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Perte du pouvoir d'achat: mythe ou réalité ?

"Les prix s’envolent ! ", "Nos salaires ont augmenté", "Notre pouvoir d’achat décline". Cherchez l’erreur…
Entre hausse du salaire et hausse des prix, notre pouvoir d'achat souffre-t-il vraiment ?

(m24/mon argent) - Pouvoir d’achat. Trois mots qui font la Une de l’actualité depuis des mois. Et qui renvoient à des millions de pages sur le moteur de recherche Google. C’est dire l’intérêt que la hausse des prix suscite chez monsieur Tout le monde. C’est légitime. Ce qui l’est moins, c’est d’affirmer que le déclin du pouvoir d’achat est une réalité en Belgique.

En moyenne, c’est faux, à court comme à long terme. Depuis le début des années 2000, la hausse des revenus disponibles s’élève à environ 30%. À la fin mai 2008, d’après les chiffres compilés pour nous par la banque KBC, sur la base des statistiques officielles relatives à la dernière enquête officielle sur les dépenses des ménages, le revenu disponible s’inscrit à 41.318 euros. Il était encore de 32.084 euros en 1999...

Certes, les dépenses de consommation ont elles aussi augmenté, mais de manière plus ou moins similaire à la hausse des revenus.

Même constat à court terme: sur la seule année 2008, le revenu disponible du ménage belge a grimpé de 4,8%. C’est aussi, à la grosse louche, le pourcentage de hausse des prix sur les 5 premiers mois de l’année.

 

L’indexation et l’emploi d’abord

Naturellement, l’indexation automatique des salaires a beaucoup contribué à maintenir le pouvoir d’achat des ménages à niveau. Un autre facteur explique la hausse appréciable des revenus en moyenne : la situation du marché de l’emploi. Elle est favorable depuis quelques années. De 2003 à 2007, environ 200.000 emplois ont ainsi été créés.

Or, si l’économie se porte bien, les salaires aussi. « Mais attention », relève Etienne de Callataÿ, économiste à la Banque Degroof. « Cela ne signifie pas nécessairement que les salaires ont augmenté pour la plupart d’entre nous. Simplement, les moyennes salariales sont tirées à la hausse par le plus grand nombre d’actifs ». Le succès des titres-services – et son lot de régularisations professionnelles- a lui aussi contribué à diminuer le nombre de chômeurs, et partant, augmenter le nombre de bénéficiaires de revenus professionnels déclarés.

 

Oui, oui, les salaires ont augmenté…

Voilà pour les chiffres macroéconomiques, purs et durs. Les résultats de l’enquête sur le pouvoir d’achat des ménages belges, menée auprès de 815 lecteurs de l’Echo et du Tijd, montre les mécanismes complexes qui guident notre perception de la cherté de la vie.

Cette enquête montre que 65 % des sondés disent avoir vu leur pouvoir d’achat régresser ces 12 derniers mois. Le plus comique: la majorité des sondés estiment que… leurs salaires ont augmenté. D’après notre enquête, 53% des personnes interrogées estiment que leur salaire a progressé ces 12 derniers mois, souvent dans des proportions appréciables (25% d’entre eux avouent une hausse de plus de 5% de leurs revenus). Les ménages aisés, qui sont 50 % à penser que leur pouvoir d’achat a baissé, avouent aussi à 66% une hausse de leurs revenus sur l’année écoulée !! Jolies contradictions… « À moins que l’on surestime l’effet de l’inflation, ce que démontrent de nombreuses études », relève Etienne de Callataÿ.

On surestimerait l’effet de l’inflation... Vite, vite, une explication logique! Les prix qui ont le plus augmenté sont ceux des produits de base, qui demandent peu de transformations. Or, ce sont ces produits que les ménages à revenus modestes et moyens achètent quasi quotidiennement. D’où leur impression (justifiée) de cherté de la vie. CQFD ?

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