Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent
Publicité
Publicité

La formation des parents détermine le salaire des enfants

En Belgique aussi, l’origine de chacun a toujours une incidence importante sur son avenir. D'après une étude, la formation des parents a une influence de taille sur le métier exercé plus tard par leurs enfants, et détermine même pour un cinquième leur salaire.

(mon argent) – Les Belges dont le père a décroché un diplôme universitaire gagnent généralement 20% de plus que les Belges dont le père n’a pas obtenu le diplôme d’enseignement secondaire, selon l’étude ‘Intergenerational Social Mobility’ conduite par l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique. Son but était de répondre à une question majeure: quel intérêt y a-t-il à naître au sein d’une famille ayant un niveau d’éducation élevé?

L’échelle sociale

Les capacités individuelles, les facteurs environnementaux familiaux et sociaux, les réseaux et le comportement d’une personne sont autant de paramètres jouant un rôle dans l’échelle sociale. Mais c’est l’enseignement qui permet, plus que n’importe quel autre, d’obtenir des revenus et un statut social plus élevés que les parents.

Le contexte familial et socio-économique, surtout, ont à leur tour un impact sur l’enseignement et les revenus d’une personne. Par ailleurs, l’influence de la formation des parents ou de l’absence de formation sur l’avenir des enfants est surtout importante au Royaume-Uni et dans les pays du Sud de l’Europe. Il est plus facile de grimper des échelons sur le plan social et de gagner davantage que nos parents au Nord de l’Europe, en Australie et au Canada qu’en France, en Italie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Dans les pays du Sud, les personnes dont le père a un diplôme universitaire gagnent en moyenne 20% de plus que celles dont le père n’a pas terminé l’enseignement secondaire. Les parents bien formés ont donc généralement des enfants qui le sont autant et occupent des postes mieux rémunérés. Autrement dit, les chances sont plus limitées pour ceux dont les parents étaient déjà moins chanceux.

Et en Belgique?

La Belgique se situe dans la moyenne des pays riches. La différence de salaire semble cependant être surtout liée à la différence entre les "écoles pauvres" et les "écoles riches". La situation socio-économique des élèves d’une école joue un rôle crucial dans notre pays, de même qu’aux Etats-Unis et en France. La ségrégation sociale est enracinée dans notre système d’enseignement. Dans notre pays, il existe en effet deux types d’écoles: celles accueillant 70% ou plus d’enfants provenant de familles aisées et celles accueillant 70% et plus d’enfants provenant de familles défavorisées. Il faudrait donc changer d’école plus d’un enfant sur trois pour parvenir à une répartition sociale idéale.

En Belgique, les enfants ont 45% de chances en moins d’accéder à un diplôme universitaire lorsque le père n’est lui-même pas titulaire d’un tel diplôme. Pour les filles, ce pourcentage passe même à 55%. Cette situation n’a par ailleurs rien d’exceptionnel: en Région bruxelloise, un élève sur cinq n’obtient même pas son diplôme d’enseignement secondaire. En Belgique comme au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie, le salaire est déterminé à 20% par la possession ou non d’un diplôme universitaire par le père.

La situation familiale donne une indication de la mesure dans laquelle un pays exploite le potentiel de sa population. Pour favoriser la croissance économique, il faut donc offrir davantage d’opportunités aux personnes nées dans une famille défavorisée, conclut l’OCDE.

Comment remédier au problème?
  • Il convient d’encourager une plus grande mixité sociale à l’école, de manière à améliorer les perspectives des enfants d’origine défavorisée, autrement dit à leur permettre d’accéder à des études supérieures. Cependant, ce projet n’est pas simple à implémenter dans la mesure où les personnes percevant un revenu semblable ont tendance à habiter au même endroit. Lisez aussi: "Où habitent les Belges les plus riches?"
  • Les enfants ne doivent pas choisir trop rapidement leur orientation professionnelle, au risque de compromettre leur mobilité sociale. En leur faisant choisir à 16 ans (et non à 10) le domaine d’études vers lequel ils souhaitent se diriger, on peut réduire de deux tiers l’incidence de la provenance sur les prestations des élèves. Lisez aussi: "Vous voulez un job? Etudiez bien!"
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés