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Quel courtier en ligne correspond à votre profil?

Malgré des tarifs jusqu’à 80% moins élevés, le courtier néerlandais DeGiro n’a pas vraiment pesé sur le secteur belge du courtage en ligne. L’exemption de taxe sur les opérations de Bourse pour les transactions chez DeGiro, situé aux Pays-Bas, irrite davantage les courtiers belges.
©Lieven Van Assche

L’arrivée de DeGiro au début de l’année 2014 n’a pas vraiment pesé sur le secteur belge du courtage en ligne, et personne n’a jusqu’ici tenté de s’aligner sur les tarifs plancher (jusqu’à 80% moins cher) proposés par le groupe néerlandais. DeGiro revendique aujourd’hui une part d’environ 10% du marché belge. Les raisons de cette absence de réaction sont doubles.

  • Premièrement, le climat boursier est resté bien orienté et les taux bas sur les placements obligataires ont poussé à la hausse les volumes d’ordres, Binckbank et Keytrade nous ayant confirmé une progression du nombre de transactions supérieure à 20% depuis le début de l’année.
  • Deuxièmement, le modèle de DeGiro offre un minimum de services aux investisseurs, et est donc surtout réservé aux clients quasi-professionnels qui font du trading journalier et qui peuvent s’informer tout seuls. Les clients qui souhaitent avoir un peu plus d’accompagnement préfèrent les formules un peu plus chères, mais moins intimidantes.

"Sur les 200.000 clients que nous avons, environ la moitié est orientée épargne et banque au quotidien avec des produits d’épargne classique et l’autre moitié est orientée vers l’investissement au sens large. Et la moitié de ces investisseurs peuvent être considérés comme des traders actifs, précise Olivier Debehogne (Keytrade Bank). Le trading reste donc fondamental pour nous, mais nous comparer à DeGiro ne fait pas vraiment beaucoup de sens. Nous ne cherchons pas à être le moins cher possible, car nous fournissons également une qualité de service très appréciée par nos traders (service client, ‘best execution’, outils avancés). Et nous n’utilisons pas les titres de nos clients pour faire du stock lending (NDLR: prêt de titres), les titres achetés restent dans les comptes des clients".

À l’image de MeDirect ou de Fortuneo, Keytrade s’apprête d’ailleurs à lancer son propre service de banque privée en ligne, afin d’attirer les clients disposant d’un patrimoine mobilier à partir de 20.000 euros, sur une formule de gestion discrétionnaire basée sur une sélection de trackers (ETF: fonds indiciels cotés). "Nous visons toutefois un patrimoine moyen d’environ 50.000 à 60.000 euros sur cette offre", précise Olivier Debehogne (Keytrade Bank).

Fast food ou gastronomie?

Ce type d’offre anticipe également l’arrivée d’une réglementation comme Mifid 2, la deuxième directive européenne en matière de placements. Une limitation éventuelle des rétrocessions – commissions versées par les émetteurs de fonds aux distributeurs de fonds – pourrait avoir pour conséquence une montée en puissance de ces offres en ligne, qui visent à offrir des formules d’accompagnement patrimonial à des conditions plus attractives que dans les banques privées classiques. La suppression des rétrocessions aux Pays-Bas a en effet mis à la rue de nombreux clients qui ont refusé de payer une commission de gestion à leur banquier privé.

"Comparer une plate-forme ‘execution only’ comme DeGiro avec un fournisseur de services financiers sophistiqués qui applique une tarification correcte, c’est comme comparer un fast food avec un restaurant gastronomique, s’amuse Stefaan Roegiers, country manager Belgique chez Binckbank. Nous restons convaincus que pour la plupart des clients, il faut proposer plus qu’une plate-forme sans support à la décision d’investissement, notamment par le biais des nombreux webinars que nous organisons régulièrement avec nos spécialistes, et auxquels peuvent participer tant nos clients actuels que les clients potentiels. L’arrivée de Mifid 2 aura nécessairement un impact sur nos rapports avec nos clients".

Avantage fiscal

Autre élément qui a joué en faveur de DeGiro, le fait que le compte soit de droit néerlandais, et que les achats de titres sont donc exemptés de la taxe sur les opérations de Bourse. Un élément qui fait grincer des dents chez les concurrents du groupe néerlandais, qui estiment qu’il s’agit d’un avantage compétitif pénalisant. Les courtiers en ligne basés en Belgique sont actuellement très vigilants concernant la future loi sur les plus-values spéculatives, et militent auprès de la FSMA, l’autorité des marchés, afin que cette taxe n’entraîne pas une nouvelle distorsion de concurrence avec les courtiers basés aux Pays-Bas. "Nous militons clairement pour un climat concurrentiel équitable entre tous les acteurs présents en Belgique. Il faut que tout le monde suive les mêmes règles", souligne Olivier Debehogne (Keytrade Bank).

Un point d’autant plus sensible que les clients de DeGiro sont aujourd’hui essentiellement des traders qui réalisent de nombreuses opérations chaque jour, et donc typiquement dans le collimateur de la taxe sur les plus-values spéculatives. Pour les clients, une autre conséquence pratique d’avoir un compte chez DeGiro est l’obligation de devoir le déclarer à l’administration dans sa déclaration fiscale.

DeGiro a lancé il y a quelques jours un nouveau pavé dans la mare en annonçant son projet de lancer un nouveau service gratuit pour négocier des actions en ligne dans une vingtaine de pays. "Notre but est de proposer d’ici neuf mois un accès à 80% de la capitalisation boursière mondiale négociable sans frais sur cette nouvelle plate-forme, grâce à la publicité qui sera générée sur le site. Nous avons déjà eu beaucoup de demandes de la part d’entreprises et de groupes financiers, qui seraient prêts à payer les frais de transaction pour être présents sur le site. Avec cette nouvelle plate-forme, nous visons davantage les jeunes clients qui n’ont jamais investi en Bourse. Les traders plus sophistiqués resteront sur DeGiro, car les possibilités sont beaucoup plus nombreuses sur notre plate-forme principale. Il reste toutefois encore beaucoup de développements informatiques à faire en interne", souligne Gijs Nagel, directeur général de DeGiro.

Stefaan Roegiers (Binckbank Belgique) souligne pour sa part que DeGiro ne pourra vraisemblablement pas proposer ce service sur le territoire néerlandais. "L’autorité de marché néerlandaise a déjà signalé qu’elle ne voyait pas d’un bon œil ce type d’initiative. Si le groupe ne peut pas le faire dans son propre pays, comment pourrait-il le proposer en Belgique? C’est une initiative intéressante, mais je me demande si c’est vraiment réaliste, et cela ne fera encore que diminuer le volume d’informations et de service sur leur site, pour être remplacé par du contenu publicitaire".

©mediafin

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