Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

La fin du roaming, une occasion de changer d'abonnement mobile

Des opérateurs télécoms viennent de se livrer une véritable bataille pour être celui qui offrira le plus de gigas de données mobiles au meilleur prix. Anticiperaient-ils une hausse de la demande suite à la fin des frais de roaming dans deux mois? C’est en tout cas le moment de changer de plan tarifaire ou d’opérateur!
©BELGAIMAGE

Ça y est, la course à celui qui offrira le plus de data sur le marché belge est lancée! Il y a encore quelques semaines, "Base 45" et ses 12GB de données mobiles était l’offre la plus généreuse du marché. Puis le 1er février, VOOmobile a décidé de bouleverser le paysage belge du mobile avec sa nouvelle option baptisée "DataBoost". Avec ses 8Go de data à 8 euros/mois, DataBoost est devenue à ce moment-là, l’offre la plus généreuse et la plus compétitive du marché en terme de données mobiles.

L’abonné VOOmobile peut en effet disposer de 9Go pour seulement 20 euros/mois (via l’abonnement "toudoo" couplé à l’option DataBoost). Et s’il a besoin d’un peu plus de données mobiles, VOOmobile a désormais une offre à 40 euros/mois pour 13GB, soit un 1GB de plus que Base pour 5 euros de moins…

"En combinant cette augmentation du volume data dans les abonnements toudoo, wahoo et tatoo avec l’option DataBoost, on obtient tout simplement les meilleures offres du marché belge pour des consommateurs toujours plus friands de volume data et ce, au meilleur prix", selon le communiqué de presse de l’opérateur. "VOO propose désormais le prix au giga le plus faible du marché.", ajoute Marie-Pierre Dinsart, porte-parole de VOO.

Pas faux. Mais c’était sans compter sur une nouvelle offensive de Base. Le 20 mars dernier, Base 45 et ses 24GB est officiellement redevenu l’abonnement le plus généreux du marché en données mobiles… à condition seulement d’activer une offre temporaire (mais valable jusqu’à la fin de l’année).

Concrètement, jusqu’au 30 juin 2017, Base double le data de tous ses abonnements (à l’exception de Base 9) sur demande. "Cette offre peut être facilement activée par nos clients via le site ou en se rendant dans un Base shop ou en appelant le call center", explique Coralie Miserque, porte-parole. Elle est par contre automatique pour tous les nouveaux clients de l’opérateur.

1,2GB en moyenne

Mais est-il vraiment nécessaire d’avoir accès à autant de données mobiles dans un abonnement? Pas sûr! Les derniers chiffres disponibles chez Base (février 2017) montrent qu’un abonné actif consomme en moyenne 1,4GB de données mobiles par mois (contre 0,9GB il y a un an, soit une augmentation d’environ 60%). Du côté d’Orange, l’utilisation moyenne des données mobiles se situe à 1,2GB/mois tandis qu’elle oscille autour de 1GB/mois chez Proximus.

La plupart des Belges peuvent donc être pleinement satisfaits avec un abonnement mobile qui comprend au moins 1,5GB de données mobiles. Dans ce cas, l’offre la moins chère du marché se situe chez Scarlet (voir tableau comparatif): pour 13 euros/mois, l’abonnement "Red" permet de bénéficier de 1,5GB de données mobiles, de 1.000 SMS et de 150 minutes d’appels vers tous les réseaux.

Pour à peine 2 euros de plus, l’abonnement "Dauphin" d’Orange (15 euros/mois) offre lui aussi 1,5GB de données mobiles et 150 minutes d’appels vers tous les réseaux. En revanche, les SMS sont illimités et l’abonné a accès à 32GB d’espace dans le Orange Cloud tandis que ses appels sont illimités avec les membres de sa famille. Les trois premiers mois d’abonnement ne sont facturés qu’à 7,50 euros.

Avec l’offre data doublée de Base, son abonnement à 15 euros/mois permet donc de bénéficier désormais de 3GB de données mobiles jusqu’à la fin de cette année. Comme Orange et Scarlet, l’abonné dispose ici aussi de 150 minutes d’appel vers tous les réseaux (et des appels illimités vers Base).

Si ce forfait de minutes d’appel est insuffisant, le "Belgium PLAN M" de Lycamobile peut être une option intéressante. Celui-ci offre également 3GB de données mobiles mais 600 minutes d’appel vers tous les réseaux, le tout pour 15 euros/mois.

En résumé, le consommateur belge moyen peut tout à fait s’en sortir avec un abonnement mensuel de 15 euros (à moins bien sûr d’être également un gros consommateur de minutes d’appel).

Un abonné actif consomme en moyenne 1 GB de données mobiles par mois chez Proximus.

Vers de l’illimité?

Mais il y a fort à parier que d’ici peu, il consommera en moyenne 2 ou 3GB de données mobiles/mois, voire nettement plus. "La croissance continue de la consommation de données mobiles est une tendance générale pour tout le marché, concède Jan Magot, le porte-parole de Proximus. D’un côté, de plus en plus de clients ont recours aux données mobiles et d’un autre côté, la consommation par client ne cesse d’augmenter."

Budget sous contrôle

Les opérateurs offrent de plus en plus de solutions de blocage pour éviter à leurs abonnés de dépasser leur budget mobile mensuel. Cela permet de combiner les avantages d’un abonnement et d’une carte prépayée.

  • VOO. Il suffit d’activer l’option "budget maîtrisé" et de fixer un seuil à ne pas dépasser (de 0 à 50 euros).
  • Orange. Cet opérateur vient de lancer deux nouveaux abonnements: Colibri Zen et Dauphin Zen. Ils sont en tous points pareils à Colibri et Dauphin sauf qu’il n’est pas possible d’aller au-delà du forfait une fois que celui-ci est épuisé. En cas d’urgence, il y a les SMS illimités et les appels illimités avec les membres de la même famille qui sont chez Orange.
  • Proximus. Même topo pour les abonnements de Proximus qui existent en version avec dépassement de budget possible (Mobilus) ou non (Mobilus FullControl). En cas d’urgence, il y a les SMS illimités et Facebook Messenger ou Whatsapp (s’il s’agit de l’app favorite que l’abonné a choisi de pouvoir utiliser gratuitement). De plus si cet abonnement est combiné à un pack Tuttimus, ici aussi les appels sont illimités entre les membres d’une même famille.

Base, dont 3 abonnés sur 4 disposaient fin février d’un smartphone, partage également cet avis. "De plus en plus de gens utilisent les données mobiles car les téléphones sont de plus en plus performants, les technologies évoluent également (vitesses plus élevées), la couverture des réseaux 3G/4G s’améliore constamment, il y a de plus en plus d’applications, etc., précise Coralie Miserque. Nous estimons également que les abonnés ont tendance à freiner leur consommation pour rester dans leur forfait et donc des offres du type de ce que nous proposons collent davantage à leurs besoins. Aujourd’hui nous avons déjà des clients qui consomment plus de 25GB par mois."

Marie-Pierre Dinsart de VOO ajoute que l’on va très clairement dans la direction de l’illimité pour les données mobiles, comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas et en France. "Avec l’utilisation actuelle qui est faite des forfaits data mobiles, avoir 10,20 ou 30 GB dans son abonnement n’est réellement utile que pour une petite partie de la population. Mais de manière générale, ce qui plaît à tout le monde, c’est le ‘peace of mind’, c’est-à-dire pouvoir utiliser un service sans risquer de dépasser son forfait."

Un avis que ne partage pas forcément Orange même si l’opérateur pourrait envisager d’augmenter le nombre de GB disponibles dans ses offres s’il y a une demande pour cela. "Nos plus gros consommateurs, qui ne représentent qu’une toute petite partie de nos clients, ne dépassent pas les 8 à 9GB de données mobiles par mois", précise Jean-Pascal Bouillon, son porte-parole. "Une offre illimitée ou à très gros volume n’est donc pas une réponse aux besoins des clients. Ceci dit, Orange continue à suivre l’évolution de leurs besoins et sera en mesure d’adapter son offre en conséquence."

La fin du roaming

Ce qui est sûr, c’est que la consommation de données mobiles risque très fort d’augmenter cet été! À partir du 15 juin 2017 (12 juin 2017 pour Proximus), les frais de roaming seront définitivement supprimés dans toute l’Union Européenne! Que ce soit pour les appels, les SMS et même le surf à l’étranger.

Autrement dit, il ne faudra plus attendre d’être connecté au Wi-Fi d’un hôtel ou d’un restaurant pour partager des photos sur Facebook ou Instagram sans risquer de faire exploser sa facture mobile. Les Belges pourront effectivement utiliser leur smartphone en Europe de la même manière qu’ils l’utilisent déjà en Belgique. C’est-à-dire sans le moindre surcoût à condition de rester dans les limites de leur forfait. Même en cas de dépassement à l’étranger, les tarifs seront exactement les mêmes que ceux appliqués en Belgique par les opérateurs mobiles. "Par exemple, si un abonné téléphone plus que les 150 minutes prévues dans son abonnement toudoo, ses consommations hors forfait à l’étranger seront alors facturées au même tarif que celles en Belgique, à savoir 20 centimes la minute pour un appel et 10 centimes par méga de données mobiles", explique Marie-Pierre Dinsart de VOO.

La consommation de données mobiles risque d’augmenter cet été suite à la suppression du roaming.

Gare aux appels internationaux

Comme le rappelle Jean-Pascal Bouillon d’Orange, la fin du roaming ne signifie pas qu’il sera désormais possible d’appeler partout en Europe ou d’envoyer des SMS sur des numéros étrangers sans le moindre surcoût. "Si un Belge situé en France émet un appel avec son numéro de téléphone belge vers un autre numéro de téléphone belge, il n’y aura plus de surcoût à partir du 15 juin. En revanche, s’il appelle un numéro de téléphone français, il sera question d’appel international et donc d’un surcoût."

Combien ça coûte? Chaque opérateur propose ses propres tarifs (voir tableau ci-dessus). À titre d’exemple (pour la France, l’Espagne ou l’Italie), VOO facture 30 cents/SMS envoyés vers des numéros étrangers et 65 cents/minute d’appel. Du côté de Proximus, le SMS est un peu plus cher (40 cents). En revanche, cet opérateur fait une différenciation entre les lignes mobiles (1,05 euro/minute) et les lignes fixes (65 cents/minute).

©MEDIAFIN

Un abonnement à l’étranger?

Avec la fin annoncée du roaming, certains consommateurs pensent que c’est l’occasion rêvée pour souscrire à un abonnement français moins cher et bien plus généreux en données mobiles! Rien n’interdit de le faire "mais il faut toutefois être conscient que dans ce cas, il faudra changer de numéro d’appel et par conséquent, les personnes qui devront le contacter devront payer une communication internationale", prévient Jean-Pascal Bouillon.

Par ailleurs, l’esprit de la régulation du roaming voulue par l’Union Européenne prévoit que chaque citoyen européen reste client auprès d’un opérateur du pays où il est domicilié et qu’il puisse bénéficier de l’utilisation de son téléphone lorsqu’il est à l’étranger (dans l’Union) sans frais supplémentaires. Si ce n’est pas le cas et qu’un consommateur européen abuse de la situation (et qu’il utilise son abonnement uniquement dans un autre pays), il s’expose à une réaction de son opérateur.

Quand y’a-t-il un usage abusif? Il y a abus si pendant une période de 4 mois, il y a une présence et une consommation des services de plus 50% à l’étranger.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés