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Le prix de l'eau augmente en moyenne de 7,2% à Bruxelles

Bien qu’aucune modification fondamentale n’ait été annoncée en la matière pour 2012, le prix de l’eau courante devrait augmenter cette année. En cause? Les communes qui augmentent la cotisation sur les eaux usées, l’impôt plus élevé sur le captage d’eau en Wallonie et les retombées de l’indexation des salaires l’an dernier.
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©Photo News

Votre facture d’eau est un puzzle composé de quatre pièces très inégales. Cette structure complexe est le résultat de la transposition d’une directive européenne de 2000 qui détermine que tous les coûts des interventions humaines dans le cycle de l’eau doivent être répercutés dans la formation de prix.

Depuis 2005, le contribuable paie donc, outre son raccordement (abonnement), la production, l’épuration et la distribution, mais aussi une partie des frais liés à l’évacuation des eaux usées et l’entretien et le développement du système d’égouttage. Chaque fois par mètre cube consommé. Car la base du calcul du tarif reste le principe du "pollueur payeur". L’eau relèvant de compétences régionales, le calcul diffère dans chacune des trois régions.

Augmentation du prix de l'eau par région*

Région Prix 2011 (en euros) Prix 2012 (en euros) % Différence
Wallonie 527,55 535,95 1,60%
Flandre 525,67 544,2 3,50%
Bruxelles 415,15 445,07 7,20%

*Sur la base de la consommation moyenne d'un ménage composé d'un couple + 2 enfants.

Wallonie

La facture wallonne d’eau part d’un coût réel établi pour l’extraction/distribution et l’épuration de l’eau. Le Coût-vérité à l’Assainissement (CVA) couvre tous les frais liés à l’évacuation et au traitement des eaux usées. Le tarif, déterminé par la Société Publique de Gestion de l'Eau (SPGE), est applicable à l’ensemble de la région. L’autre composante importante de prix est le Coût-vérité à la Distribution (CVD): il ne comprend pas seulement les frais d’extraction et de distribution, mais aussi ceux engagés pour le contrôle et l’entretien des bassins.

Le prix par mètre cube est égal à la somme des deux paramètres, du moins pour ceux qui consomment entre 30 et 5000m³. Le particulier qui consomme moins paie uniquement la moitié des frais de distribution. Les grands consommateurs bénéficient eux d’une ristourne sur le CVD et  sur le coût de l’épuration. De même, pour l’abonnement annuel, deux facteurs entrent en ligne de compte, la formule s’établissant ainsi: 20xCVD + 30xCVA. Ajoutons-y une contribution au fonds social de 0,0125 euro/m³ et 6% de TVA. Le contrôle sur le prix final relève des compétences du Comité wallon de contrôle de l'eau et du SPF Économie.

Ces instances ont donné leur feu vert à une deuxième augmentation de prix sur une année. L’an dernier en effet, le CVA s’était déjà hissé de 1,3080 euro à 1,407 euro par mètre cube. Depuis le 1er janvier, les habitations de la Région wallonne paient également 2,31 euros/m³ au lieu de 2,2504 euros/m³ pour l’extraction et la distribution. "C’est la conséquence de l’augmentation salariale découlant de l’indexation de juin de l’an dernier", note Thierry Jehasse de la Société Wallonne des Eaux (SWDE), la plus grande des sociétés wallonnes des eaux avec près d’un million de raccordements.

Jehasse pointe également du doigt les investissements consentis dans la capacité supplémentaire – 125 millions d’euros cette année – et l’augmentation de l’impôt wallon sur l’extraction d’eau. "Par mètre cube d’eau potable potentielle, nous payons désormais 0,0756 euro. Cela représente près de 10 cents de plus pour le consommateur dès lors que l’on considère la perte d’eau en cours de trajet." L’impôt supplémentaire sortira ses effets partout, même en Flandre, explique Jehasse, puisque la région du Nord importe 20% de son eau potable du Sud du pays. "Tout le monde devra y aller de sa poche. On n’y coupera pas!"

Exemple en Wallonie

Flandre

En Région flamande, le prix de l’eau se compose de trois paramètres: le coût de l’extraction et de la distribution (déterminé par les sociétés des eaux), la cotisation supracommunale (fixée par la Région pour couvrir les frais d’Aquafin, société d’épuration) et la contribution communale (à fixer par les communes et destinée au développement et à l’entretien du réseau d’égouttage).

Le poids des communes dans les tarifs de l’eau potable explique que le prix en Flandre puisse différer sensiblement d’une localité à l’autre. Les habitants de Mol paient par exemple 40% de contribution communale de moins que ceux de Zaventem ou de Dilbeek. "Initialement, de nombreuses sociétés prenaient les frais d’égouttage à leur charge mais cette situation n’était pas tenable", déclare Bart Van Besien, porte-parole de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), qui contrôle le prix de l’eau intégral, en tant qu’organe de surveillance économique.

Van Besien confirme qu’une augmentation se prépare. "Les communes peuvent au maximum demander 1,4 fois la cotisation supracommunale. Un tiers ne l’a pas encore fait. La probabilité est cependant grande que ce dernier groupe opte pour le maximum. "

De même, la cotisation supracommunale a elle-même augmenté depuis le 1er  janvier, de 0,8968 à 0,9313 euro/m³. "Cette augmentation découle d’une adaptation de l’indice", explique Van Besien. "La hausse n’est pas suffisante pour couvrir les frais supplémentaires d’Aquafin. La Région flamande assume la différence pour que le consommateur ne soit pas imposé davantage encore."

Sur la base des perspectives en Wallonie, la Flandre devrait pouvoir s’attendre, elle aussi, à une augmentation du prix de l’extraction et de la distribution. Ce sont les sociétés des eaux (au nombre de 14 en Flandre) qui définissent un tarif maximum couplé à l’indice. "Pour toute augmentation de prix, les sociétés des eaux doivent introduire une demande motivée à la Commission des prix du SPF Économie. Généralement, on compte deux à trois demandes par an."

La Vlaamse Watermaatschappij (VMW), de loin la plus importante de la Région avec 2,8 millions de clients dans 170 communes, n’a pas attendu très longtemps. Le 1er janvier, la VMW a relevé son prix à la consommation de 6 cents (de 1,85 euro/m³ à 1,91 euro/m³). L’an dernier, le tarif avait déjà été majoré de 3,11%. Cela n’a pourtant rien de surprenant dans la mesure où l’entreprise tire les trois quarts de son eau de la SDWE à Verviers.

Exemple en Flandre

Bruxelles

Comme Bruxelles tire déjà toute son eau des bassins wallons, ses habitants doivent eux aussi se préparer à recevoir une facture d’eau plus salée. Hydrobru a procédé à plusieurs augmentations de prix successives ces trois dernières années. Pour financer le renouvellement de 500 kilomètres d’égouts (un tiers de l’ensemble du réseau), la société a déjà augmenté le prix de l’eau de 20% depuis 2009. Ajoutons-y une hausse de 72% de la contribution d’assainissement supracommunale depuis 2007. Et maintenant, un prix plus élevé pour l’eau proprement dite…

Exemple à Bruxelles

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