleine écriture d’un long-métrage/Chanteur, il travaille aussi avec Calogero Marotta sur un album solo pop-rock français.

Quel a été votre premier job?

À 14 ans, j’ai travaillé comme magasinier dans une usine de beurre, chez Corman, à Goé. J’ai gagné près de 14.000 francs belges en 3 semaines. Même si mes collègues étaient sympas, cette expérience m’a conforté dans l’idée que je ne voulais pas travailler dans une usine. J’étais de toute façon déjà bien décidé à faire le conservatoire et à devenir acteur. D’ailleurs, c’est à cette époque qu’une prof – qui avait vu un certain potentiel en moi — m’a fait "tout donner" sur une scène de Molière.

C’est quoi le vrai luxe?

Pouvoir vivre décemment et avoir de quoi manger pour ma fille. Sinon, c’est d’avoir un "chez moi". Il ne doit pas forcément être grand! Ce qui compte, c’est que je m’y sente bien, que j’y sois tranquille et que je puisse y retrouver de la plénitude, étant donné que je suis souvent absent de par mon métier.

"J’essaie systématiquement de mettre de l’argent de côté pour pouvoir encaisser les éventuels coups durs."
Le conseil

Avez-vous eu un jour du mal à nouer les deux bouts?

À ma sortie du conservatoire, je n’avais pas encore de statut d’artiste. Par conséquent, quand je ne travaillais pas, je ne gagnais rien. Même si je vivais en colocation et que les coûts étaient divisés, ce n’était pas évident. J’ai d’ailleurs eu un mois très dur et je me suis dit à l’époque que je ne voulais plus jamais que ça m’arrive. Alors pour m’en sortir, j’ai donné des cours de théâtre. Puis, j’ai été engagé au Théâtre National et j’ai pu gagner ma vie en tant qu’acteur.

Vous êtes prêt à dépenser sans compter pour…

Pour m’offrir de belles vacances et pour gâter mes proches. J’adore faire plaisir. Et comme j’adore aussi cuisiner, je ne regarde pas à la dépense pour acheter de bons produits et faire en sorte que mes proches mangent bien.

Quelles dépenses sont de l’argent jeté par les fenêtres?

Ce qui me rend fou, ce sont les gens qui mettent de l’argent dans une bagnole. Quand j’habitais avenue de Mérode à Bruxelles, j’avais un voisin âgé et au chômage. Il avait une énorme voiture, c’était sa fierté. Finalement, il a dû la revendre pour payer ses dettes. Je pense que, comme lui, beaucoup de gens s’endettent malheureusement pour le paraître. Je déteste ça. Une voiture ça doit être utile. C’est tout!

En cinq chiffres
  • 4: "Je suis le dernier d’une fratrie de 4 frères."
  • 14: "Je suis né le 14 juillet 1969! C’est une date qui me fait marrer. Être né le jour de la révolution française et en 69, je trouve ça drôle. Et puis, j’ai toujours droit aux feux d’artifice pour mon anniversaire quand je suis en France."
  • 2004: "Ma rencontre avec OlivierVan Hoofstadt qui m’a pris directement lors du casting de Dikkenek! L’ambiance du tournage était super, on a improvisé. C’est ce qui m’a permis d’être plus connu, même en France."
  • 2010: "La naissance de ma fille, Nina."
  • 15/08: "Ma rencontre avec ma petite femme, Justine. C’était en 2015."

Avez-vous une collection?

J’ai connu quelqu’un qui portait des gilets originaux et ça m’a donné l’envie à l’époque d’en collectionner. Je trouve ça beau et même classe, porté sur un jeans. Depuis, je l’ai un peu laissé tomber, mais maintenant que j’y pense, je m’y remettrais bien.

Un souvenir du pire achat que vous ayez jamais effectué?

C’était une voiture d’occasion avec laquelle j’ai eu des tonnes de problèmes pendant près d’un an et demi. Au final, une neuve m’aurait coûté moins cher. Malgré tout, je continue à acheter d’occasion, mais en faisant désormais plus attention au carnet d’entretien.

Êtes-vous coutumier des rappels, amendes et autres PV?

Quand j’habitais Bruxelles, je n’avais pas de carte de riverain. Du coup, en cas d’absence prolongée, je me prenais tout le temps des prunes. En comptant les frais de rappel, j’ai eu une belle ardoise de 2.000 euros. Ça m’énervait!

Votre voiture n’a jamais été emmenée à la fourrière?

Si! Avant de partir en tournée, j’avais garé ma voiture sur une place où se tenait un marché hebdomadaire, mais je n’avais pas vu le panneau. De plus, j’avais oublié de payer mon assurance. Résultat: quand j’ai payé l’amende, je n’ai pas pu récupérer ma voiture à cause de son défaut d’assurance. Il m’a fallu un mois pour me mettre en ordre et pendant ce temps, la note de la fourrière a vachement augmenté. L’enfer! Ce qui m’a sauvé, c’est d’être reconnu par un des dépanneurs qui était un grand fan de Dikkenek. Je suis passé ainsi de plusieurs centaines d’euros à moins d’une centaine. J’avoue, c’est la seule fois où j’ai un peu profité de ma notoriété.

Dans son portefeuille: "Il est assez classique. À part des cartes de banque, il contient une photo de ma fille et un peu de cash, même si je dois avouer que j’en ai de moins en moins.On y trouve aussi et surtout mes ‘Rail Pass’.Quand je dois amener ma fille à l’école à Bruxelles depuis Liège, ça va plus vite en train qu’en voiture. C’est même plus sûr vu l’augmentation des embouteillages. Enfin, il y a ma carte Thalys. Elle est très importante pour mon travail." ©anthony dehez

Que préparez-vous pour votre pension?

Je compte bientôt acheter une maison et la rénover. À part ça, j’ai une assurance-vie et j’aurai une pension d’acteur. Mais de toute façon, je pense que je continuerai à travailler au-delà de l’âge de la pension. D’ailleurs, peut-on vraiment parler de travail à partir du moment où c’est une passion?

Que payons-nous encore trop cher en Belgique?

Tout sauf les soins de santé! Sinon, je trouve que nous payons beaucoup d’impôts, alors que certaines grosses fortunes y échappent.

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