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L'arrivée des chèques-repas électroniques retardée?

N'en déplaise à la Fedis et à l’Unizo, les chèque-repas électroniques devraient être effectifs dès cet automne. Qu’implique un tel changement pour les employés bénéficiaires? Comment fonctionnera concrètement ce nouveau système?
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(mon argent) – Malgré les nombreuses critiques essuyées par l’Unizo et la Fedis, l'introduction du chèque-repas électronique est pour l’instant l’unique solution réaliste de rechange à la version papier, estime le ministre de l’Economie Vincent van Quickenborne. Toutefois, la disparition du papier ne sera pas instantanée. En accord avec les représentants syndicaux, les entreprises auront le choix d’opter pour la version électronique ou papier ou même de proposer les deux.

Pourtant, l’organisation flamande des classes moyennes Unizo plaide pour une suppression des chèques-repas et autres écochèques en raison des tracasseries qu'ils engendrent, mais aussi car ils leur coûtent trop cher. Il serait plus intéressant de verser directement le montant de ces chèques aux travailleurs, car même une carte de paiement électronique spécifique occasionnerait des coûts souligne le patron de l'Unizo, Karel Van Eetvelt.

Plus lourd, plus complexe, plus coûteux

Même son de cloche pour la Fedis (Fédération de la distribution), la conversion des chèques-repas en version électronique sera plus lourde, plus coûteuse. "Tous les chèques, bons de réduction, etc. sont des moyens de paiement qui requièrent une approche spécifique de la part des commerçants (encodage, traitement à la caisse, ...). Cela demande beaucoup d'énergie. Nous nous demandons s'il ne faudrait pas envisager un système unique permettant les paiements par un seul canal", explique Dominique Michel administrateur délégué de la Fedis.

En outre, la Fedis estime que l'intention de convertir les chèques-repas en version électronique est bonne mais que "sa mise en oeuvre risque de déraper". "Permettre aux deux systèmes (papier et électronique) de coexister va multiplier par deux les problèmes pour les commerçants. D'informations que Fedis tient de première main, il apparaît en outre que les tarifs qu'appliqueraient les éditeurs des chèques-repas électroniques seraient encore plus élevés pour les commerçants que ceux applicables aux chèques papier", a ajouté Dominique Michel.

Projet maintenu

Mais le ministre de l'Economie Vincent Van Quickenborne tient au projet de chèques-repas électroniques, seule piste de rechange réalisable à court terme selon lui. En juillet dernier, il confiait d’ailleurs son projet à la Fedis: "les 250 millions de chèques-repas distribués chaque année doivent disparaître. L’envoi par courrier, la perte de pouvoir d’achat causée par des chèques expirés, le paiement à la caisse et le traitement financier par les chaînes de distribution sont inutiles, complexes et coûteux. Le chèque-repas digital doit être créé au plus vite. Via les terminaux de paiement existants en magasin, le client doit avoir accès immédiatement à ses chèques-repas électroniques. De son côté, le commerçant doit disposer de son argent dans les 3 jours suivant la transaction. Gain pour le consommateur et le commerçant".

En outre, il rappelle l'accord intervenu à ce sujet entre partenaires sociaux ainsi que celui de fin février en conseil des ministres. Leur coût ne pourra être supérieur à celui de la version papier, souligne-t-il. L'introduction de la version électronique est prévue pour l'automne et limitera déjà les tracasseries administratives et les coûts, fait-il valoir.

Comment cela fonctionne?

Officiellement, le système des chèques-repas électroniques sera dévoilé ce vendredi. Mais à maintes reprises déjà, des communiqués émanant du cabinet du ministre de l’Economie ont expliqué son fonctionnement. En voici les grandes lignes:

  • Le montant des chèques attribué à un employé sera placé, à la demande de l'employeur, sur un compte géré par un éditeur de chèques-repas reconnu par les pouvoirs publics.
  • Au début de chaque mois, les salariés recevront un avertissement du crédit de ce compte par e-mail ou SMS. Ils disposeront alors de 3 mois pour dépenser ce montant.
  • Le travailleur aura aussi la possibilité de consulter son solde et le nombre de chèques-repas valables encore disponibles via un terminal Bancontact, un peu à la manière du solde de la carte Proton.
  • En outre, il recevra automatiquement un message de rappel une semaine avant l'échéance de la validité du titre.
  • Les possibilités de paiement envisageables vont de la carte d'identité électronique à la carte bancaire classique, en passant par le paiement par SMS et ouvre donc la voie à de nouveaux émetteurs de chèques-repas. Accor et Sodexho pourraient rapidement être concurrencés.
  • Ce moyen de paiement devra être gratuit pour le travailleur, et pourra être bloqué en cas de perte ou de vol.
  • Nouveauté : le travailleur pourra fractionner ses chèques. Autrement dit, s’il dépense 5 euros et que la valeur d’un chèque est de 7 euros, le commerçant ne lui rendra pas le solde de 2 euros en liquide. Il restera sur son compte pour un prochain achat.

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