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Quand Facebook vous joue des tours...

Le réseau social Facebook offre des plaisirs divers: partager ses albums photos avec ses amis, raconter ce qu’on fait, poster tous les commentaires que l’on souhaite... Pour autant, ne dites surtout pas tout et n'importe quoi!

Si vous voulez conserver votre emploi, éviter d’être pris en chasse par le fisc ou limiter les risques d'être victime d'un cambriolage, lisez les histoires qui suivent. Elles sont vraies et très instructives!

Ne dites pas quand vous partez en vacances!

Les cambrioleurs utilisent Facebook et Twitter pour trouver les habitations où ils pourront œuvrer à l’aise. Or, de nombreux utilisateurs mentionnent sur ces réseaux sociaux où ils partent en vacances, à quel moment et combien de temps. Pour les malfrats, rien de plus simple ensuite que de dégoter l’adresse des vacanciers. "Même si votre adresse ne figure pas sur votre page, il y a toujours un petit malin qui parviendra à la trouver Grâce à l’annuaire téléphonique ou en étudiant minutieusement l’arrière-plan des photos placées sur le site", explique Ellis Jeurissen, le chef de police du Brabant sud-ouest. Les Twitteurs, eux aussi, s’exposent au risque.

Foursquare est une application très pratique pour les cambrioleurs. Les utilisateurs s’en servent pour indiquer sur une carte l’endroit où ils se trouvent. "On voit donc avec précision si quelqu’un est dans les environs ou très loin. Difficile de rendre les choses plus simples", soupire Ellis Jeurissen.

Gare aux commentaires négatifs sur votre employeur

À Louvain, un manager de 50 ans s’est fait licencier de l’entreprise technologique Option pour avoir critiqué son employeur sur sa page Facebook. Sans indemnités de licenciement, qui plus est! Par ses commentaires, le manager s’est complètement discrédité en termes de fiabilité, de motivation et de loyauté envers son employeur, rendant impossible la poursuite d’une collaboration, a estimé le juge.

L’homme a protesté en invoquant le fait que ses messages sur Facebook relèvent de la vie privée. Il a saisi le tribunal du travail de Louvain d’une demande d’indemnité de rupture de 60.000 euros. Roger Blanpain, professeur émérite en droit du travail à la K.U.Leuven: "Facebook est une plate-forme publique, comme tout ce qu’on publie sur internet. Un employé doit respect et considération à son employeur. Tout manquement constitue donc un motif de licenciement immédiat", poursuit Roger Blanpain.

Le fisc vous observe!

Les fonctionnaires du fisc qui prennent leur travail à cœur scrutent internet pour trouver des informations sur les contribuables dont ils examinent les déclarations. Pour certains contrôleurs, Facebook est une mine d’or: indépendants qui, foi de déclaration fiscale, ne gagnent qu’une misère mais qui, sur Facebook, écrivent des romans-fleuves sur leurs coûteux loisirs. Chefs d’entreprises qui passent en frais professionnels un voyage d’étude en Chine et postent sur Facebook les photos de leur excursion familiale sur la Grande Muraille.

N’y a-t-il pas là une infraction à la loi sur la vie privée? "Pas du tout, affirme Emmanuel Vincart de la Commission sur la vie privée. Les fonctionnaires détiennent un mandat et peuvent utiliser toute information accessible publiquement. Tant qu’ils n’utilisent pas de fausse identité et n’incitent pas à des agissements, ils restent dans le cadre légal."Si les tribunaux n’acceptent pas toujours les informations en provenance des réseaux sociaux comme preuves, ils les considèrent souvent comme des faits et comme source d’information fiable.

Utilisez votre véritable prénom

L’écrivain britannique Salman Rushdie a connu une mésaventure sur Facebook. Récemment, sa page a été désactivée parce que Facebook doutait qu’il s’agisse du véritable Rushdie. Il a ensuite pu récupérer sa page, mais en étant identifié par son premier prénom – qu’il n’utilise jamais: Ahmed. Via Twitter – l’autre réseau social –, l’auteur des Versets sataniques a tenu 113.000 adeptes informés des étapes qu’il a dû traverser pour obtenir gain de cause. "J’ai dû envoyer une photo de mon passeport", twittait-il... et quelques "gazouillis" plus tard, la victoire lui était acquise. "Je suis redevenu Salman Rushdie. Je me sens nettement mieux. À mon âge, c’est pénible de traverser une crise d’identité. Merci Twitter!"

Vous êtes dans le collimateur du service antifraude

Lorsqu’une compagnie d’assurance nourrit de sérieux doutes quant à la fiabilité d’un client, son dossier atterrit sur le bureau du service antifraudes. Les détectives privés qui y travaillent utilisent tous les moyens légaux possibles et imaginables pour trouver des preuves. Y compris en allant lorgner du côté de la page Facebook du client. "Le détective privé chargé de collecter des informations en ligne ne consulte Facebook qu’en cas de lourds soupçons, explique Pieter Wils d’Assuralia. Les informations en ligne, publiquement accessibles à des tiers, peuvent légalement être versées au dossier. Il n’est évidemment pas permis de pirater un profil Facebook. Ceci dit, le détective privé ne cherche pas exclusivement des preuves à charge; il lui arrive aussi de trouver des informations qui confirment le récit du client", rassure Pieter Wils.

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