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Le Belge paie ses achats plus cher que ses voisins

Le consommateur belge paie en moyenne 11,7% de plus que son homologue néerlandais, 8,6% de plus qu’un Allemand et 6,5% de plus qu’un Français.
©Thierry du Bois

Il est toujours plus intéressant pour un Belge de passer la frontière pour faire ses courses. Le rapport annuel de l’Observatoire des prix, publié hier, indique que les biens de consommation restent globalement plus chers en Belgique que dans les pays voisins. Une tendance qui s’observe depuis quelques années déjà et qui ne semble pas s’affaiblir.

C’est surtout pour les produits alimentaires transformés que les écarts de prix sont les plus significatifs, avec les Pays-Bas et la France. "Ce constat se vérifie un peu moins avec l’Allemagne", affirme l’Observatoire des prix dans son rapport.

"Aux Pays-Bas il y a une vraie guerre des prix, il en faudrait une en Belgique."
Philippe Ledent,
Economiste ING

Le consommateur belge a donc plus intérêt à aller faire ses courses aux Pays-Bas. "Aux Pays-Bas, il y a eu une vraie guerre des prix. Il en faudrait une en Belgique. Car dans certains secteurs, le pays souffre d’un manque de concurrence. C’est un réel désavantage pour le consommateur. Car au plus un marché est libre, au plus il est à l’avantage des consommateurs", observe Philippe Ledent, économiste chez ING. Par exemple, entre 2008 et 2013, les prix à la consommation du sucre et du chocolat ont augmenté nettement plus en Belgique (+ 22,7%) que dans les pays voisins (+ 8,9% en Allemagne, + 5,6% aux Pays-Bas, + 4,0% en France).

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Dans les services, entre 2008 et 2013, les prix ont augmenté de 10,8% en Belgique, contre + 7,8% chez les principaux pays voisins. C’est surtout au niveau des cafés et des restaurants que l’évolution des prix a été plus forte en Belgique. En comparaison avec 2012, les prix y ont augmenté en moyenne de 2,9% en 2013. "En Belgique, la conjoncture ne semble pas jouer sur la plupart des services (loisirs, culture, etc.). Il semble y avoir une indissociation totale. Même en période de mauvaise conjoncture, les prix continuent d’augmenter", juge Philippe Ledent. Le prix des places de cinéma a par exemple connu une hausse de 4,7% et celui des abonnements de théâtre de 2,7%.

Inflation en baisse

Et pourtant, l’inflation a diminué en Belgique. Elle est passée de 2,6% en 2012 à 1,2% en 2013. Le rapport de l’Observatoire des prix souligne d’ailleurs que "pour la première fois depuis 2009, l’inflation moyenne dans les pays voisins (1,4%) s’est révélée supérieure à celle enregistrée en Belgique".

C’est surtout la baisse des prix des produits énergétiques qui a permis de diminuer l’inflation. En la matière, le consommateur a dû débourser 4,6% de moins pour les carburants (contre + 6,5% en 2012) et 5,9% de moins pour le mazout de chauffage (contre + 10,1% en 2012). L’évolution des prix de ces deux produits est fortement liée aux cours du pétrole, exprimé en euros, qui a fléchi en moyenne de 5,7% entre 2012 et 2013 (contre une hausse de 9% en 2012). La contraction des cours sur le marché international ainsi que l’appréciation de l’euro face au dollar ont contribué à ce repli.

Les différentes mesures prises par le gouvernement pour maintenir les prix de l’énergie ont également joué. Au final, l’électricité et le gaz naturel ont coûté en 2013 respectivement 0,9% et 8,5% de moins. En réalité, l’électricité a connu une plus forte baisse (-9,5%) ainsi que le gaz (-12, 3%), mais ces diminutions ont été fortement compensées par la hausse du financement du renouvelable et d’autres mesures de service public. "En matière énergétique, tous ces coûts sont facturés aux clients par l’intermédiaire du tarif de distribution", explique Philippe Ledent. Globalement, en 2013, les tarifs de réseaux représentaient environ 45% de la facture globale d’électricité. Entre 2010 et 2013, ces tarifs ont augmenté en moyenne de 30% en Belgique ( + 37% en Flandre, + 25% en Wallonie et + 12% à Bruxelles).

Enfin, toujours en comparaison avec 2012, le consommateur a payé 3,2% de plus pour les produits alimentaires transformés. Quant au rythme de progression des prix des produits alimentaires non transformés, il s’est accéléré davantage pour atteindre en moyenne 4,4% en 2013, les fruits affichant des taux d’inflation élevés, notamment au deuxième trimestre 2013 (16,9%) marqué par une météo défavorable.

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