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Quel prix pour les grands Bordeaux 2010 en "primeur"?

Après les prix démesurés, insensés, des grands vins pratiqués pour le millésime 2009, allait-on s’imaginer qu’un an après, le scénario allait se répéter?
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(mon argent) - 2010. Voilà un millésime certes apparemment de belle qualité (mais l’on sait que les Bordelais sont passés maîtres dans la dithyrambe annuelle de leur dernière récolte) qui n’atteindra cependant pas le déjà légendaire millésime 2009.

Alors voilà. Les premiers prix de ces vins vendus dès à présent dans l’esprit "primeur" (ils sont 250 à 300 châteaux à procéder ainsi), sont connus. Ce type de vente permet aux producteurs de rentrer de la trésorerie. Vous achetez maintenant, vous payez dès à présent une partie de votre facture et, après avoir versé le solde, vous accueillez vos flacons après son élevage, qui peut s’étendre généralement entre 18 et 24 mois.

Premier constat sur 2010: après des achats très onéreux (joli euphémisme) l’an dernier, la demande sur 2010 semble globalement inférieure, à époque semblable. Il y a bien sûr des exceptions. Comme cet important négociant qui vient d’acheter pour 8 millions d’euros. Et même si la demande venant de Chine explose, c’est plutôt la morosité des acheteurs américains, européens et japonais qui inquiète le négoce girondin. La Chine? Ses acheteurs furent nombreux, très nombreux même, lors du dernier salon Vinexpo qui s’est tenu à Bordeaux fin juin, où les Américains ne furent pas trop présents. Le vin est devenu un phénomène social de valorisation en Chine. On se fait des cadeaux, des grandes bouteilles, entre millionnaires…

Chez nous, en Europe, le malaise est là: comment expliquer aux clients que les grands Bordeaux sont – une fois de plus – à la hausse? Pour un millésime qui, semble-t-il, ne rentrera pas dans la légende. Cela n’empêche toutefois pas la création de fonds d’investissement spécialisés en spéculation. Le but? Profiter de jolies plus-values.

Alors, parlons prix pour ce millésime 2010. On peut estimer actuellement – les plus mythiques crus classés n’ont pas encore avancés leurs prix – qu’une hausse est avérée. Elle se situe entre10 et 20% par rapport donc au déjà mythique 2009!

Une des premières annonces d’un cru parmi sans doute le top 15 de Bordeaux vient de tomber: le Château L’Angélus, premier grand cru classé de Saint-Emilion: 218 euros (plus taxes et TVA).

Le prix en primeur de deux vins "culte" (hors taxes et hors marge du distributeur final...) vient également de tomber:

  • Château Yquem = 420 euros
  • Château Cheval Blanc (propriété de Bernard Arnaud et d'Albert Frère) = 860 euros

Les offres de Colruyt et Delhaize

Deux de nos grands distributeurs se sont lancés dans la vente des vins "primeurs". Pour 2010, leurs offres sont à présent connues, en sachant qu’elles vont bien évidemment évoluer en fonction de l’actualité des prix suggérés par les Châteaux.

Chez Colruyt, on précise: "Même si le marché change, entraînant contre toute attente une baisse de prix entre le moment de votre réservation de vins primeurs 2010 et celui de leur livraison, Colruyt vous garantit les meilleurs prix et vous rembourse le cas échéant, la différence. Aussi donc pour vos grands vins en primeur".

On a pointé quelques prix nous semblant intéressants. Château Coufran (Haut-Médoc, exclusivité Colruyt en Belgique): 11,95 euros et 24,50 euros le magnum. Château Haut-Marbuzet (Saint-EStèphe) à 33,27 euros. Château La Serre, grand cru classé de Saint-Emilion à 41,85 euros. Et deux excellents rapport qualité/prix d’un Domaine d’une très belle constance, le Château Chantegrive, un Graves: le blanc "cuvée Caroline" à 14,01 euros et le rouge à 11,74.

Delhaize a décidé aussi depuis l’an dernier de proposer des Bordeaux en primeur. Une cinquantaine. On a pointé le Clos Fourtet, premier grand cru classé de Saint-Emilion à 99 euros. En Pauillac, les châteaux Pichon Comtesse de Lalande (193 euros) et Lynch-Bages (140 euros). Dans la région des Graves, les Pessac-Léognan de Fieuzal (33,50 euros) et de Malartic-Lagravière (46,20 euros). A Saint-Julien, deux grands crus classés,  Beychevelle s’impose à 71 euros et Lagrange à 49,25 euros. Son second, "Les Fiefs" (que l’on achetait voici encore à peine quelques années à 7-8 euros…) est annoncé à 20,60 euros.

Comparons les prix de mêmes Châteaux sur les tarifs Colruyt et Delhaize. En Pomerol, La Fleur Gazin  27,80 euros chez Delhaize et 29,15 euros chez Colruyt (mais sachant que le distributeur de Halle se veut d’être toujours le moins cher, il est sûr que le prix aura baisser depuis l’édition de son tarif…). Château Labégorce, Margaux: prix identique chez les deux distributeurs, soit 19,35 euros. En Moulis, cette appellation médocaine trop peu connue, le Château Chasse Spleen (23,90 euros chez Delhaize et 23,45 euros chez Colruyt) et le Château Poujeaux, sans doute le meilleur cru de l’appellation, il est à 23,30 euros chez Delhaize et 23,45 euros chez Colruyt.

Les prix s’entendent par caisse (de 6 ou de 12 bouteilles, selon, offre).

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