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Les vins "bio" bien au-delà de l'effet de mode

Les vins "bio" sont devenus un créneau à part entière. L’occasion de tester quelques bouteilles et de refaire le point sur les appellations qui se multiplient et dont la signification n’est pas forcément bien connue.
©Vincent Duterne

Avant l’arrivée des désherbants dans les années 50-60, tout le monde pratiquait le bio… sans le savoir. L’arrivée des produits de traitements de la vigne a permis de produire davantage en travaillant moins. Aujourd’hui, l’agriculture biologique est bien plus qu’un simple effet de mode cantonné aux consommateurs "bobo" et aux producteurs ex-soixante-huitards… Dans les années 2000, les vins issus de raisins cultivés biologiquement ont connu un essor extraordinaire. Depuis, les demandes de conversion explosent: rien qu’en France, elles ont bondi de 14% l’année dernière. L’Espagne est devenue le premier pays producteur de vins bio d’Europe, devant la France et l’Italie. Une récente étude IPSOS indique que 34,9% Européens sondés déclarent boire du vin bio au moins une fois par an. Et ils sont de plus en plus de jeunes. Les Suédois sont les premiers consommateurs de vins de ce type, devant les Français, les Allemands et les Britanniques.

Qu’est-ce qu’un vin "bio"?

Un règlement européen adopté en février 2012 autorise la certification bio de tout le processus de production, de la vigne à la bouteille. Depuis le millésime de 2012, nous bénéficions donc de vin "bio" et non plus de vin "issu de raisins bio".

Ce règlement impose des restrictions ou interdictions relatives à une liste restreinte d’additifs et auxiliaires œnologiques en privilégiant, pour certains, une origine bio. Notamment pour les niveaux de SO2 (soufre ou sulfite). L’ajout est autorisé, mais en quantité bien inférieure à celle permise pour les vins de culture conventionnelle. Par exemple, pour les vins rouges secs, 100 milligrammes par litre sont autorisés, contre 150 mg pour les rouges conventionnels. Ou 150 mg pour les blancs secs, contre 200 mg pour les blancs conventionnels. Les puristes du bio jugent la différence encore trop ténue… Rien n’empêche toutefois les producteurs d’ajouter au logo bio européen, celui d’un organisme certificateur (comme Demeter) qui impose un cahier des charges plus strict, notamment concernant les sulfites.

Qu’est-ce qu’un vin "biodynamique"?

Un vin biodynamique est élaboré selon les préceptes de Rudolf Steiner, philosophe autrichien du début du 20e siècle. Il est bio, mais d’autres critères sont également pris en considération: les influences astrales et le rythme de la nature, les rythmes solaires et lunaires. Le sol et la plante sont en outre enrichis par des décoctions, des tisanes de type homéopathique.

Qu’est ce qu’un vin "nature"?

Ce type de vin résulte avant tout d’un choix philosophique: retrouver l’expression naturelle du terroir. Il est produit avec des raisins cultivés selon les normes de l’agriculture biologique (sans désherbants, pesticides, engrais, produits de synthèse), vendangés manuellement.

Les interventions techniques susceptibles d’altérer la vie bactérienne du vin sont proscrites. Les sulfites tolérés ne peuvent dépasser les 30 mg/l pour le rouge et 40 mg/l pour le blanc. Et dans certains cas, le vin peut ne pas en contenir du tout.

Il faut cependant savoir que le vin "nature" n’obéit à aucun cahier des charges officiel. Ses dérives aromatiques peuvent surprendre au débouchage. Il est donc vivement conseillé de le carafer quelques heures avant la dégustation.

Qu’est ce qu’un vin "sans sulfites ajoutés"?

Cette mention ne signifie pas que le vin ne contient pas de sulfites. Certaines levures en produisent en effet naturellement et peuvent donc faire dépasser le taux maximal de 10 mg/litre à partir duquel la mention "contient des sulfites" est obligatoire.

Un vin ne doit en outre pas nécessairement être bio pour mentionner sur l’étiquette "sans sulfites ajoutés".

Hecht & Bannier, Languedoc vieilles vignes 2014 (Bio)

C’est la région française pionnière en viticulture biologique. Ce rouge, à l’accent très sudiste, réunit les cépages syrah, grenache et carignan. Au menu: fruité typique du premier, générosité du deuxième et notes épicées, sauvages, du troisième. Un vin chaleureux et concentré. On pourra encore le conserver avec bonheur 2 à 3 ans. | Delhaize: 6,29€

Nature, Le Champs des Murailles, Corbières 2014 (nature)

Vinifié puis élevé sans sulfites, ce rouge assemblé avec carignan, syrah et grenache, offre sa palette de fruits noirs et d’herbes d’une garrigue estivale. Riche et concentré, il est à boire dans les 2-3 ans. | Colruyt: 7,66€

Chardonnay La Boulzane 2014, Jean-Louis Denois, Vin de France (Bio)

Le parcours de cet "artisan vigneron" installé en Roussillon sur les hauteurs du Val d’Agly, est surprenant. C’est l’un des meilleurs vinificateurs de cépages blancs dans le sud de la France! Frais, nerveux, tonique, minéral: on lui découvre une palette aromatique des blancs de chardonnay du nord… A boire d’ici l’été 2017. | Caviste Alain Meersseman, 12 rue Gustave Demanet, 1020 Bruxelles: 11,90€

Domaine des Coccinelles, Côtes du Rhône 2014 (Bio, certifié par le bureau Veritas)

Cette propriété située dans le Gard est devenue une référence dans le monde des vins bio. Syrah et grenache s’associent pour un rouge au fruité charmeur (fruits noirs mûrs, sans excès). On le dégustera dans les deux ans. | Cora et Cora Wine: 7,59€

Domaine Carobelle, Vacqueyras 2013 (Bio)

De vieilles vignes des deux cépages emblématiques rhodaniens (grenache et syrah) nous offrent ce rouge aux saveurs intenses et concentrées de fruits noirs et rouges, avec une finale subtilement épicée. Il évoluera encore positivement deux à trois ans. | Colruyt: 10,15€

L’Intact, Buzet 2014, Cave des Vignerons (sans sulfites ajoutés)

Cette appellation du sud-ouest français réunit trois cépages classiques bordelais. Merlot, cabernet-sauvignon et cabernet-franc s’associent pour donner ce vin, non bio mais vinifié sans ajout de sulfites lors de sa vinification. Fruité généreux, finale un peu tanique. A carafer et à déguster dans la journée (soirée) car non protégé contre l’oxydation! A boire donc plutôt d’ici la fin de cette année. | Cora et Cora Wine: 5,99€

35° South, cabernet-sauvignon/merlot 2014, San Pedro, Chili (Bio)

Cet important producteur de la vallée centrale chilienne propose ce rouge issu des deux grands cépages bordelais. On lui découvre déjà au nez les évocations des rouges de ce pays: eucalyptus et crème de cassis. Un vin sur le fruit et la rondeur. On l’appréciera encore une bonne année. | Carrefour: 7,69€

Little Rouge Garance, Vin de Pays des Coteaux du Pont du Gard 2014 (Bio, nature, certifié par Ecocert)

Ce Domaine situé en face du célèbre aqueduc romain a un copropriétaire célèbre: l’acteur Jean-Louis Trintignant. Syrah et grenache ne sont protégés que par très peu de sulfites (à peine 26 mg/l par litre). Fraîcheur et fruité sont au rendez-vous… A boire d’ici la fin de l’année, vu son manque de protection à l’oxydation. | Louis Delhaize: 9,10€

Vivera, Terra dei Sogni, Terre Siciliana Rosso IGP 2012, Italie (Bio)

Au nord du volcan Etna, ce Domaine présente un rouge à l’encépagement original: cabernet-sauvignon, syrah et un vieux cépage local, le nerello cappuccio. Ils sont plantés en altitude (400 à 600 mètres). Un vin à la forte personnalité, marqué par des fruits noirs bien mûrs et une finale épicée. A découvrir et à boire dans les deux ans. | Comptoir des Vins (Wavre, Ottignies, Genval, Waterloo, Bouge, Salzinne, Marche, Woluwe, Nivelles, Jambes): 13,20€

Best of Our Planet, Monastrell, Yecla DO, Espagne (Bio)

Près de Murcie, au sud d’Alicante, le cépage monastrell (mourvèdre en France) nous donne ce rouge charnu et intense, aux notes de fruits noirs (mûre, prune). Un très bon rapport qualité/plaisir. On l’appréciera dans les 2 ans. | Delhaize: 5,79€

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