Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Pas touche au compte d'épargne et à l'épargne-pension

Plus de 9 Belges sur 10 sont convaincus qu''ils devront la mettre la main à la poche en cette période de disette budgétaire. Mais pas question qu'on touche à leur épargne-pension et à leur compte d'épargne!

(mon argent) - Austérité. Le mot est servi à toutes les sauces depuis des mois. Les plans de relance et l’explosion de la dette coûtent cher, il est vrai. L'ardoise globale dépasse les 20 milliards d’euros pour 2009. Si on y ajoute une croissance anémique et, à plus long terme, les problématiques du financement du vieillissement de la population et des soins de santé, on comprend mieux pourquoi des mesures budgétaires s’imposent. Du reste, les Belges semblent eux aussi bien conscients qu’ils devront tôt ou tard mettre la main à la poche. Près de 95% des personnes sondées sur nos sites internet netto.be et monargent.be sont persuadées qu’elles devront inévitablement alimenter davantage les caisses de l’Etat.

Intouchables?

Cliquez pour agrandir

De manière assez étonnante, l’épargne-pension et le compte d’épargne sont "sacrés". On ne devrait pas y toucher. C’est étonnant car les régimes fiscaux de faveur liés à ces produits  rapportent finalement peu. Pour l’épargne-pension, déductible à hauteur de 870 euros au maximum cette année, le contribuable peut espérer récupérer au maximum 240 euros au niveau des impôts… deux ans après les avoir déclarés. Ce n’est pas Byzance… Et que dire du compte d’épargne ? Il est exonéré d’impôts à concurrence de la première tranche d’intérêts de 1.730 euros… Autant dire qu’il faut avoir un sacré paquet d’argent sur son compte avant de contribuer à alimenter les caisses de l’Etat. Et encore sait-on que la multiplication des comptes d’épargne permet aussi d’éviter cet écueil… Sans doute l’aura de ces deux produits (175 milliards d’euros sur les comptes d’épargne et 2,4 millions contrats d’épargne – pension en circulation) les rend-il aussi "intouchables".

Mauvais accueil: paradoxal?

Outre les idées précitées, d’autres sont venues compléter le tableau récemment. Avec le même accueil… Une augmentation des accises sur le diesel? Un tollé. Taxer chaque année les pensions extra-légales (assurance de groupe, épargne-pension) plutôt que d’un bloc en fin de contrat? Nouvelle volée de bois vert. Sacrifier des dépenses dans la formation et l’enseignement? Nouvelles montées au créneau. Quel paradoxe: les Belges savent qu’ils devront mettre la main à la poche mais refusent systématiquement toute proposition. Les mauvaises langues diront que tant que des mesures concrètes à l’égard des banques ne seront pas prises, le grand public se montrera forcément réticent pour délier les cordons de la bourse.

Idées "privilégiées"

Finalement, parmi les propositions avancées ces derniers temps, l’imposition partiellement en fonction du travail plutôt que du lieu de résidence, la révision de la progressivité de l’impôt, et l'imposition plus lourde des voitures de société, pourraient être creusées sans trop heurter les sensibilités du contribuable. Cette dernière idée n’est pas neuve (elle était déjà en discussions en 2001-2002) mais elle a fait sa réapparition sur la table du ministre des Finances et de son secrétaire d’Etat Bernard Clerfayt. "Avec mesure de compensation", a récemment déclaré le secrétaire d’Etat. Forcément: la voiture de société fait partie intégrante du package salarial d’un salarié sur 4. Une suppression progressive des avantages fiscaux ne pourrait donc se faire qu’en octroyant une forme de compensation équivalente. Quand on sait en plus que la voiture est déjà fort taxée en Belgique par rapport aux autres pays européens et que ce segmente d’activité compte en termes d’emploi, on comprend mieux pourquoi pareille idée est promise à un joli parcours du combattant.

Samedi 3/10 dans Mon argent, le magazine gratuit de L'Echo

Le Grand Guide de l'argent

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés