Pas (encore) de restrictions sur l'eau, mais vous pouvez l'économiser !

©ANP XTRA

Malgré la sécheresse de ces derniers mois et les très rares épisodes pluvieux, les sociétés chargées de la distribution de l’eau à Bruxelles et en Wallonie ne prévoient pas de restrictions. Mais c’est l’occasion de rappeler les gestes à faire et les investissements à consentir pour économiser l’or bleu.

Il fait anormalement beau et sec depuis des semaines et même des mois. Et si l’on en croit les prévisions météo, ce n’est pas près de changer. Les pelouses sont grillées et les plantes tirent la tête. Il ne pleut pas. Ceux qui ont un jardin, un potager ou des terres agricoles sont contraints d’arroser copieusement quasi tous les jours. Quand la générosité du ciel n’est plus au rendez-vous, les réserves et les robinets sont très sollicités. On redoute donc ce jour où les compagnies de distribution d’eau tirent la sonnette d’alarme et décrètent des restrictions pour tout usage non indispensable. Comme remplir une piscine, nettoyer sa voiture ou arroser la pelouse.

Rassurez-vous, ce n’est pas (encore) à l’ordre du jour. " Aucune restriction n’est envisagée. Nous pouvons toujours répondre à la demande des consommateurs dès lors que les départs en vacances, la fermeture des écoles et les congés du bâtiment ont, malgré la sécheresse, entraîné une consommation maîtrisée depuis cette semaine ", nous assure Marie-Eve Deltenre, responsable de communication chez Vivaqua, la société d’eau de la Région bruxelloise. A la Société wallonne des eaux (SWDE) qui assure 70% de la distribution dans la Région, " aucune restriction n’est prévue en ce moment ", nous dit le responsable de la communication, Benoît Moulin.

Même s’il n’est donc pas question de restrictions, la situation actuelle assez exceptionnelle interpelle. L’occasion de vous sensibiliser aux gestes simples que vous pouvez faire et aux investissements plus ou moins importants que vous pouvez consentir pour économiser l’eau. Ou commencer par ne pas en gaspiller.

Economies et anti-gaspi

Un petit test ?

Vous souhaitez estimer votre consommation d’eau et connaître sa répartition ? Utilisez le simulateur en ligne proposé par la Société Wallonne des Eaux.

Nous consommons quotidiennement environ 100 litres d’eau par personne, principalement pour nous laver et pour les toilettes.

  • La chasse du WC absorbe 35%

  • Les bains et douches 33%

  • La lessive 13%

  • La vaisselle 7%

  • Le jardin 4%

  • Le nettoyage 4%

  • La nourriture et les boissons 3%.

 

On voit donc clairement où cela fait mal, surtout si l'on abuse ou si on fait preuve de négligence !


Quels sont les gestes simples à adopter pour limiter sa consommation, éviter le gaspillage et en même temps alléger la facture ? Voici les conseils donnés sur les sites econoconso.be, vivaqua.be etc. 


=> Prendre une (courte) douche plutôt qu’un bain. Un bain consomme 100 à 200 litres, une douche  jusqu’à 3 fois moins, tenant compte évidemment du débit et du temps passé sous la douche ! Plus de 10 minutes peuvent consommer plus d’eau qu’un bain. Remplacer un bain par une douche, c'est aussi économiser l’énergie qui sert à chauffer l’eau.

=> Utiliser un pommeau de douche économique. Pour une douche de 10 minutes, on consommera 60 litres ou moins avec un pommeau économique contre 100 à 150 litres avec un pommeau classique.

=> Utiliser moins d’eau pour la chasse. Soit en plaçant une chasse à deux boutons, soit en diminuant le volume de la chasse. Il suffit d’y déposer une bouteille en plastique fermée remplie d’eau qui réduira la capacité de la chasse et donc l’eau consommée à chaque remplissage.

=> Traquer les fuites qui peuvent représenter jusqu’à 20% de la consommation. Un robinet qui fuit goutte à goutte représente 5 litres gaspillés par jour. Une chasse qui fuit consomme 25 litres/heure, soit plus 1.000 €/an. Pour déterminer s'il y a une fuite, relevez le compteur le soir tard et le lendemain matin, et n’utilisez pas d’eau. S’il y une différence, c’est qu’il y a une fuite…

=> Optez pour des appareils économes. Les meilleurs lave-vaisselle utilisent moins de 10 litres d’eau par exemple. Quant aux lave-linge les plus performants, ils consomment moins de 50 litres, contre plus de 100 pour les autres. Le choix d’un programme adapté permet évidemment de réduire la consommation.

=> Ne laissez pas couler l’eau inutilement lorsque vous vous brossez les dents, quand vous vous savonnez sous la douche, vous faites la vaisselle, ou en lavant la voiture au tuyau d’arrosage.  

Récupérer l’eau de pluie

Le plus malin, c’est évidemment de récupérer carrément l’eau de pluie. " Une économie facile vu qu’il tombe entre 700 et 1.400 litres d’eau par m² par an, selon la région. Or, l’eau potable n’est nécessaire que pour 5% de notre consommation ", indique Econoconso. Pour les toilettes, la machine à laver, l’arrosage des plantes et le nettoyage, on peut sans souci utiliser l’eau de pluie.

Ses avantages ? L’eau de pluie est naturellement douce et moins calcaire. Cela épargne le détartrage (robinets, canalisations, électroménagers, etc.), cela allonge la durée de vie des appareils à résistance chauffante, et cela réduit la consommation de savons et produits de nettoyage.

" Utiliser l’eau de pluie pour les toilettes, le ménage et le jardin permet de réduire la facture annuelle d’un tiers à la moitié ", estime Econoconso. Un montant à relativiser compte tenu des investissements à consentir.

Quelle technique ?

1. Si vous voulez récupérer l’eau de pluie pour le jardin et le nettoyage des extérieurs, une petite citerne équipée d’un robinet, connectée au tuyau de la descente de gouttière suffira.

2. Pour une utilisation modérée (wc, machine à laver, etc.) à maximale (+ hygiène et éventuellement, boisson), une installation sophistiquée est nécessaire. L’élément clé est la superficie du toit – qui détermine la quantité d’eau que vous pourrez récupérer – ainsi que le revêtement (et sa propreté). La dimension de la citerne sera fonction de la quantité d’eau récupérée et des besoins. Pour une famille de 4, économe, comptez une citerne de 10 à 15 m³ pour 100 m² de toiture (mesure au sol). L’idéal, c’est une citerne enterrée, en béton - où l’eau va se minéraliser ce qui neutralise son acidité. Mais ce type d’installation a un coût et n’est pas toujours réalisable. Il faut penser à en placer une lorsqu’on entreprend des travaux de rénovation ou de terrassement.

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