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Méfiez-vous des arnaques au vin

La fin de l'année est un moment festif, aussi pour les marchands de vin. Que vous soyez à la recherche d'un verre de vin rouge ou blanc pour accompagner votre menu de Noël, ou d'une bonne bouteille à offrir en cadeau, les supermarchés et les magasins spécialisés vous accueilleront les bras ouverts. Mais les escrocs vous attendent également...
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(mon argent/wijntijd/ds) - "Bonjour Monsieur, je vous téléphone de Bordeaux", entendez-vous à l’autre bout du fil. Votre interlocuteur vous propose une offre à laquelle il est difficile de résister. Il vend – temporairement et auprès d’un public sélectionné – des vins exclusifs à des prix imbattables. Même si vous n’êtes pas vraiment un amateur, une telle offre semble très séduisante. En proposant des vins connus, vous aurez fier allure devant vos invités, votre famille ou des amis.

Mais les prix ne sont pas vraiment très bon marché. D’après un article dans le journal De Standaard, des bouteilles 'Montagne Saint-Emilion, Château Haut Malnon 2002'  sont proposées en vente par téléphone ces derniers jours, à un prix de 32,98 euros. Si vous vous laissez convaincre et commandez 6 bouteilles, vous débourserez presque 200 euros. Surprenant, car lorsqu’on se renseigne auprès du viticulteur concerné, on apprend qu’une bouteille commandée directement chez lui coûte seulement 6,50 euros. Cela se traduit donc par un bénéfice de 407%. Encore pire : le stock de bouteilles de l’année 2002 est épuisé depuis longtemps déjà. Et d’ailleurs, le vin n’est sans doute plus bon à boire, car la date limite de consommation a largement été dépassée.

La méfiance rapporte

Pour vous armer contre ce genre de pratiques, mieux vaut ne pas accepter des offres de vente par téléphone. On peut d’ailleurs aussi se demander si le charmant interlocuteur téléphone bien depuis la France comme il le prétend. Souvent, il se trouve dans un call-center en Belgique et imite simplement l’accent français.

Vous devez donc être très méfiant, et davantage lorsqu’une grande bouteille de Bordeaux est proposée.  Les escrocs citent souvent le Saint-Emilion grand cru, Médoc ou Pomerol, conscients du fait que tout consommateur de vin, amateur ou professionnel, associe ces noms à de la qualité. Les noms des négociants varient tout le temps et ont toujours une touche française et artisanale. La société qui proposait les vins chers Saint-Emillion opérait sous le nom de 'Vignoble et Tradition'.

Résistez aux histoires émotionnelles

Même les noms des vins sont souvent bien choisis. Ainsi, il existe des variantes du nom 'Pomerol', qui n’ont rien à voir avec le vin original. Ces vins ont un goût de vin allongé à l’eau. Et si l’approche professionnelle ne fournit aucun résultat, les escrocs n’hésitent pas à inventer une histoire émotionnelle. Evitez de croire à l’histoire d’un inconnu qui, après le décès de sa femme, est obligé de vendre "à prix d’ami" sa collection exclusive de vins.

Vendre du mauvais vin est déjà une acte à proscrire, mais commettre une fraude c’est encore autre chose. Ainsi, il y a deux ans, un couple de la région du Rhône a réussi à vendre 200 fausses bouteilles, jusqu’à ce que la supercherie soit mise à jour. Le couple avait de grandes ambitions et avait même investi des milliers d’euros dans une société écran. Leur mode opérationnel: ils achetaient des bouteilles authentiques – surtout Châteauneuf-du-Pape – qu’ils remplissaient de vin bon marché. Ensuite, les étiquettes originales étaient copiées grâce à un scanner. Ils sont même parvenus à copier le cachet spécial du bouchon attestant de l’authenticité de la bouteille.

Une amende de 135.000 euros

Ils demandaient 1.500 euros pour une caisse de 12 bouteilles de faux Châteauneuf. Ils ont même utilisé le nom de Domaine de la Romanée Conti, un des crus de Bourgogne parmi les plus rares et les plus chers au monde, qu’ils vendaient à un prix de 4.500 euros. Le couple a été repéré en 2005 mais n’a été jugé qu’au mois de septembre de cette année. Ils devront s’acquitter d’une amende de 135.000 euros et 8 mois de prison avec sursis.

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