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Qui trie fait des économies

Les barquettes de beurre avec les déchets ménagers, les briques Tetra Pak dans le sac PMD. Et les langes? Le tri des déchets est un véritable casse-tête. Mais l’exercice, une fois maîtrisé, peut rapporter gros. Combien?

(mon argent) - Selon une étude récente des universités de Yale et Columbia, la Belgique est à peine plus propre que la Jamaïque et aussi sale que l’Ukraine. La faute ne peut pas en être imputée à notre politique de tri, car avec une fraction résiduelle (déchets non collectés séparément) de 150 kilos sur 492 kilos de déchets produits par habitant, nous faisons mieux que n’importe quel pays d’Europe. Conscience environnementale et campagnes de sensibilisation ont certainement joué un rôle dans ce changement de comportement. Mais l’argument décisif est sans doute financier. C’est qu’un tri judicieux permet d’économiser jusqu’à un tiers des dépenses annuelles en sacs poubelles et visites au parc à conteneurs.

Au supermarché

Une bonne stratégie de tri commence dès le supermarché. Car les meilleurs déchets sont encore ceux qu’on ne produit pas. Bien que ce ne soit pas une sinécure, il vaut la peine d’acheter ses boissons en bouteilles consignées, de grands paquets au lieu de petits, des fruits et légumes non préemballés (pour d’autres conseils pratiques, cliquez ici). En intégrant les conditionnements dans votre politique d’achat, vous supprimez facilement 20 litres de déchets PMD par semaine. Compte tenu d’un prix moyen au litre de 0,002 cents, cela représente quand même un gain de presque 10 centimes d’euro. Et si vous aviez l’habitude de jeter le plastique avec les déchets ménagers, vous économisez même 1,2 euro.

À la maison

Ceux qui surveillent vraiment leur porte-monnaie de près devraient peut-être envisager d’élire domicile en fonction de la politique de déchets locale. Les communes et villes belges pratiquent en effet des prix extrêmement différents en la matière. Les grandes villes comme Anvers ou Bruxelles sont généralement les moins chères, tandis que les petites communes ne craignent pas de facturer au prix fort sacs poubelles ou visites à la déchetterie.

Un ménage bruxellois de quatre personnes qui dépose chaque semaine devant sa porte deux sacs de déchets ménagers de 60 litres et un sac PMD de 50 litres les paie 50 cents. À Turnhout, il débourserait 3,85 euros. Et à Wavre, environ 2,5 euros.

La plupart des communes bruxelloises offrent à leurs habitants la possibilité de déposer chaque mois gratuitement deux mètres cubes de déchets (encombrants, mais aussi électroménager, PMD ou matériaux de construction). À Anvers, les parcs à conteneurs sont gratuits – jusqu’à deux mètres cubes par semaine. Un habitant de Turnhout, en revanche, paiera 10 euros par visite à partir d’un mètre cube (et même 20 euros pour les déchets de construction et 30 pour les encombrants).

Si on part de l’hypothèse que le même ménage bruxellois apporte en outre deux fois par mois un mètre cube de déchets au parc à conteneurs, il économise jusqu’à 33 euros par mois. En poussant le calcul plus loin, on arrive au résultat que les Bruxellois dépensent près de 400 euros de moins par an en traitement des déchets que les habitants de Turnhout (lesquels, convient-il d’ajouter, dépassent de loin la moyenne nationale sur le plan de la propreté).

La quantité de déchets

La politique en matière de déchets et de recyclage tant de la Flandre et de Bruxelles que de la Wallonie repose sur le principe du " pollueur payeur ". La règle est très simple: plus vous produisez de déchets, plus vous payez. Le recyclage apporte une nuance à cette règle en ce sens que vous bénéficiez d’une réduction pour la peine prise à séparer vous-même le bon grain de l’ivraie. C’est pourquoi les sacs poubelles pour déchets résiduels seront toujours plus chers que les sacs bleus, jaunes ou verts censés vous motiver à trier.

Imaginons que notre ménage bruxellois s’est entre-temps procuré un bac à compost (prix d’achat entre 10 et 15 euros, amortissable sur 5 ans) et a ainsi réduit ses deux sacs d’ordures ménagères à un seul. Comme il trie plus consciencieusement, il doit sortir toutes les deux semaines un sac PMD supplémentaire. À Bruxelles, cela représente un gain de 15 cents par semaine, gain qui peut se monter à Turnhout à 1,68 euro.

Les parcs à conteneurs facturent également à la quantité. Bruxelles et Anvers ont fixé un plafond. Mais dans la plupart des déchetteries communales, on paie par passage et par mètre cube. La commune de Mol facture même au kilo (0,15 cent pour les encombrants, le sable et le bois non récupérable, 0,07 cent pour le PVC, le verre plat et les déchets de jardin).

Les types de déchets

Posons que notre ménage de Turnhout ait un grand jardin et doive régulièrement porter un ou deux mètres cubes de déchets de coupe à la déchetterie. Il lui en coûte 10 euros par dépôt. À Mol, 100 kilos de déchets verts ne coûtent que 7 euros. Et à Bruxelles, ils sont enlevés gratuitement le dimanche, à condition d’être bien rangés sur le trottoir dans leurs sacs verts.

Les déchets les plus chers sont incontestablement les "encombrants" non triés. Mais les communes demandent aussi souvent des sommes mirobolantes pour les déchets de construction – 20 euros par chargement de 1 à 3 mètres cubes à Turnhout. Ce qui nous amène à conclure qu’il vaut mieux ne pas déménager pour cause de politique de déchets : l’évacuation des déchets résultant des travaux de rénovation vous reviendrait finalement beaucoup plus cher que tout ce que vous pourriez économiser.

L’incinération des déchets meilleur marché

Si le tri permet de réaliser quelques économies par-ci par-là, son véritable bénéfice devrait consister dans un environnement plus agréable à vivre et plus sain (avec moins de malades et donc moins de frais de santé…) pour vous, mais aussi pour vos enfants. Une valeur qu’il est impossible de chiffrer précisément. Outre les économies, fort difficiles à calculer, sur les soins de santé, il faudrait aussi prendre en compte l’espérance de vie plus élevée et son impact sur la consommation et la productivité.

Jusqu’il y a peu, on pensait que les avantages d’une politique de recyclage étaient une évidence pour tous. Mais la crise économique et les restrictions budgétaires ont ébranlé cette certitude.

Grâce à l’amélioration récente de plusieurs fours, le coût de l’incinération des déchets (résiduels) a chuté de 120 euros par tonne à 50 euros à peine. Certains politiciens flamands, dont le ministre-président Kris Peeters (CD&V), ont déjà laissé entendre qu’ils comptaient bien exploiter cette capacité accrue d’incinération. Tout simplement parce que l’incinération revient moins cher. Aux Pays-Bas, une baisse similaire de son coût a entraîné une diminution de 30% du recyclage. On pourrait à nouveau mettre tous ses déchets dans le même sac et s’épargner un casse-tête récurrent. Mais la question est bien entendu de savoir si nous pourrions recycler cette politique de recyclage si durement acquise le jour où l’urgence s’en ferait sentir.

Vous trouverez des liens pratiques sur le tri des déchets sur le portail du gouvernement fédéral.

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