Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Lire des classiques peut aussi vous enrichir!!

Pourquoi se coltiner la littérature économique? Il est aussi possible de joindre l'utile à l'agréable, pardi ! Les personnages des grands classiques de la littérature ont également des avis intéressants sur l'argent... Extraits et tranches de vie.

(mon argent) - Les écrivains sont des êtres humains. Et les êtres humains ne vivent le plus souvent... que par la grâce de l'argent qui est — ou non – à leur disposition. Dostoïevski n’a presque jamais eu d'argent, et lorsqu'il en a eu, il s’est endetté. Goethe n'a jamais connu de soucis d'argent, parce qu'il a toujours su trouver un noble mécène pour l’entretenir. Quant à Fernando Pessoa, il a travaillé toute sa vie comme clerc afin de pouvoir se consacrer librement à la littérature après ses heures. Tous ces écrivains ont projeté des fragments de leur expérience de la vie dans l'un ou l'autre personnage, ou récit. Une sagesse que l'on aurait tort de négliger. En pleine rentrée littéraire, où près de 750 nouveaux livres vont être mis sur le marché en quelques jours, l'occasion est belle de revisister autrement quelques classiques!

1. Si l’on ne veut pas se faire voler, il faut ruser (Decameron, Troisième nouvelle, Boccace)

Dans la troisième nouvelle du Decameron de Boccace, Saladin demande à Melchisédech, un juif fortuné, quelle est, parmi les trois grandes religions, celle qui proclame la véritable parole de Dieu. En cas de réponse neutre, le Sarrasin aura immédiatement une raison de mettre la main sur son argent.

Après une longue réflexion, Melchisédech raconte finalement à Saladin l’histoire d’un homme incapable de décider auquel de ses trois fils il laisserait son héritage. Il fait alors réaliser deux copies parfaites de l’anneau qui, selon la tradition familiale, est transmis au fils qui hériterait du pouvoir de susciter l’amour. Depuis, personne ne sait qui possède le véritable anneau.

Saladin apprécie la réponse rusée du juif. Au lieu de confisquer sa fortune, il emprunte auprès de lui et le couvre de cadeaux.

2. Vivre à crédit se termine toujours mal (Madame Bovary, Gustave Flaubert)

En plus de l'une ou l'autre aventure sentimentale, Emma Bovary compense son morne mariage et sa triste existence dans une petite ville de province par un goût immodéré du luxe qu'elle satisfait en empruntant. Flaubert dépeint joliment la psychologie d’un être incapable de gérer son argent, un comportement qui sera finalement fatal à Madame Bovary :

 " Parfois, il est vrai, elle tâchait de faire des calculs ; mais elle découvrait des choses si exorbitantes, qu’elle n’y pouvait croire. Alors elle recommençait, s’embrouillait vite, plantait tout là et n’y pensait plus. "

Lorsque son principal créancier lui envoie un huissier qui lui réclame 8000 francs, le ressort de Madame Bovary se brise.

" La folie la prenait, elle eut peur, et parvint à se ressaisir, d’une manière confuse, il est vrai ; car elle ne se rappelait point la cause de son horrible état, c’est-à-dire la question d’argent. "

3. L'argent est la base d’une vie stable  (Crime et châtiment, Fedor Dostoïevski)

Mu par un mélange maladif de besoin d'argent et de sentiment de supériorité, Raskolnikov, un pauvre étudiant, tue une vieille usurière à coups de hache. Chez Dostoïevski – également connu comme étant l’écrivain le plus endetté de littérature mondiale –, l'argent est une force capable de sauver les personnages de l'humiliation. Dans " Crime et châtiment ", cette idée est exprimée par Svidrigaïlov, un étrange personnage qui est amoureux de la sœur de Raskolnikov et le fait chanter après avoir entendu sa confession à sa chère Sonia.

" D'autre part, il est assez pénible à un jeune homme plein de qualités et d'un orgueil incommensurable de reconnaître qu'une somme de trois mille roubles suffirait à changer tout son avenir, et de ne pouvoir se les procurer. Ajoutez à cela l'irritation maladive causée par une faim chronique, un logement trop étroit, des vêtements en lambeaux, par la conscience de toute la misère de sa propre situation. " 

Dans ce même livre, on trouvera également un judicieux conseil d'épargne donnée par Rasoumikhine, l’ami de Raskolnikov 

" Vois-tu, Rodia (Raskolnikov), il suffit, d'après moi, pour faire son chemin dans le monde, de savoir observer les saisons. Si l'on ne demande pas d'asperges en janvier, on garde quelques roubles de plus dans son porte-monnaie, il en est de même pour ces emplettes "

4. La véritable richesse réside dans la tromperie (éloge de la folie, Érasme)

" Mais, dira-t-on, c'est un malheur d'être trompé ! Bien plus grand malheur de ne pas l'être ", affirme Erasmus de Rotterdam au début du chapitre  45 de son éloge de la folie. " L'erreur est énorme de faire résider le bonheur dans les réalités : il dépend de l'opinion qu'on a d'elles. "

À titre d'illustration, il raconte l’histoire d'un homme ayant donné des verroteries à sa femme en prétendant qu'il s'agissait de pierres précieuses. Pourtant, aucun problème, affirme  Érasme: " Elle ne repaissait pas moins joyeusement ses yeux et son esprit de cette verroterie; elle n'en serait pas moins précieusement ces riens comme un trésor. Le mari cependant évitait la dépense et profitait de l'illusion de sa femme, aussi reconnaissante que si elle avait reçu un cadeau princier. "

5. La véritable richesse réside dans la tromperie de soi (Pères et Fils, Ivan Tourguéniev)

Sur son lit de mort, le nihiliste Bazarov a un dernier moment de lucidité:

"Qu’est-ce qu’un mot ne permet pas ? L’Homme a inventé et prononcé le mot " crise " et cela lui procure du soulagement. Il y a quelque chose de miraculeux à la manière dont il croit aux mots. Il s’afflige s’ils le traitent de fou sans le frapper, il se sent heureux s’ils le qualifient de génie sans lui donner d’argent."

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