Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité
Publicité

L'heure d'été est-elle synonyme d'économies?

Le 31 mars, nous avancerons nos montres d’une heure. Cette mesure favoriserait les économies d'énergie. Vraiment?

Comme chaque année depuis 1996, les Belges "perdront" cette nuit une heure de sommeil. Le passage à l’heure d’été se fera officiellement dimanche 31 mars: à 2h du matin, il sera 3 heures. On avancera les horloges d'une heure. L'intérêt de l'heure d'été réside, selon ses partisans, dans les économies d'énergie qu'elle est censée permettre, sur la base d'une meilleure utilisation de la lumière solaire naturelle.

Une théorie remise en question depuis des années. Selon ses détracteurs, le changement d’heure aurait de nombreux effets négatifs dont notamment celui de troubler notre rythme biologique. Qui a tort? Qui a raison? Mon Argent fait le point sur le débat.

Des économies d'énergie limitées

Adoptée dans les années 70 par de nombreux pays pour faire face au choc pétrolier, cette mesure vise à réduire l'éclairage nécessaire en fin de journée. En effet, dans nos contrées, à la date du 31 mars, le soleil se lève vers 6h et se couche peu avant 20h. En passant à l'heure d'été, le soleil se lève alors vers 7h et par conséquent la nuit tombe vers 21h, prolongeant nos soirées d'une heure d'ensoleillement supplémentaire.

À première vue, des économies d'éclairage devraient donc être réalisées en soirée. Mais "de ces économies, il faut déduire la consommation accrue d'énergie due au chauffage le matin au moment du changement horaire et la consommation de carburant supplémentaire engendrée par l'augmentation possible du trafic le soir quand il fait plus clair", selon un rapport de la Commission européenne sur les implications de l'heure d'été. Autrement dit, les économies effectivement réalisées sont finalement relativement limitées voir inexistantes.

Par ailleurs, grâce aux nouvelles lampes efficaces qui consomment cinq fois moins, les économies d'éclairage - et donc d'énergie - non plus vraiment de raison d'être.

Inutilité de l'heure d'été

Comme son impact économique semble être relativement faible, de nombreuses voix s'élèvent pour supprimer cette mesure néfaste pour notre santé. Pour la Commission européenne, "la plupart des effets possibles de l'heure d'été sur la santé sont liés au fait que le corps doit s'adapter au changement d'heure en avril et en octobre. En l'état actuel de la recherche et des connaissances, les spécialistes s'accordent à constater que la plupart des troubles éprouvés sont de courte durée et ne mettent pas la santé en danger".

Interviewé l'an dernier par Le Soir, Eléonore Garbain, ingénieur agronome, présidente de l’Association contre l’heure d’été double (Ached), n’est pas de cet avis. Comme il fait clair plus tard, nous avons tendance à nous coucher plus tard. "Cette effet apparaît au moment du changement mais surtout au mois de mai. D’après des études récentes, la diminution du sommeil due au changement d’heure augmente le nombre d’accidents cardiaques. On constate également un accroissement des accidents au travail ainsi que sur les routes".

Vouée à disparaître?

A priori cette mesure ne devrait pas être abandonnée dans l'immédiat, voire peut-être même jamais. "Outre le fait qu'elle favorise la pratique de toutes sortes de loisirs le soir et qu'elle génère quelques économies d'énergie, l'heure d'été à peu d'impact et le régime actuel ne constitue pas un sujet de préoccupation dans les Etats membres de l'UE", indique la Commission Européenne.

Dans cette perspective, la Commission estime que le régime d'heure d'été tel qu'instauré reste approprié (…) En revanche il importe de maintenir l'harmonisation du calendrier pour assurer le bon fonctionnement du marché intérieur qui constitue l'objectif essentiel de la directive concernant les dispositions relatives à l'heure d'été".

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés